"Le nouvel étiquetage, un coût pour les industriels de l'agroalimentaire"

L'Union européenne s'est dotée le 6 juillet de nouvelles règles censées aider les consommateurs à "acheter sain". Les professionnels de l'agroalimentaire auront trois à cinq ans pour s'y conformer. Un projet encourageant pour Frédérique Lehoux, chargée de mission des affaires réglementaires de l’Ania, malgré des zones d’ombres quant à son application.
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L’Usine Nouvelle - L’Union européenne vient d’adopter un règlement sur l’étiquetage des produits alimentaires. Qu’est ce que cela change pour les industriels de l’agroalimentaire ?

Frédérique Lehoux - Les informations nutritionnelles et l’étiquetage sur l’origine deviennent obligatoires. Beaucoup d’entreprises pratiquaient l'étiquetage des valeurs nutritionnelles pour satisfaire une demande des clients. Mais la question de l’étiquetage sur l’origine est plus complexe. Il faut savoir que sur 10 000 entreprises dans l’industrie agroalimentaire, 97% sont des PME. Concrètement, modifier les informations sur les étiquettes leur demandera de changer de logiciel, de s’adapter et il y aura un coût. Il faut que cela reste financièrement supportable pour ces entreprises. L’industrie est volontaire pour améliorer l’étiquetage mais il faut une étude de faisabilité pour que la pérennité des petites entreprises ne soit pas remise en cause.

Pourquoi l’étiquetage sur l’origine pose-t-il problème ?

Il n’y a pas encore de problème. Nous attendons le règlement définissant les modalités d’application. C'est à partir d'elles que sera défini le coût de l’opération. Et en période de crise économique, nous souhaitons que cette nouvelle obligation ne mette pas en danger certaines entreprises. Pour comprendre le danger, il faut éviter la confusion entre l’étiquetage d’origine et la traçabilité. La traçabilité est déjà respectée. Il s’agit d’être capable de dire a posteriori d’où viennent chacun des ingrédients employés dans le produit fini. L’étiquetage d’origine est lui fait a priori, six à douze mois avant la production elle-même. Prenons l’exemple du café. L’emballage est produit avant la récolte. Pour un café moulu, il peut y avoir plusieurs origines possibles en fonction des quantités de récolte et de la qualité du cru. Ces modifications sont nécessaires. Il est souvent difficile de créer l’adéquation entre cet étiquetage d’origine et ce que contient le produit.

Donc l’Ania critique le projet ?

Non, au contraire. Il y a un grand progrès : toutes les étiquettes seront identiques à travers l’Union Européenne. Ce sera plus simple de se repérer. Le texte a une grande ambition et il n’échappe pas à la critique. Il faut savoir que le début de la discussion remonte à 2008. Il y a eu plus de 3000 amendements posés au cours de l’élaboration du texte. Les intérêts divergent, il y a donc des insatisfaits. Des questions se posent encore sur la mise en œuvre du texte. Mais globalement, l’harmonisation au sein de l’Union européenne était nécessaire. Au final, le texte a largement été salué par les euro-députés.

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