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COP21

Le monde du gaz part en croisade contre le charbon

Ludovic Dupin , , , ,

Publié le

Remplacer le charbon par le gaz, tel est le leitmotiv répété à l’envi au Congrès mondial du gaz qui se tient à Paris du 1er au 5 juin. Pour cela, une seule solution : généraliser les taxes et marchés carbone.

Le monde du gaz part en croisade contre le charbon
Les industriels du secteur gazier au Congrès mondial du gaz à Paris
© Twitter

Ce mardi 2 juin, le 26e Congrès mondial du gaz a été inauguré à Paris-Porte de Versailles. Ce gigantesque événement triennal se déroule pour la première fois en France en 80 ans. Or, à six mois de la COP21 qui se déroulera également dans la capitale, toute la filière gazière a les yeux tournés sur l’opportunité qui se dessine. Les acteurs du gaz sont bien décidés à donner pleinement sa place à cette énergie dans le mix énergétique, en chassant le charbon de l’équation. Ce dernier, deux fois plus émetteur de CO2, représente aujourd’hui 50% de la production d’électricité dans le monde.

Pour conserver le réchauffement climatique en dessous de 2°C, "il faut substituer le gaz au charbon pour la production d’électricité, ce qui divisera par deux les émissions de CO2. Avec 130 années de réserves, le gaz peut soutenir le développement de l’industrie électrique tout en protégeant le climat", a lancé, comme première estocade, Jérôme Ferrier, le président de l’Union internationale du gaz (UIG). Avant d'ajouter que "le mix énergétique idéal, c’est du gaz et des renouvelables. Cette trajectoire est suivie depuis 10 ans aux Etats-Unis et les émissions ont diminué de 10%."

La parole aux industriels

Pour le directeur général de Shell, Ben Van Beurden, le choix du gaz ne fait aucun doute : "Les centrales à gaz sont plus rapides, moins chères à construire et plus propres que les centrales à charbon." Prudent, il poursuit : "Pourtant, l’âge d’or du gaz n’est pas arrivé, d’autant plus que des pays continuent à favoriser le charbon". Plus optimiste, Patrick Pouyanné, directeur général de Total, affirme que "le gaz devrait progresser pour devenir la première source d’énergie au monde", une prédiction à l’image de l’évolution de son groupe puisque désormais le pétrolier produit autant de gaz que de pétrole et a annoncé l’abandon de ses activités charbon. "Le gaz répond aux enjeux de la décarbonisation, de la décentralisation et de la digitalisation de l'énergie", confirme Gérard Mestrallet, le PDG d’Engie (ex-GDF Suez), qui rappelle que le charbon ne représente plus que 20% de son mix et va aller décroissant.

Faire payer le carbone, condition sine qua non

Les trois grands patrons sont à l’unisson quant à la nécessité de donner un prix au carbone. "La mise en place de prix du carbone au niveau mondial et de manière pérenne permettra de remplacer le charbon par le gaz", affirme Patrick Pouyanné, qui a cosigné lundi 1er juin une tribune en ce sens avec cinq autres pétroliers européens. "C’est l’attente essentielle des acteurs économiques de la COP 21", insiste-t-il. Gérard Mestrallet confirme : "Il faut donner le bon signal. Généraliser les mécanismes de prix du carbone est l’outil pour favoriser les technologies les moins polluantes comme le gaz et stimuler l’innovation". "Sans prix du carbone, les pays continueront à favoriser le charbon et les technologies très émettrices", prévient Ben Van Beurden.

A travers ces appels, la communauté gazière dénonce aussi l’échec de la politique énergétique européenne : "L’Union Européenne doit reconsidérer sa politique énergétique inefficace et peu favorable au gaz. Cette absence de politique énergétique a entraîné la fermeture des centrales à gaz à la faveur du charbon", accuse Jérôme Ferrier. Pour mémoire, les électriciens européens ont fermé environ 50 GW de centrales à gaz en Europe ces dernières années, tandis que l’utilisation du charbon est allée croissant.  "L’Europe a échoué à mettre en place un marché du carbone qui permette de passer du charbon au gaz", déplore le directeur général de Shell. "L’Europe a fait un pas dans la bonne direction et nous attendons, à la COP21, de voir de nombreux pays s’engager sur la mise en place d’un marché carbone", espère Gérard Mestrallet. Aujourd’hui, il existe quarante marchés carbone dans le monde, dont sept en Chine.

Ludovic Dupin

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