Le numéro 2 devient le numéro 1Changement à la tête d'Intel. Craig Barrett, homme de méthode et de système, remplace Andy Grove, le visionnaire. Le numéro 2 devient numéro 1.

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Le numéro 2 devient le numéro 1

Changement à la tête d'Intel. Craig Barrett, homme de méthode et de système, remplace Andy Grove, le visionnaire. Le numéro 2 devient numéro 1.



A la tête d'Intel, Andy Grove passe le relais à Craig Barrett. La génération des visionnaires fondateurs, Andy Grove, mais aussi Gordon Moore et Robert Noyce, se retire en douceur et laisse la place à un homme moins charismatique, mais méthodique et connaissant l'entreprise sur le bout des doigts. Andy Grove était un patron flamboyant, immigré, vivant le rêve américain mieux qu'un Bill Gates, un autocrate génial cultivant une vision paranoïaque du milieu des affaires. Sa carrière de onze ans au sommet d'Intel s'est définie par une course à la domination de son industrie, la concentration sur le succès d'une architecture de processeurs pour ordinateurs personnels et une alliance de fait avec Microsoft pour établir la plate-forme Wintel. Craig Barrett est un homme très différent. Californien, il est passionné de plein air et passe pour un randonneur accompli. Né en 1939, il est à peine plus jeune qu'Andy Grove. Il a commencé sa carrière à l'Université de Stanford jusqu'à son recrutement par Intel en 1974. Il était du reste si peu prêt à entrer dans l'entreprise qu'il a démissionné peu de temps après y avoir été recruté, avant de revenir sur sa décision. Depuis 1993, Craig Barrett était le directeur opérationnel d'Intel, et c'est en grande partie grâce à lui que le fabricant de microprocesseurs doit la réussite du lancement et de la montée en puissance de chaque puce. Une stratégie méthodique, qui a permis à Intel de contrer, voire d'anticiper, toutes les attaques des fabricants de clones et de reléguer dans des niches de marché ses concurrents les plus ambitieux, y compris l'alliance avec PowerPC. Craig Barrett est avant tout un homme de méthode. Bourreau de travail, il est l'homme des petits pas, de la progression régulière, mais inexorable. Comme Lou Gerstner, chez IBM, Craig Barrett est un patron prêt à discuter avec n'importe quel employé des détails de son travail. Mais Intel n'est pas Big Blue et Craig Barrett, comme Andy Grove, continuera à travailler sans bureau de cadre supérieur. Le nouveau " chief executive officer " a le bon profil pour une industrie en mutation. L'approche visionnaire d'Andy Grove cède la place à une capacité à jongler avec un marché de plus en plus complexe. "Là où notre métier était de faire progresser un produit unique à travers plusieurs marchés, nous avons aujourd'hui plusieurs produits évoluant en parallèle ", expliquait récemment Craig Barrett à un parterre d'analystes. Moins de révolution, plus d'évolution en finesse. Et, dans les coulisses, où il se retire comme chairman, Andy Grove va se concentrer sur la straté-gie à long terme, pour assurer à Intel une croissance soutenue. Sans trop soigner sa paranoïa, puisque Intel, comme Microsoft, devra tôt ou tard se défendre contre la procédure antitrust que Washington meurt d'envie de lancer.

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