Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Le navigateur Yvan Bourgnon veut nettoyer les mers avec le Manta

Olivier Cognasse ,

Publié le

Le skipper franco-suisse a réussi sa campagne de crowdfunding au-delà de ses espérances pour financer le projet Manta, un navire collecteur de déchets plastiques qui pourrait prendre la mer dès 2021.

Le navigateur Yvan Bourgnon veut nettoyer les mers avec le Manta

Teint hâlé et arborant un polo avec le sigle de son association The Sea Cleaners, Yvan Bourgnon a présenté, mercredi 25 janvier au soir, à la Maison des Océans, à Paris, un des documentaires de la collection "Le monde d’Ivan" réalisé à l’occasion de son tour du monde entre octobre 2013 et juin 2015. Un exploit quand on sait qu’il a navigué sur un catamaran non habitable de 6 mètres 30, sans GPS, mais avec un sextant et des cartes papier.

C’est à cette occasion qu’il a décidé d’agir pour sauver les océans. "En longeant les côtes indonésiennes, je naviguais au contact des plastiques en permanence", raconte Yvan Bourgnon. 8 à 10 millions de tonnes de plastiques finissent chaque année dans les océans.

A son retour en France, il décide de lancer le projet d’un navire capable de ramasser ces déchets. "En 2050, il y aura plus de déchets plastiques dans les mers que de poissons. On ne va pas rester les bras croisés, explique le navigateur à l’Usine Nouvelle. Nous sommes rentrés dans le dur dès janvier 2016. Nous avons mené des études de faisabilité pendant six mois avant de lancer une campagne de crowdfunding pour financer les études. Nous avons récolté 150 000 euros, quand nous en espérions 80 000." Le Manta - cette raie filtreuse des mers – demandera deux ans de conception et deux années de construction.

Un quadrimaran qui collecte selon le principe des fanons des baleines

"En 2018, nous allons construire un prototype au dixième de la taille réelle et le Manta prendra la mer en 2021 pour trois ans de campagnes pendant laquelle nous irons voir les Etats, les collectivités, afin de développer d’autres navires, prévoit le navigateur qui avait remporté avec son frère Laurent Bourgnon, la Transat en double Jacques-Vabres 1997. Avec une centaine de Manta, on pourrait nettoyer les mers, car 95 % des macro-plastiques se concentrent sur 5 % des surfaces maritimes."

Ce quadrimaran de 60 mètres de long et 72 mètres de large pourra collecter 600 m3 de plastiques. Ce projet est unique au monde – il en existe un avec des barrières flottantes – et son empreinte carbone sera réduite. Il doit utiliser un Kite-Wing (cerf-volant) combiné à un système de gréement supportant des voiles classiques comme mode principal de propulsion. Le système de collecte sera biomimétique, inspiré des fanons des baleines qui filtrent l’eau. Le bateau sera équipé de deux collecteurs situés à l’arrière et reliés aux systèmes de transfert des plastiques vers des cuves. Les déchets seront triés et compactés à bord. Il pourra stocker 100 tonnes de macro-plastiques, de quoi permettre de réaliser des campagnes de un à deux mois.

Yvan Bourgnon n’en a pas fini avec l’aventure. Il part fin juin pour deux mois dans l'Arctique avec un catamaran afin d'emprunter le passage du Nord-Ouest, future route ouverte à la navigation - si le réchauffement climatique se poursuit - pour relier le Pacifique à l’Atlantique. Une route qui pourrait être particulièrement dangereuse pour l’environnement en cas de naufrage d'un pétrolier ou d'un bateau transportant des matières dangereuses.

 

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle