Le nouveau raté d’EDF dans le nucléaire concerne cette fois les diesels de secours post-Fukushima

L’ancrage des groupes électrogène de secours sur les réacteurs 1300 MW et de certains 900 MW n’'était pas assez résistant aux séismes, observe l’Autorité de sûreté du nucléaire. EDF a effectué les modifications. Mais l'opérateur rencontre maintenant des problèmes dans la construction des postes d'ultime secours post Fukushima. L'ASN, qui pointe un problème industriel de génie civil, a été contrainte de donner un délai supplémentaire à EDF pour réaliser les travaux.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Le nouveau raté d’EDF dans le nucléaire concerne cette fois les diesels de secours post-Fukushima
EDF doit installer des postes diesel d'ultime secours dans des bunkers pour chacun des réacteurs en fonctionnement (ici chantier du bunker à Chooz en 2017).

[Article modifié tenant compte d'explications d'EDF] L’Autorité de sûreté du nucléaire fait état dans un communiqué d’un "défaut de résistance au séisme d’ancrages des systèmes auxiliaires des groupes électrogènes de secours à moteur diesel des réacteurs d’EDF".

Défaut sur les paliers 1300 MW

Le problème a été identifié par EDF en 2017. Il avait alors signalé à l’ASN "un événement significatif", qui l'avait classé de niveau 2. Le problème portait sur "l’absence de démonstration de résistance au séisme des ancrages dans le génie civil de systèmes auxiliaires des groupes électrogènes de secours à moteur de ses réacteurs électronucléaires de 1300 MWe [mégawatts électriques]". En avril et novembre 2018, EDF a déclaré à l’ASN, que les défauts de résistance au séisme s’étendaient à plusieurs autres réacteurs de 900 MWe, soit 11 réacteurs supplémentaires.

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

11 centrales 900 MW concernées

L’événement est classé de niveau 2 par l’ASN pour les réacteurs Blayais 1 et 2, Gravelines 1 à 6, Saint-Laurent-des Eaux 1 et 2 et Chinon 2. Il est classé 1 pour les réacteurs Blayais 3 et 4, Dampierre-en-Burly 2, Cruas-Meysse 1, Chinon 1, 3 et 4 et Tricastin 1, 2 ,3 et 4. Des contrôles complémentaires ont également révélé de nouveaux défauts de résistance au séisme pour les réacteurs de la centrale nucléaire de Paluel, de Saint-Alban, de Belleville-sur-Loire et pour le réacteur 2 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine.

Retard sur les postes d'ultime secours

Selon l’ASN, l’événement recouvre à la fois des problèmes de conception génériques à l’ensemble des réacteurs concernés et des problèmes locaux liés à un mauvais état ou à un mauvais montage des ancrages. EDF déclare avoir réalisé les travaux nécessaires.

Mais c'est sur ses postes d'ultime secours Post Fukushima que l'opérateur rencontre maintenant des problèmes. "EDF avait pris un engagement de mettre en place des diesels d’ultime secours pour fin 2018. Cet engagement ne pourra pas être respecté compte tenu des difficultés industrielles à les réaliser, a expliqué Bernard Doroszczuk, président de l’ASN, lors d’un entretien accordé à L’Usine Nouvelle. Ce sont des problèmes de génie civil avec une gestion de chantier qui n'est pas au niveau. L’intégration des différents corps de métier ne s’est pas faite de manière correcte. Les industriels sélectionnés par EDF ont rencontré des difficultés opérationnelles. Une seule centrale, Saint-Laurent-des-Eaux, est aujourd’hui équipée. Nous avons pris la décision de repousser cette échéance à fin 2020."

Chacun des réacteurs des centrales nucléaires françaises dispose de deux diesels de secours, rappelle l'ASN. Ces équipements assurent de façon redondante l’alimentation électrique de certains systèmes de sûreté en cas de défaillance des alimentations électriques externes, notamment à la suite d’un séisme.

Partager

NEWSLETTER Energie
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS