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Le numéro 2 du gouvernement, c'est Arnaud Montebourg... et l'industrie

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Vidéo Le nouveau ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, bénéficie d'une conjonction favorable pour mettre en oeuvre une ambitieuse relance industrielle.

Le numéro 2 du gouvernement, c'est Arnaud Montebourg... et l'industrie
Thibaut De Jaegher, rédacteur en chef
© B.Levy

"Nous devons penser que le producteur, l'entrepreneur, le chef d'entreprise, le créateur, l'ingénieur, le travailleur sont ceux qui assurent la prospérité d'un pays. Et sans eux, il est impossible d'imaginer un avenir. Un pays qui ne produit plus est dans la main des pays qui produisent." Ces propos, ce n'est pas le président du groupement des fédérations industriels, Pierre Gattaz qui le tient, ni le président de l'UIMM, Frédéric Saint Geours, et encore moins Julien Roitman, le président d'Ingénieurs et scientifiques de France. Non, ce discours, qu'aucune des personnalités citées précédemment ne renieraient, c'est celui d'Arnaud Montebourg, le nouveau ministre de l'Industrie du gouvernement Ayrault. Pardon ! Du redressement productif. La glissade n'est pour l'instant que sémantique mais sa profession de foi énoncée ci-dessus a tout pour séduire et réveiller la communauté de l'industrie en France.

 


 

Dans les usines, dans les centres R&D, dans les sociétés de service à l'industrie, cette harangue était attendue depuis longtemps... Seul, Christian Estrosi avait, à sa manière, remis sur le devant de la scène les usines et les ouvriers mais le maire de Nice n'avait pas pu dépasser le stade de l'incantation. Quant aux outils mis en place (les médiations, le crédit impôt recherche ou le grand emprunt), ils n'étaient finalement pas à la hauteur de l'enjeu: celui de relancer la production en France.

Ce danger d'en rester aux paroles sans aller jusqu'aux actes, il guette aussi Arnaud Montebourg. Mais cet avocat de formation a sans doute plus d'atouts dans sa manche qu'aucun de ses prédecesseurs pour faire avancer la cause industrielle. Ce secteur a été -comme jamais auparavant- mis au coeur des enjeux de cette campagne pour l'élection présidentielle. Le président de la République, lui-même, au soir de sa victoire, a annoncé que son premier combat serait le redressement productif de la France. Si politiquement il n'y a pas de numéro 2 du gouvernement, d'un point de vue idéologique, c'est lui. Cela lui donne encore plus de poids pour mettre en oeuvre ce redressement productif. Et pour bâtir cette union sacrée que Pierre Gattaz appelle de ses voeux depuis deux années maintenant.

Bataille sur de multiples fronts

Un autre danger guette le nouveau ministre (qui fut le Monsieur Usine de François Hollande), c'est de penser l'industrie comme on la voyait il y a 50 ans. Ce secteur est évidemment beaucoup plus grand que ses usines. On y compte des centres R&D, des centres logistiques, des sociétés de services, des designers, des consultants... Encore une fois, dans son discours de passation de pouvoir à Bercy, Arnaud Montebourg a donné des gages sur cette question en concluant que "la France avait besoin d'imaginer les nouvelles frontières de son économie et de son industrie". Il compte d'ailleurs sur Fleur Pellerin, ministre déléguée aux PME, à l'Innovation et à l'Economie numérique, pour l'aider à redessiner le périmètre de la production française.

Tout cela est de bonne augure mais la tâche est immense. Arnaud Montebourg devra se battre pied à pied sur de multiples fronts : au niveau européen pour plaider pour la réciprocité, au niveau des conseils d'administration pour infléchir les plans de restructuration, au niveau fiscal (avec BErcy) pour favoriser le travail face à la rente, et au sein de son propre parti (et de ses alliés) où des forces jouent contre l'industrie. Dans le programme même du candidat Hollande, certaines mesures semblent antinomiques avec l'objectif de redressement productif (les 75% par exemple). Il est encore temps d'infléchir leur trajectoire, sans les renier, pour qu'elles ne jouent pas contre l'entrepreneur, le chef d'entreprise, le créateur, l'ingénieur, le travailleur... Vous savez tous ces forces qui assurent, selon Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif, la prospérité d'un pays !

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