Le nouveau géant UTC-Goodrich vient défier Safran et Thales

L’ensemble UTC-Goodrich créé un nouveau géant de 35 milliards de dollars de chiffre d’affaires dans les équipements aéronautiques. Une pierre dans le jardin de nos champions européens.

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Le nouveau géant UTC-Goodrich vient défier Safran et Thales

Les observateurs avertis du monde aéronautique prédisent depuis longtemps l’avènement de "super-tier 1", ces équipementiers et systémiers de très grande taille. En lançant une OPA amicale sur le capital de Goodrich, United Technologies (UTC), un conglomérat déjà fortement présent dans l’aéronautique, va peser d’un poids encore plus grand. Au prix de 18,4 milliards de dollars pour 100% du capital de Goodrich, le nouvel ensemble pèsera 66 milliards de dollars de chiffre d’affaires total (sur la base des prévisions 2011), dont près de 53 % dans l’aéronautique. UTC-Goodrich pèse autant que Boeing, et plus qu’EADS, deux de ses principaux clients.

Jusqu’à 17 % de rentabilité !

Surtout, sa rentabilité a de quoi faire pâlir de jalousie les cadors de l’aéronautique mondiale : les filiales aéronautiques d’UTC, Hamilton Sundstrand (avionique), Pratt & Whitney (moteurs) et Sikorsky (hélicoptères) dégagent des taux de marge opérationnelle compris entre 10,3% (Sikorsky) et 17,3% (Hamilton)… Loin devant EADS ou Safran et Thales. D’ailleurs, UTC se classait au deuxième de notre classement des 100 meilleurs équipementiers mondiaux, réalisé avec le cabinet Roland Berger (voir l’U.N. n°3244 du 16 juin). Quant à Goodrich, cela frise la provocation : 17,4 % de rentabilité opérationnelle au premier semestre 2011 !

Goodrich, un Safran qui ne fait pas de moteur

CA 2011 total (prévision) : 8,1 milliards de dollars
Résultat opérationnel (1er semestre 2011) : 679 millions de dollars, 17,4 % des ventes
Effectifs : 27 000 personnes
Activités :
-trains d’atterrissage, roues et freins > 36,5 % du total (A 380, B 737, 767, 777,…)
-nacelles de réacteurs > 34,5 % du total (B 787, A 350 XWB, Bombardier C Series, A 320 NEO équipés du moteur PurePower de Pratt & Whitney)
-Systèmes, électronique embarquée > 29 % du total (sondes Pitot, système carburant, génération électrique, Fadec…).
 

Un marché des équipements aéronautiques plus fermé

C’est un fait nouveau : les équipementiers finissent par être plus gros et beaucoup plus rentables que les avionneurs qu’ils fournissent. Surtout, cette super concentration, qui réclame toutefois l’accord des autorités de la concurrence américaine et européenne, ferme un peu plus le marché. Dans certains secteurs, comme les trains d’atterrissage, les équipements électriques, les roues et freins ou les nacelles de réacteurs, spécialités de Goodrich, Airbus et Boeing ne disposent plus que de deux fournisseurs : l’américain et Safran. Un acteur comme le suisse Liebherr Aerospace, lui aussi présent sur certains de ces équipements, ne peut jouer que les accessits.

Nos champions européens, Safran et Thales en tête, sont évidemment concernés au premier chef par cette OPA. Goodrich se retrouve régulièrement en compétition avec Safran sur les trains d’atterrissage (l’américain avait gagné ceux de l’A380 tandis que Safran a remporté ceux du Boeing 787), les nacelles de réacteurs (Goodrich fera celles de l’A350 XWB), les systèmes de génération électrique, un domaine dans lequel Safran a de grandes ambitions.

Les Européens devront se concentrer aussi

De même, Goodrich vient défier Thales dans les capteurs, les fameuses sondes Pitot par exemple, tristement célèbres depuis le drame du vol Rio-Paris. Ou dans les systèmes de navigation. Sans oublier les activités fort rentables liées à l’après-vente : chez Goodrich, elles atteignent plus de 40 % des ventes totales. Enfin, Goodrich, comme UTC, dispose de la manne du Pentagone en tant que fournisseurs privilégiés de l’armée américaine. Avec son dollar faible et sa puissance de feu, la nouvelle division dans laquelle Goodrich sera logée, UTC Aerospace Systems, présidée par l’actuel PDG de Goodrich Marshall Larsen, va faire mal. Et ce mouvement stratégique ne peut que relancer les réflexions en Europe sur la nécessaire concentration des forces.

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