Le papillon et l’ouragan

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On savait qu’un battement d’ailes de papillon à Tokyo pouvait déclencher un ouragan à Los Angeles. Une intervention du président des Etats-Unis à Washington peut toucher par ricochet les bourses à travers le monde, de New York à Paris, en passant par Tokyo ou Moscou. En s’en prenant aux banques, Barack Obama a déclenché une baisse des principales places financières à travers le monde.

Le président des Etats-Unis entend changer les règles du jeu qui s’imposent au secteur bancaire. Pas question de continuer comme s’il ne s’était rien passé en octobre 2008. Après la création d’une taxe sur les banques censées récupérer une partie des fonds investis par l’Etat fédéral, le président démocrate veut empêcher ces mêmes banques d’être « trop grosses pour échouer ». En effet, l’arsenal annoncé vise d’abord les conglomérats bancaires.

D’un seul coup, les propos du vice-gouverneur de la banque centrale qui appelait de ses vœux de nouvelles régulations financières rencontraient un écho. Reste à savoir comment voteront sénateurs et représentants, soumis à la pression de Main Street.

La Chine réduit le crédit

Pendant ce temps, le gouvernement communiste chinois a durci sa politique de crédit, en augmentant les réserves obligatoires : elles correspondent à une fraction des encours de crédits accordés que les banques sont obligées de laisser sur un compte non rémunéré à la banque centrale. Cela renchérit mécaniquement le coût des crédits accordés et freine la distribution. Ces mesures ont aussi inquiété les marchés financiers à travers le monde.
Si la Chine veut réduire les crédits, c’est que Pékin s’inquiète des effets d’une éventuelle surchauffe économique. C’est un moyen d’éviter la formation de nouvelles bulles. Des informations concordantes indiquent que plusieurs banques chinoises et non des moindres auraient d’ores et déjà suspendus l’octroi de nouveaux prêts.

Crédit au ralenti dans les économies développées

Voilà des préoccupations qui échappent aux pays européens et aux Etats-Unis. Dans ces pays, le FMI note que l’activité de crédit ne connaît toujours pas la croissance « malgré la récente embellie des perspectives économiques ». D’ailleurs, le FMI a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour 2010. Dans le monde, l’activité devrait augmenter de 3,9 %. La croissance atteindrait 2,7 % aux Etats-Unis – en octobre le FMI l’estimait à 1,5 %. L’économie française devra se contenter d’une expansion de 1,4 %.
Si l’économie dite réelle retrouve quelques couleurs, elle reste plus que jamais dépendante de l’économie financière. La sortie de crise demandera beaucoup de doigté...

Christophe Bys

La conjoncture en direct (ou presque) http://twitter.com/conjoncture
Les faits analysés au jour le jour : usinenouvelle.com/chaine/conjoncture

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