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"Le nouveau règlement sur le roaming n'est pas raisonnable"

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Entretien La Commission européenne travaille sur une troisième baisse drastique des tarifs d’itinérance en téléphonie mobile. Un nouveau règlement devrait prendre effet en 2014. Au grand dam des opérateurs qui y voient du même coup une menace pour les investissements sur des projets comme la 4G. Entretien avec Yves Martin, directeur roaming groupe chez Orange.

Le nouveau règlement sur le roaming n'est pas raisonnable © OpalMirror - Flickr - C.C.

L'Usine Nouvelle - Pensez-vous que cette nouvelle régulation soit nécessaire ?
Yves Martin - Nous partagions l'ambition initiale de ce troisième règlement européen, auquel nous avons participé. Il devait être une solution de grande ampleur, réglant la question du roaming en Europe pour les dix ans à venir. Sa vocation initiale était de structurer et animer le marché, tout en le laissant s'autoréguler.

Ce qui a été récemment présenté par le Parlement est très différent. Il s'agit désormais d'une baisse de prix unilatérale, imposée sans distinction à l'ensemble des opérateurs et sur toutes leurs offres. En l'état actuel, cette proposition ne nous paraît pas raisonnable. Elle est même dangereuse à certains égards.

Estimez-vous, comme Vodafone, que cette règlementation entraine des risques en matière d'emplois et d'investissements dans les réseaux ?
Je ne crois pas que ce règlement aura un impact direct sur nos emplois. En revanche, il entraine des risques financiers réels pour les opérateurs télécoms européens. Il met les opérateurs face à une équation problématique. Bruxelles réclame d'un côté le déploiement rapide de deux nouvelles générations de réseaux : la 4G et la fibre optique. Et de l'autre, elle veut donc imposer une troisième baisse de prix drastique sur le roaming. Cela n'est pas conciliable. En 2011, nous avons fait face à 900 millions d'euros de réductions de revenus suite aux nouvelles régulations européennes, notamment sur le roaming. Cela est loin d'être négligeable.

Quels opérateurs seraient les plus concernés par ces risques financiers ?
Tous les acteurs du marché sont concernés. Mais le plus gros risque concerne les nouveaux opérateurs qui envisageaient d'entrer sur le marché européen. Sans perspectives de retour sur investissements, à moyen comme à long terme, peu d'acteurs vont tenter l'aventure. Il faut un espace économique suffisant pour voir apparaître de nouveaux entrants sur un marché. Or, ce n'est pas la perspective que donne ce nouveau règlement.

Comment répartissez-vous aujourd'hui le coût de vos offres d'itinérance ?
Nous réservons les meilleurs tarifs à ceux qui en ont le plus besoin, à savoir les utilisateurs frontaliers et les professionnels nomades. Les formules dédiées aux touristes possèdent des tarifs plus élevés. Mais cela ne me paraît pas outrageux qu'un client passant un mois de vacances en France, paye ses communications avec un tarif premium. Cet équilibrage permet justement de financer les forfaits attractifs que nous proposons par ailleurs. 

Avec le règlement de la Commission, cela ne sera plus possible. Il prévoit une baisse homogène sur l'ensemble des tarifs de l'itinérance, quelle que soit la clientèle concernée. Cette réglementation va tuer notre capacité à segmenter les offres.

Avez-vous prévu des offres spécifiques en prévision du nouveau règlement ?
Nous avons déjà un catalogue conséquent dans le domaine de l'itinérance. Mais nous allons effectivement continuer à le faire évoluer. Dès juin prochain, nous proposerons une nouvelle offre roaming qui combine voix, données et SMS en un seul forfait utilisable dans toute l'Union Européenne. En France, des clients pourront acheter un forfait comprenant 10 minutes de voix, 10 SMS et 10 Mo de données pour environ 4 à 5 euros par jour.

Mais outre les formules tarifaires, nous estimons qu'il faut également proposer des outils pour faciliter la gestion de sa consommation, notamment en ce qui concerne la data. C'est dans cet esprit que nous avons donc développé l'application Orange Travel App. Elle permet à nos clients de suivre en temps réel leur consommation de données à l'étranger, data comme SMS. Lancée en France depuis décembre 2011, elle atteint déjà plus de 6 000 téléchargements et sera déclinée dans d'autres pays courant 2012.

Nous  proposons également à nos clients français, belges et polonais une fonction "alerte et plafond" dédiée au roaming data. Elle fonctionne aujourd'hui en Europe et va être étendu au reste du monde en 2012. Le principe est le suivant : un plafond de facture est défini. Lorsque le client s'en approche, une alerte SMS lui est envoyée. Il peut alors choisir d'acquérir une recharge (fonction disponible cet été). Dans le cas contraire, son accès data est bloqué. Ce système évite ainsi toute mauvaise surprise sur la facture.

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