"Le numérique doit renforcer nos filières industrielles", prône Tahar Melliti, directeur général de l’Alliance pour l’industrie du futur

Le 6e comité de pilotage de l’Industrie du futur s’est tenu ce jeudi 19 janvier en présence de Christophe Sirugue, le secrétaire d’Etat à l’Industrie. L’occasion, pour l’Alliance pour l’industrie du futur et sa trentaine de membres de prendre un nouvel élan après 18 mois d’existence riches en accomplissements. Tahar Melliti, son directeur général, expose à L’Usine Nouvelle les grandes orientations entérinées. Au programme : l’accompagnement des PME dans leur transformation numérique, la focalisation sur 6 filières industrielles et l’essor à l’international.

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L'Usine Nouvelle - Quel bilan tirez-vous des 18 premiers mois d’existence de l’Alliance ?

Tahar Melliti - L’Alliance pour l’industrie du futur a démontré son utilité pour le tissu industriel français. Nous avons engrangé suffisamment de résultats opérationnels pour asseoir notre crédibilité et notre visibilité. Nos objectifs pour la fin 2016 ont largement été dépassés, notamment concernant notre mission essentielle de communication et d’accompagnement des PME françaises. Plus de 3 400, sur 2 000 visées, sont rentrés dans notre programme d’accompagnement, qui démarre avec des diagnostics et se poursuit avec des aides à l’investissement. Nous avons aussi labellisé 20 vitrines de l’industrie du futur, contre 15 visées.

Quels ont été les principaux travaux menés par l’Alliance ?

En matière de communication et de sensibilisation, il faut citer l’organisation du salon Convergence pour l’industrie du futur, les caravanes dans les territoires et l’installation de correspondants et d’ambassadeurs en régions. Sans oublier la publication du guide de l’industrie du futur. Plus technique, nous avons élaboré 7 feuilles de route pour 7 technologies prioritaires de l’industrie du futur. Nous avons entamé un travail de structuration de la filière de la fabrication additive, qui portera bientôt ses premiers fruits. Nous avons aussi travaillé avec nos homologues allemands sur la normalisation. C’est un sujet crucial et l’objectif est de pouvoir défendre des positions communes dans les instances internationales de normalisation.

Vous entrez maintenant dans une nouvelle phase. Quel en est l’objectif ?

Après cette première phase, nous entrons dans une nouvelle séquence, qui s’étalera sur trois ans. La grande orientation que nous prenons, c’est de plonger au cœur des filières. Nous avons eu jusqu’ici une approche à la fois très transversale et individuelle – entreprise par entreprise. Nous allons y ajouter un positionnement sur l’ensemble de la chaîne de valeur des filières. Ces filières sont une spécificité et une force française, que le numérique doit renforcer. Nous en avons sélectionné 6 dans un premier temps : aéronautique, automobile, naval, agroalimentaire, ferroviaire et construction. Pour chacune, nous allons d’un côté dresser un état des lieux en matière de transformation numérique et, de l’autre, dessiner un portrait idéal de cette filière en industrie du futur. De quoi mesurer le chemin à parcourir et définir les moyens d’y arriver.

Quelles sont les autres nouvelles orientations de l’Alliance ?

L’accompagnement des PME restera bien sûr une mission essentielle. Nous allons mettre l’accent sur le numérique, qui est souvent derrière le lean ou la robotique dans leurs préoccupations. L’idée est de les sensibiliser à l’opportunité de mettre le numérique au cœur de leur métier et de leurs produits et de faire évoluer leur business model. L’international est la troisième principale orientation : nous allons nommer des ambassadeurs dans au moins une demi-douzaine de pays, dans un premier temps. Leur rôle sera à la fois de faire le lien entre l’Alliance et les initiatives locales similaires, publiques ou privées, et à la fois de servir de tête de pont à l’export pour les industriels français fournisseurs d’équipements et solutions pour l’industrie du futur.

Deux nouveaux projets soutenus par l’Etat

A l’issue du comité de pilotage, Christophe Sirugue, secrétaire d’Etat à l’Industrie, a annoncé que l’Etat soutiendrait via le programme des investissements d’avenir deux nouveaux projets de modernisation numérique : Connect, d’Air Liquide, aidé à hauteur de 5,3 millions d’euros, et Ted, de Tefal (1,4 million d’euros). Christophe Sirugue a aussi annoncé le lancement d’un partenariat entre l’Alliance de l’industrie du futur et le Conseil national de l’industrie. Enfin, la première ambassadrice de l’industrie du futur a été nommée : Michelle Chan, pour la Chine.

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