Le nouvel herbicide de Monsanto, le dicamba, visé par des milliers de plaintes aux Etats-Unis

Les services de l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) ont été saisis cette année de plusieurs milliers de plaintes émanant d'agriculteurs qui dénoncent les effets destructeurs sur leurs récoltes d'un nouvel herbicide mis au point par Monsanto.

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Le nouvel herbicide de Monsanto, le dicamba, visé par des milliers de plaintes aux Etats-Unis
Des plants de soja après pulvérisation de dicamba. Les services de l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) ont été saisis cette année de plusieurs milliers de plaintes émanant d'agriculteurs qui dénoncent les effets destructeurs sur leurs récoltes d'un nouvel herbicide mis au point par Monsanto. /Photo prise le 25 juillet 2017/REUTERS/Karen Pulfer Focht

Monsanto, qui a conclu un accord de fusion avec l'allemand Bayer pour un montant de 63,5 milliards de dollars, a mis au point un nouveau composé chimique, le dicamba, qu'il propose aux producteurs américains de soja. En parallèle, Monsanto propose des semences modifiées capables de résister à l'utilisation de cet herbicide, une stratégie qui devrait lui permettre de contrôler le marché des oléagineux aux Etats-Unis, deuxième exportateur mondial.

Mais les services de l'Agence américain de protection de l'environnement (EPA) ont été saisis de plusieurs milliers de plaines émanant d'agriculteurs a propos des effets de ce nouvel herbicides. Des agriculteurs et des experts agronomes affirment que le dicamba présente l'inconvénient de s'évaporer et de dériver dans l'air pour aller affecter des cultures qui n'ont pas, elles, été modifiées pour résister à son action.

Une mauvaise utilisation du dicamba ?

Monsanto et l'allemand BASF, qui craignent de voir leurs ventes pénalisées à l'avenir, ont expliqué que l'herbicide était sans danger s'il était appliqué correctement. Le dicamba était jusqu'à l'année dernière utilisé par les agriculteurs avant l'ensemencement des sols et non lors de la pousse mais l'EPA a également autorisé son usage lors de cette seconde période.

L'autorisation court jusqu'au 9 novembre 2018 en raison des "précautions exceptionnelles" d'utilisation requises par cet herbicide afin d'éviter qu'il n'affecte les cultures non résistantes.

Cet assouplissement des conditions d'utilisation a eu un impact immédiat lors de la période de pousse des récoltes cet été et a entraîné une multiplication des plaintes d'agriculteurs notamment dans les Etats de l'Arkansas, du Missouri et de l'Illinois, principaux producteurs de soja aux Etats-Unis. Le phénomène est tel que plusieurs Etats ont dû mobiliser du personnel pour enregistrer les demandes dont le traitement complet est estimé à quatre années.

Le dicamba, nouveau composé stratégique de Monsanto

Dans l'Arkansas, ce sont près de mille plaintes qui ont été déposées pour des affaires liées au dicamba, dans l'Illinois le chiffre s'élève à 421 et à 310 dans le Missouri. Au niveau national, ce sont plus de 2.700 enquêtes qui ont été diligentées en date du 15 octobre, selon les données récoltées par l'Université du Missouri.

Les services sanitaires sont dépassés par les demandes car ils ne disposent pas du personnel nécessaire pour effectuer toutes les enquêtes de terrain. Dans les meilleurs cas, les contrôleurs tentent de se rendre sur place dans les jours consécutifs à la plainte pour prendre des photos des dégâts constatés sur les récoltes non résistantes au dicamba avant que ceux-ci ne disparaissent.

Un porte-parole de Monsanto a reconnu que de nombreux Etats avaient enregistré "des cas d'application potentiellement indésirable du dicamba en 2017". Pour Monsanto, le dicamba est un composé stratégique car son produit phare, le glyphosate, sujet de tractations pour son interdiction au niveau européen, est de moins en moins efficace, certaines plantes ayant développé une résistance.

Les ventes de Monsanto ont augmenté de 1,1 milliard de dollars (+8%) sur l'année fiscale 2017, en partie grâce à la vente de graines de soja résistant au dicamba. L'EPA doit déterminer l'an prochain si elle accorde une prolongation de son agrément au dicamba après examen des plaintes reçues et consultation d'experts fédéraux et industriels.

Pour Reuters, Tom Polansek, Pierre Sérisier pour le service français

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