Le nombre de faillites stable en France au 1er trimestre

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PARIS (Reuters) - Le nombre de défaillances d'entreprises s'est stabilisé en France au premier trimestre mais leur impact sur l'emploi a été très lourd, montrent des données publiées par l'assureur crédit Coface.

Les entreprises citées

Sur le seul mois de mars, 6.287 entreprises ont fait défaut contre 6.446 un an plus tôt, soit un recul de 2,5%, selon les relevés de Coface.

Sur les trois premiers mois de l'année, le nombre de défaillances s'établit à 17.461, au même niveau qu'au premier trimestre 2009 (17.442). Cumulé sur 12 mois, il se monte à 64.335, contre 64.316 sur tout 2009.

"La stabilisation se confirme, la courbe est plate depuis le mois de septembre 2009", a commenté Jérôme Cazes, directeur général de Coface, lors d'une conférence téléphonique.

Les défaillances ont représenté en mars un passif de 362 millions d'euros contre 636 millions en mars 2009, soit un recul de 43%.

Le coût financier cumulé des défaillances sur un an est ainsi ramené à 4.134 millions d'euros, repassant pour la première fois depuis le début de la crise sous son niveau d'il y a un an. À son maximum, en août 2009, ce coût cumulé sur un an était de 4.836 millions, rappelle Coface.

"Cela veut dire qu'il y a plus de toutes petites entreprises qui font défaut et beaucoup moins de grandes entreprises, c'est caractéristique des sorties de crise", a précisé Jérôme Cazes.

"En gros, les grandes entreprises ne font défaillance qu'au moment des crises de crédit alors que les petites font défaillance tout au long du cycle."

22.754 EMPLOIS MENACÉS EN MARS

De fait, le nombre de défaillances de micro-entreprises a augmenté de 4,6% par rapport à février alors que les petites, moyennes et grandes entreprises affichaient des baisses respectives de 11,9%, 40,5% et 80,0%.

Les micro-entreprises réalisant moins de deux millions de chiffre d'affaires ont ainsi représenté le mois dernier 91,9% des défaillances d'entreprises disposant d'un bilan.

Mais le recul global des défaillances en mars et leur moindre coût financier n'ont pas empêché une dégradation sur le front social.

Même si les PME et grandes entreprises ont confirmé la baisse de leur sinistralité, l'impact social a été lourd en mars en raison de la défaillance de cinq entreprises représentant à elles seules 3.300 emplois.

Au total, ce sont 22.754 emplois qui ont été ainsi menacés sur le mois, un chiffre en hausse de 13% par rapport à mars 2009. Sur 12 mois glissants, le cumul d'emplois menacés a poursuivi son ascension pour atteindre le niveau record de 221.974, soit 24% de plus que l'an dernier à la même date.

"Il y a clairement aujourd'hui un décalage entre la stabilisation du nombre de faillites, la baisse de leur coût financier et la hausse de leur coût en emplois", a souligné Jérôme Cazes.

"Ceci constitue une double alerte, quant aux difficultés des entreprises de main d'oeuvre, notamment les plus petites, et quant à la solidité de la reprise", a-t-il conclu.

Le 8e observatoire des défaillances de Coface peut être consulté dans son intégralité sur le site www.coface.fr

Véronique Tison, édité par Gilles Trequesser

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