Le Pam alerte sur la situation au Tigré, espère un pont aérien

GENEVE/ADDIS-ABEBA (Reuters) - Le Programme alimentaire mondial se heurte à des difficultés d'accès à l'Etat du Tigré, dans le nord de l'Ethiopie, et accuse de gros retards dans la fourniture d'une aide humanitaire cruciale pour des populations menacées par la famine, a alerté vendredi le coordinateur des urgences de ce programme des Nations unies.

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Le Pam alerte sur la situation au Tigré, espère un pont aérien
Le Programme alimentaire mondial se heurte à des difficultés d'accès à l'Etat du Tigré, dans le nord de l'Ethiopie, et accuse de gros retards dans la fourniture d'une aide humanitaire cruciale pour des populations menacées par la famine, a alerté vendredi le coordinateur des urgences de ce programme des Nations unies. /Photo d'archives/REUTERS/Remo Casilli

La destruction jeudi d'un pont sur la rivière Tekeze, près de la ville de Shire, dans le nord du Tigré et non loin de la frontière avec l'Erythrée, a encore compliqué l'approvisionnement de la région.

"Nous n'avons désormais plus qu'une seule route possible vers le Tigré", a expliqué Tommy Thompson, coordinateur des urgences du Pam au téléphone, de la capitale régionale Mekele, lors d'un point de presse organisé par l'Onu à Genève.

"Cela va prendre beaucoup plus de temps pour atteindre les zones les plus affectées dans la région", a-t-il précisé.

Selon son témoignage, le Pam n'a suspendu ses opérations que pendant 48 heures environ et les opérations de distribution ont repris, ce qui devrait permettre "d'atteindre environ 40.000 personnes d'ici la fin de la semaine".

Alors que le porte-parole du groupe de travail sur le Tigré mis en place par le gouvernement d'Addis-Abeba, Redwan Hussein, a déclaré à la presse que l'espace aérien pourrait être ouvert "si des avions de l'Onu ont besoin de transporter de l'aide", Tommy Thompson s'est déclaré "prudemment optimiste" sur l'éventualité de la mise en place d'un pont aérien dans les prochains jours.

"Le fait est que des gens sont morts, des gens sont en train de mourir et d'autres gens mourront si on ne nous donne pas la possibilité d'éviter cela en leur fournissant de l'aide", a alerté le responsable du Pam.

ACCUSATIONS RÉCIPROQUES

Le porte-parole des rebelles du TPLF (Front de libération du peuple du Tigré) a accusé les forces gouvernementales éthiopiennes et leurs alliés de "délibérément" détruire des infrastructures pour s'assurer que l'aide humanitaire ne parvienne pas à la population du Tigré, une accusation jugée "inacceptable" par le vice-Premier ministre éthiopien Demeke Mekonnen lors d'une rencontre avec des diplomates.

"Nous n'avons épargné aucun effort pour reconstruire les infrastructures détruites et remettre en service l'électricité, les liaisons télécoms, internet et les services bancaires", a-t-il dit.

Avant même la destruction de ce pont, le Pam avait signalé que de l'aide alimentaire avait déjà été bloquée, le TPLF et le gouvernement fédéral d'Addis-Abeba se rejetant mutuellement la responsabilité des obstructions.

Reuters a pu constater en fin de semaine dernière qu'un convoi de 34 camions aux couleurs du Pam - chacun transportant 43 tonnes d'aide alimentaire - a été bloqué quatre jours dans la ville de Mai Tsebri au niveau d'un poste contrôlé par les forces régionales Amhara, alliées au gouvernement d'Addis-Abeba.

Les vivres ont finalement été déchargés sur place, avant d'avoir atteint les zones où ils étaient indispensables.

Après près de huit mois de combats, le TPLF a annoncé en début de semaine avoir repris le contrôle total de Mekele, capitale de l'Etat dissident du Tigré tandis que le gouvernement fédéral éthiopien a déclaré s'être retiré volontairement de la ville.

L'Onu avait estimé début juin qu'au moins 350.000 personnes étaient menacées par la famine au Tigré et avaient donc besoin d'une aide alimentaire d'urgence. L'agence fédérale américaine pour le développement international a estimé le semaine dernière que 900.000 personnes étaient désormais menacées par la famine dans la région.

(Reportage Stephanie Nebehay et Emma Farge à Genève, Dawit Endeshaw à Addis-Abeba, Katharine Houreld et Giulia Paravicini à Mai Tsebri (Ethiopie) et Maggie Fick à Nairobi ; version française Myriam Rivet, édité par Sophie Louet)

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