Le nouveau patron de la CGT recherche le bon équilibre entre contestation et proposition

Philippe Martinez, élu secrétaire général de la CGT le 3 février, dévoile ses convictions. Il affirme que la CGT doit trouver un juste équilibre entre contestation et proposition.

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Le nouveau patron de la CGT recherche le bon équilibre entre contestation et proposition

"On a 120 ans, on va bien !" Philippe Martinez ne se laisse pas démonter quand on lui demande comment va la CGT, après la crise qui l’a secouée. Ce mercredi 4 mars au soir, le nouveau secrétaire général lançait, au siège de Montreuil, les festivités marquant l’anniversaire de sa centrale syndicale. Le lendemain matin, il a développé devant l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis) sa vision du rôle de la CGT. Moins radical que certains le prédisaient : "On a besoin d’une CGT qui conteste quand de mauvaises décisions sont prises, déclare-t-il. Mais on ne peut pas se contenter de contester. Donc il faut une CGT qui propose. On a parfois du mal à équilibrer notre force de contestation et notre force de proposition, c’est cet équilibre qu’il faut trouver." Le secrétaire général insiste alors sur les propositions, nombreuses, faites dans les fédérations professionnelles et les entreprises, par les équipes de la CGT.

Même numéro d’équilibrisme sur la question de l’unité avec les autres syndicats : "dans les entreprises, les salariés réclament l’unité syndicale, on en a besoin car dès qu’il y a unité, les chances d’aboutir sont plus fortes." Mais, ajoute-t-il, "ce n’est pas un but absolu à atteindre, car il y a des différences entre organisations syndicales, encore plus présentes dans la période, surtout au niveau confédéral." Seules quatre organisations appellent à une journée d’action et de grève nationale contre l’austérité, le 9 avril : la CGT, FO, Solidaires et la FSU.

"Ne pas trop s’éloigner des réalités des salariés"

"Rééquilibrer", encore, le temps passé par les représentants syndicaux avec les directions d’entreprise et celui passé avec les salariés. "Le patronat veut simplifier le dialogue social, mais c’est lui qui multiplie les réunions entre experts !", critique le leader syndical. Il cite le cas d’un délégué syndical central de grand groupe qui passe quatre jours par semaine au siège à discuter avec la direction contre une journée sur le terrain... Objectif de son mandat : redonner aux équipes syndicales une plus grande proximité avec les équipes.

Une nécessité impérieuse pour regagner des voix aux élections professionnelles. A propos de PSA, où la CGT a perdu des voix, Philippe Martinez le reconnaît : "parfois, quand on s’éloigne trop des réalités des salariés, qui ne se retrouvent pas dans nos positions, ils ne votent pas pour nous". Chez Renault, si la CGT a perdu des voix, c’est parce que 75% des salariés sont des cadres, dit-il, reconnaissant que "la CGT doit être plus présente dans ces catégories, donc plus proche de leurs besoins." La CGT est aussi en recul à la SNCF, dans l’énergie

Sur le reste des dossiers, les positions sont plus classiques et attendues. Les propositions du Medef pour rééquilibrer les comptes des retraites complémentaires ? "Une logique de régression, qui oblige les gens à travailler plus longtemps." La future loi sur le dialogue social ? "La réunion avec Valls ne m’a pas rassuré." Les 32 heures, il continuera à les réclamer, car réduire le temps de travail est un progrès social, donc une question "moderne", poursuit-il.

Dernier sujet d’inquiétude, pour le leader de la CGT : à la sortie des entreprises, le Front national distribue des tracts sur les travailleurs détachés, créant des divisions, voire des affrontements, entre salariés. "C’est un sujet de crispation majeur sur lequel nous avons alerté le gouvernement", pour le représentant. A sa connaissance, aucun syndiqué CGT ne se présente aux élections départementales sous une étiquette Front national.

Cécile Maillard

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