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Le naufrage de Sony dans les mobiles plonge à nouveau le groupe dans le rouge

Ridha Loukil ,

Publié le

Après une chute de 26,5% en 2015, les ventes de Sony dans les mobiles s’effondrent de moitié en 2016. Un naufrage qui, combiné aux difficultés dans le cinéma et les semiconducteurs, plonge à nouveau le géant japonais des loisirs dans le rouge.

Le naufrage de Sony dans les mobiles plonge à nouveau le groupe dans le rouge
Sony à la peine avec ses smartphones Xperia
© Sony

La pression s’accroît sur Kazuo Hirai. Le PDG de Sony est confronté à des résultats de plus en plus mauvais dans une activité qu’il considère comme stratégique : les mobiles. Il espérait vendre 20 millions de ses smartphones Xperia en 2016. Le groupe n’en a écoulé que 15,1 millions. Soit deux fois moins qu’en 2015 (29,5 millions) et près de trois fois moins qu’en 2014 (40 millions). De quoi littéralement le marginaliser sur un marché mondial qui a pourtant progressé de 2,3% à 1,47 milliard de pièces, selon IDC.

Réduction des pertes dans les mobiles

C’est un véritable naufrage que le géant japonais d’électronique de loisir vient de subir. Son chiffre d’affaires dans les mobiles a fondu de 36,5% à 786,5 milliards de yens, l’équivalent de 7 milliards de dollars. Sony a néanmoins réussi à réduire sa perte d’exploitation dans cette activité à 16,8 milliards de yens, contre une perte de 75,1 milliards de yens en 2015, en limitant sa gamme de produits, en diminuant les coûts de marketing et en se retirant des pays peu demandeurs de ses terminaux.

Kazuo Hirai est très contrarié. Depuis des années, il ne cesse de répéter qu’il n’envisage ni d’arrêter ni de vendre l'activité mobiles. C’est qu’il fait des smartphones le pivot de sa stratégie de rebond, non seulement dans des produits d’électronique grand public comme les téléviseurs, mais aussi dans la musique, le cinéma et les jeux vidéo, où il est fortement présent.

Son activité dans le cinéma mise à mal par le digital

Après trois années consécutives dans le rouge, Sony a renoué en 2015 avec les bénéfices. Mais sa mésaventure dans les mobiles le plonge à nouveau dans le rouge. En 2016, il déplore une perte de 34,6 milliards de yens pour un chiffre d’affaires de 7523,7 milliards de yens, en recul de 8,5%.

Mais les malheurs de Sony ne s’arrêtent pas là. La révolution du digital, avec un déplacement de la consommation de vidéo des DVD et Blu-ray vers le streaming sur internet réduit les perspectives de son activité dans le cinéma et la production télévisuelle. Il  est contraint d’en tenir compte en inscrivant dans ses comptes une dépréciation d’actifs de 1 milliard de dollars, qui réduit d’autant son bénéfice d’exploitation en 2016.

Secoué deux fois par un tremblement de terre

Le groupe doit également faire face à un retournement brutal dans ses semiconducteurs et composants, une branche qui constituait jusqu’ici le principal moteur de ses activités en électronique. Il encaisse ici une perte d’exploitation de 145 milliards de yens pour un chiffre d’affaires de 904,1 milliards de yens, contre un bénéfice d’exploitation de 47 milliards de yens et un chiffre d’affaires de 991,4 milliards de yens en 2015. Un revers de fortune dû au tremblement de terre qui a secoué, à deux reprises, la région de Kumamoto en avril et août 2016 et perturbé la production dans son usine de capteurs d’image, modules caméra et semiconducteurs. L’impact négatif de cet incident est estimé à 500 millions de dollars, dont plus de la moitié en perte d’opportunités.

Cet évènement ne fait pas que mettre à mal les comptes de Sony. Il fait évanouir son rêve de devenir un fournisseur majeur de modules caméra, au même titre que Sharp et LG Innotek, les deux fournisseurs d’Apple. Il est contraint de vendre son usine de modules caméra en Chine, de réduire son activité dans ce domaine et de se replier sur son rôle de fournisseur de capteurs d’image, un composant trois fois moins cher qu’un module caméra selon le cabinet Yole Développement.

Stabilisation de la télévision

Une bonne nouvelle toutefois : Sony maintient sa position dans la télévision avec la livraison de 12,5 millions de téléviseurs LCD, un peu plus qu’en 2015. Il défend ainsi sa cinquième place mondiale, derrière les coréens Samsung Electronics (47,9 millions de téléviseurs vendus en 2016) et LG Electronics (28,2 millions), et les chinois Hisense (13,3 millions) et TCL Multimedia (13,2 millions), selon le cabinet TrendForce. Voilà de quoi consoler un peu Kazuo Hirai. D'autant que cette activité, qui a été le grand souci de Sony pendant 10 ans avec des pertes cumulées de 8,5 milliards de dollars, est au vert pour la troisième année consécutive

Les chiffres de Sony en 2016

Effectif : 125 300 personnes dans le monde

Chiffre d’affaires : 7523,7 milliards de yens (-8,5%)

Bénéfice d’exploitation : 101,4 milliards de yens (289,3 milliards de yens en 2015)

Perte nette : 34,6 milliards de yens (bénéfice net de 97,8 milliards de yens en 2015)

Volumes de vente:

15,1 millions de smartphones  (29,4 millions en 2015)

12,5 millions de téléviseurs LCD (12,3 millions en 2015)

4,2 millions d’appareils photo (6,6 millions en 2015)

19,4 millions de console de jeux PS4 (17,8 millions en 2015)

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