Le nucléaire anticipe le débat sur la transition énergétique

Face à un débat énergétique qui laissera une large place au nucléaire, les tenants de cette énergie avancent leurs arguments en faveur de l’avenir de l’atome.

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Le nucléaire anticipe le débat sur la transition énergétique

A l’approche du débat énergétique promis par le gouvernement pour le second semestre 2012, les différentes parties prenantes de l’énergie en France affutent leurs arguments. Les partisans du nucléaire sont particulièrement actifs. Ils craignent qu’un débat mal défini vire à la question : pour ou contre l’atome. Lors du débat organisé par le think tank Adapes le 8 juin dernier sur le thème du "nucléaire face à la transition énergétique", les termes du débat ont été posés.

D’entrée, Jacques Percebois, le directeur du Centre de recherche en économie et droit (CREDEN) veut appeler "à choisir les priorités. La transition énergétique est parfois comprise comme la sortie du nucléaire ? D’autres y voient la sortie des fossiles ? D’autres veulent sortir des deux", explique l’universitaire de Montpellier, auteur du rapport énergie 2050. Fany Bazille, ingénieur nucléaire à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), appuie : "A l’international, la transition énergétique veut dire accroitre la part des énergies 'bas carbone'… Cela relativise la position française".

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Hervé Machenaud, le directeur exécutif de la production et de l’ingénierie chez EDF, a pour sa part, fait valoir l’organisation industrielle du parc nucléaire français qui permet de l’exploiter "à la moitié du coût du parc nucléaire mondial". Il ajoute : "Pour que le parc continue à être efficace, il lui faut une vision claire de l’avenir". Alain Bucaille, conseiller d'Areva, pousse le raisonnement encore plus loin : "Je vois mal un gouvernement freiner une filière qui a un vrai potentiel d’exportation en pleine crise financière". En ce qui concerne les prix de l’électricité, les participants estiment qu’ils resteront compétitifs y compris avec le renchérissement des coûts liés aux travaux post-Fukushima et à la troisième génération de centrales (EPR).

Energie du futur ou du passé ?

Alain Bucaille précise même qu’"une des grandes questions de ce débat sera de savoir si le nucléaire apparaitra comme une énergie du futur ou du passé". L’ensemble du panel a en effet les yeux rivés sur la recherche et sur le nucléaire du futur. Jacques Percebois lance : "Il ne faut pas prendre de retard sur le nucléaire de 4e génération, sous le prétexte que nous subissons une contrainte économique à court terme".

Régis Baudrillart, directeur adjoint de l’énergie nucléaire au CEA, enjoint également la France à continuer ses efforts dans le nucléaire de quatrième génération : "Ces réacteurs au sodium sont étudiés de très près en Chine, en Inde et en Russie. Il est important de maintenir l’avance scientifique et industrielle de la France". Elle a pour projet de construire un prototype de réacteur de 4e génération, baptisé Astrid (Advanced Sodium Technological Reactor for Industrial Demonstration), à partir de 2016-2017.

Les intervenants ont conscience du poids d’une éventuelle fermeture de la centrale de Fessenheim, mais ils tempèrent. "La fermeture de Fessenheim n’est prévue que pour 2017. Il faut refuser l’éclat médiatique sur ce sujet dès aujourd’hui", explique Emile H. Malet, le délégué général du Forum mondial du développement durable. Jacques Percebois préconise : "Si on ferme Fessenheim, il faut que ce soit pour des raisons politique et pas de sureté. Sinon, on décrédibilise l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et la France devra fermer nombre d’autres centrales".

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