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L'Usine Aéro

Le motoriste Safran ouvrira une nouvelle usine au Mexique en 2017

Olivier James , , , ,

Publié le

Le succès du moteur Leap dédié aux monocouloirs oblige le motoriste français à augmenter ses capacités industrielles. Safran a opté pour le Mexique, où il est implanté depuis vingt ans.


Démoulage d'une aube en composite dans l'usine de Safran à Rochester (Etat de New-York) Crédits Scott Gable/Capa Pictures/Safran 

La barre symbolique des 10 000 commandes et intentions d’achat vient tout juste d’être dépassée ! Le best-seller annoncé de la propulsion aéronautique tient ses promesses : le moteur d’avion Leap bénéficie d’un succès commercial qui représente la bagatelle de 140 milliards de dollars. De quoi réjouir CFM International, la société créée par le motoriste français Snecma (groupe Safran) et l’américain General Electric qui produit ce moteur dédié aux monocouloirs remotorisés comme l'A320neo, le B737 MAX et le C919 de Comac.

Mais ce succès oblige Safran à adapter son outil industriel, même si le groupe a déjà investi plus d’un milliard d’euros pour ce moteur : l’équipementier a annoncé ce jeudi 11 février la création pour 2017 d’une nouvelle usine à Querétaro, dans le centre du Mexique, pour un montant de 74 millions de dollars.

Un investissement qui porte l’empreinte du nouveau patron du groupe, arrivé il y a neuf mois à la tête de l’équipementier aéronautique. "Nous avions pensé mi-2015 à la France, aux Etats-Unis et à la Chine pour cette usine, confie Philippe Petitcolin, le directeur général de Safran. Puis j’ai rencontré le président du Mexique Enrique Peña Nieto le 14 juillet dernier lors de sa visite en France auprès du chef d’Etat. Je lui ai expliqué que Safran pourrait investir dans le pays pour une nouvelle usine. J’ai eu le soutien de François Hollande."

UN COÛT DE MAIN D’ŒUVRE ATTRACTIF

Très vite, le projet est monté. La décision d’implanter cette usine dans l’Etat de Querétaro est prise quelques mois plus tard, à l'automne 2015. La construction de l’usine démarrera courant 2016. Elle produira dès 2017 la pièce la plus emblématique du Leap : des aubes de soufflante en matériaux composites tissés 3D.

Ces pièces représentent une innovation de rupture dans l’aéronautique. L'usine sera capable dès 2021 de produire plus de 20 000 aubes de soufflante et emploiera près de 500 personnes.

Le choix du Mexique ne doit rien au hasard. "Le principal intérêt est le coût de la main d’œuvre, admet Philippe Petitcolin. Le coût horaire de nos salariés sera d’environ 5 dollars de l’heure pour le niveau de qualification dont nous avons besoin, c’est près de cinq fois moins que celui aux Etats-Unis dans les activités de câblages."

 Ce coût rapproche le Mexique de la Chine. "Mais la grande différence entre les Chinois et les Mexicains, c’est que les premiers vont appliquer ce que vous leur demandez sans essayer de l’améliorer, alors que les seconds sont avides de nouvelles technologies et se battent pour améliorer les process", précise Philippe Petitcolin.

DES AIDES EN PAGAILLE

Ce n’est pas tout : "les aides que nous recevrons représenteront environ 20% des 74 millions d'euros que noys investissons", précise le patron de Safran. Elles vont des aides directes, aux aides à la formation, en passant par l'appui du ministère de la recherche et la mise à disposition d’infrastructures diverses… Le projet a également été soutenu par ProMexico, l'équivalent de Business France.

Alors que les aubes de soufflante nécessitent une formation spécifique et imposent un savoir-faire manuel, Safran compte s’appuyer sur le campus franco-mexicain de l’aéronautique ainsi que sur le lycée franco-mexicain de Mexico.

Le choix a aussi été facilité par la présence de longue date de Safran dans le pays : l’équipementier y est depuis vingt ans, à travers plusieurs ses filiales (Snecma, Morpho, Messier-Bugatti-Dowty…), et y emploie 6000 personnes. Ce qui fait de Safran le premier employeur de l’industrie aéronautique mexicaine et même le premier investisseur avec plus d’un milliard d’euros investis ces dix dernières années dans le pays. Le nouveau site sera la onzième usine du groupe dans le pays.

DES CADENCES DE PRODUCTION TOUJOURS PLUS FORTES

Safran a d’ailleurs profité de l’inauguration d’une nouvelle capacité de réparation de pièces dédiée aux moteurs CFM56, le prédécesseur du Leap, pour effectuer cette annonce sur place, à Querétaro.

Mais pourquoi cette annonce de nouvelle capacité de production intervient-elle maintenant alors que l’annonce du lancement du Leap date de 2008 ? "Lorsqu’Airbus a évoqué en mai dernier la possibilité de passer à une cadence de 60 A320 par mois, nous ne pouvions à ce moment-là pas nous engager par rapport au planning que nous avions défini", confie Philippe Petitcolin. Cette cadence est aujourd'hui programmée pour la mi-2019.

Les objectifs toujours plus élevés d’Airbus, mais aussi de Boeing (qui vise 52 B737 par mois en 2018), en termes de cadence de production, ont poussé l’industriel à accélérer son calendrier initial : environ la moitié des A320neo (près de 4471 commandes fin 2015) seront équipés du Leap ainsi que la totalité des B737 MAX (3072 commandes à janvier 2016).

La proximité géographique avec l’américain qui a fait le choix de CFM International joue aussi dans ce choix : la nouvelle usine fournira surtout les Leap de Boeing. Si les avionneurs lorgnent autant sur ce moteur, c’est en raison de ses promesses de performances. Le Leap devrait consommer 15% de carburant en moins que le standard actuel et permettra de redonner une nouvelle vie à l’A320ceo et au B737NG.

2000 LEAP PRODUITS PAR AN DÈS 2020

Une nouvelle usine donc, mais dont le modèle est déjà bien éprouvé. Car il s’agira de la troisième usine issue du rapprochement avec le fabricant de textile américain Albany pour produire ces aubes de soufflante. Après Rochester (New Hampshire, Etats-Unis) inaugurée en mars 2014, après Commercy (Meuse), inaugurée en novembre 2014, Safran construira cette nouvelle installation industrielle calquée sur les précédentes. Mais pour un coût réduit, dans la mesure où les deux premières usines ont nécessité un investissement de 200 millions de dollars.

"Dans cette montée en cadence de production du Leap, ces aubes de soufflante sont les pièces les plus critiques, explique Philippe Petitcolin. Mais nous serons amenés à annoncer prochainement de nouveaux investissements pour suivre le rythme".

Car l’industriel s’est fixé un calendrier ambitieux, alors même qu’il doit encore assurer la production du CFM56. En 2016, Safran et General Electric devront produire une centaine de Leap, puis 500 en 2017, 1200 en 2018, 1800 en 2019 et atteindre le rythme de croisière de 2000 moteurs en 2020. Safran s’apprête à se doter au Mexique d’une nouvelle pièce maîtresse dans son vaste réseau industriel mobilisé pour le Leap.

A Querétaro, Olivier James

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3 commentaires

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13/02/2016 - 02h59 -

J'ai eu la même réaction, moi aussi je suis étonné. En gros ils vont avoir de la main ouvre pas chère ou "attractif" tout en ayant des personnes qui veulent améliorer leur process! et cela, bien entendu, ne permettant pas de rapprocher le coût horaire (ou salaire) a celui des USA.
C'est bien les "économies émergentes"!
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Nom profil

13/02/2016 - 02h49 -

J'ai eu la même reaction, moi aussi je suis entoné. En gros ils vont avoir de la main ouvre pas chère ou "attractif" tout en ayant des personnes qui veulent améliorer leur process et cela, bien entendu, ne permettant pas de rapprocher le coût horaire (ou salaire) a celui des USA.
C'est bien les "économies émergentes"!
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Nom profil

12/02/2016 - 10h44 -

Je suis étonné par le discours de M. Petitcolin. Nous pouvons le considérer comme un insulte envers les Chinois ou les Asiatiques en général.

Ce coût rapproche le Mexique de la Chine. "Mais la grande différence entre les Chinois et les Mexicains, c’est que les premiers vont appliquer ce que vous leur demandez sans essayer de l’améliorer, alors que les seconds sont avides de nouvelles technologies et se battent pour améliorer les process", précise Philippe Petitcolin.
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