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"Le numérique est l'un des piliers de la compétitivité de nos entreprises"

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Entretien Même si c'est inaudible dans le débat sur la compétitivité, pour Fleur Pellerin, ministre déléguée aux PME, à l'innovation et à l'économie numérique, le numerique serait bien un sujet majeur pour le gouvernement. Elle annonce même, un programme "transition numérique" expérimental pour les PME, mais sans le détailler. Interview revue et augmentée.

Le numérique est l'un des piliers de la compétitivité de nos entreprises © Parti socialiste - Philippe Grangeaud

L’Usine Nouvelle - Le numérique n’est jamais évoqué lorsque l’on parle de compétitivité. Pourquoi ?
Fleur Pellerin - Nous l'évoquons constamment. Le président de la République a réaffirmé que la diffusion des technologies numériques, et parmi ces dernières le développement de celles liées au besoin de sécurité, sont deux des quatre grands défis d'avenir de l'économie francaise aux cotés de la transition énergétique et de la santé.

Le Gouvernement est convaincu que le numérique est l'un des piliers de la compétitivité de nos entreprises. Il a rappelé dans sa communication sur sa stratégie numérique qu'il en fait une priorité absolue pour le redressement productif de la France. Le gouvernement agira via de multiples leviers pour inciter les entreprises à accroitre leur compétitivité par le numérique.

Que prévoyez-vous pour pousser le numérique dans les entreprises ?
En France, nos PME sont relativement peu numérisées par rapport aux entreprises allemandes, italiennes ou britanniques. Or il y a des différentiels de croissance avérés entre entreprises s'appuyant fortement sur les technologies numériques et les autres.

Il y a un d'abord un enjeu de productivité et donc de compétitivité-prix grâce à la numérisation et l'automatisation des processus internes. Il y a surtout un enjeu d'innovation et de compétitivité hors-prix pour permettre aux entreprises d'être plus réactives et plus agiles dans leurs efforts d'innovation ou de distribution commerciale. 

Dans ce contexte, le Gouvernement lance sans attendre un programme expérimental « transition numérique », pour soutenir les PME dans leur démarche de numérisation et d'innovation. En parallèle, nous étudions d'autres dispositifs d'accompagnement et d'incitation. La BPI mettra ainsi en oeuvre un dispositif dédié à la numérisation des entreprises. Toute la communauté numérique doit également se mobiliser en ce sens.

Le numérique serait-il donc au cœur du plan PME annoncé ?
Notre plan PME comporte plusieurs dimensions importantes: financement, simplification, accès des PME à la commande publique, diffusion de l'esprit d'entreprendre, etc. Compte tenu du travail interministériel engagé depuis plusieurs semaines par le Gouvernement sur la compétitivité, il faut d'abord laisser cet agenda compétitivité se poursuivre jusqu'au séminaire gouvernemental prévu le 6 novembre au lendemain de la remise du rapport de Louis Gallois au Premier Ministre. Nous verrons alors de quelle manière articuler au mieux les mesures spécifiques aux PME et celles en faveur de la compétitivité des entreprises. Le plus important pour nous est que les mesures sur lesquelles nous travaillons depuis six mois voient le jour.

Sur quelles mesures avez-vous travaillé ?
Notre plan PME se concentre sur les vulnérabilités des petites et moyennes entreprises, les freins à leur croissance, ce qu'on appelle généralement les "plafonds de verres", comme les ruptures dans la chaîne de financement, particulièrement pénalisantes pour les entreprises qui innovent et traversent souvent à l'occasion de leur développement la fameuse "vallée de la mort ". Les PME de croissance ne peuvent pas toujours accéder aux fonds propres dont elles ont besoin. Cela s'explique notamment par les problèmes de rentabilité du capital-risque qui ont tendance à limiter les investissements dans les PME . Nous avons beaucoup travaillé sur ce sujet dans le cadre des étapes préparatoires au lancement de la banque publique d’investissement. Pour faire en sorte que justement elle puisse intervenir pour jouer un rôle d’effet de levier important sur l’industrie du capital-risque.

Dans le cadre de la réforme de l’épargne réglementée, nous travaillons aussi beaucoup avec le Ministre des finances pour réorienter l’épargne et la mobiliser d’avantage vers le capital-risque. Dans le même temps, nous restons naturellement vigilants à ce que les financeurs demeurent des investisseurs avisés et bénéficient de placements rentables. Mais il est vrai que la nouvelle économie de l’immatériel exige de prendre plus de risque que dans l’économie traditionnelle. S'agissant du financement, on observe aussi que les entreprises ont beaucoup de mal à réaliser leur deuxième ou troisième tour de table, de lever 10 à 15 millions d’euros. C'est pourquoi, nous réfléchissons actuellement aux voies les plus adaptées pour diversifier les ressources des PME: meilleur accès au marché financier et notamment au marché obligataire , identification de financements alternatifs.

Avez-vous d’autres sujets que le financement ?
Dans le plan PME, il y avait aussi une réflexion sur l'accompagnement global des entreprises via l' innovation, l’accès aux nouvelles technologies, mais également tout ce qui concerne la simplification des procédures. Des chiffres circulent de l’ordre du milliard d’euros sur les pertes en ligne liées à l’accomplissement de formalité administratives parfois redondantes. Nous menons donc une réflexion, sur la simplification. Mais nous allons fixer des objectifs raisonnables, peut-être en nombre plus limité, mais chiffrés un peu dans l’esprit de la LO L F, avec des objectifs en termes de temps passé à remplir à dossiers, de nombre de pages, de rationalisation de la présentation des aides aux entreprises. Dans le cadre des marchés publics, il s’agirait de ne plus demander dix fois les mêmes documents. Nous menons donc aussi des réflexions sur le coffre-fort électronique.

Nous voulons aussi réaliser un toilettage de notre réglementation, dans une cohérence européenne et faire que notre droit soit compétitif et n’exige pas plus de nos entreprises, qu’il n’est exigé de leurs homologues européennes.

Enfin, nous avons une réflexion sur la fiscalité et la modulation du taux d’IS. C’est un engagement de campagne fort. Il n’est évidemment pas abandonné. La situation budgétaire fait que l’on n’a pas pu le faire immédiatement dans le projet de loi de finances 2013. Mais c’est un engagement de campagne qui sera mis en œuvre soit dans un collectif budgétaire, dans le PLF de l’année prochaine. Le Président de la République l'a rappelé il y a quelques jours devant les entrepreneurs réunis à OSEO.

Il faut enfin ouvrir une nouvelle page dans la relation entre les grands groupes et les PME. Il ne s'agit pas de stigmatiser tel ou tel mais de tout mettre en oeuvre pour que les grands comptes puissent concourrir au développement des petites et moyennes entreprises. Outre la nomination prochaine d'un nouveau médiateur des relations inter-entreprises, le Gouvernement s'apprête aussi à renforcer le dispositif en nommant un Médiateur des marchés publics qui sera chargé d'intervenir en cas de manquement des administrations à l'occasion de l'exécution de la commande publique. C'est par là qu'il faut commencer si l'on veut faire grandir les petites entreprises.

Propos recueillis par Aurélie Barbaux & Pascal Gateaud

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