Le paradoxe japonais, un peuple hostile au nucléaire mais un gouvernement qui rouvre des centrales

En visite dans la capitale française, le diplomate Koichi Matsuura, ancien ambassadeur à Paris éclaire le mouvement de réouverture des centrales nucléaire en œuvre au Japon malgré une opinion publique désormais majoritairement défavorable à cette énergie.

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Le paradoxe japonais, un peuple hostile au nucléaire mais un gouvernement qui rouvre des centrales

Deux ans après le grand tsunami et la catastrophe de Fukushima, "l’opinion publique japonaise est désormais majoritairement contre l’énergie nucléaire" explique Koichi Matsuura, ancien diplomate et ex-dirigeant de l’Unesco de passage à Paris. Samedi 9 mars , des manifestations anti-nucléaire ont rassemblé plus de 15 000 personnes à Tokyo.

Pourtant le PLD, le parti porté au pouvoir lors des élections de décembre dernier n’a pas caché dès sa campagne sa volonté de relancer les centrales, dont deux seulement sont en activité sur les 54 que compte le pays. Comment expliquer que le gouvernement de Shinzo Abe prenne une décision qui heurte profondément l’opinion japonaise, en perte de confiance sur une énergie qui concourrait avant la catastrophe à environ un quart des besoins du pays.

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Une balance commerciale dans le rouge

Tout d’abord selon Koichi Mastuura, "il existe aussi un courant minoritaire qui continue de soutenir le nucléaire". Depuis l’arrêt des centrales le pays paie en effet un prix fort pour importer du pétrole et surtout du gaz naturel afin de compenser l’arrêt des centrales. Et cette substitution n’est pas sans causer certain problème. Localement et périodiquement on manque parfois d’électricité ce qui cause aussi des "inconvénients à la population".

Enfin, la balance commerciale qui était largement excédentaire est passé dans le rouge depuis cette période. Cette situation vient encore noircir le tableau d’une économie nationale qui inquiète beaucoup de japonais. Selon Koichi Matsuura, l’autre élément qui laisse les mains libres au gouvernement japonais c’est que les questions énergétiques n’ont pas été au cœur de la dernière campagne électorale. Les sujets qui ont conduit les japonais à confier le pouvoir au PLD sont plutôt d’ordre économiques et sociaux : "Comment revigorer une économie qui souffre de déflation depuis 20 ans ? Ou comment faire face au vieillissement de la population qui entraîne de graves problèmes au système de sécurité sociale ?" détaille l’ancien diplomate. Au final, la question de l’énergie nucléaire n’était pas un facteur déterminant pour le résultat des urnes. Mais la contestation existe bel et bien désormais.

Anne-Sophie Bellaiche

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