Le Modern Express est arrivé à Bilbao, que va-t-il se passer maintenant ?

En détresse depuis le 26 janvier, le navire Modern Express a été remorqué jusqu’au port de Bilbao (Espagne). Un ensemble d’experts doit déterminer les opérations à venir pour redresser le cargo et décharger sa cargaison.


Le Modern Express est arrivé dans le port de Bilbao. Crédit : L.Bernardin ©Marine Nationale

  • Pourquoi le Modern Express a-t-il été remorqué vers Bilbao ?

Depuis les catastrophes de l’Erika, en 1999, et du Prestige, en 2002, l’Union européenne oblige les États côtiers, les mesures "paquets Erika", à prévoir des lieux de refuge.

Des ports ont donc été désignés comme lieux de refuge par les Etats membres afin d’accueillir les navires en détresse. Dans le cas du Modern Express, Frédéric Moncany de Saint-Aignan, le président du cluster maritime français nous explique que "le cargo ne pouvait pas rentrer dans le port de Bayonne", le plus proche au moment du remorquage. Les autorités ont ensuite hésité entre les ports de La Rochelle et Bordeaux, avant de se rabattre sur Bilbao.

Ce choix a été motivé par deux facteurs. Le premier géographique, Bilbao étant le port avec une profondeur d’eau et un accès assez conséquent pour manœuvrer le bateau le plus proche. Le second facteur est météorologique, il fallait réduire le temps de remorquage pour diminuer le risque de détérioration des conditions en mer.

  • Quelles sont les opérations à venir pour redresser le navire?

En ce moment, des experts sont en train d’étudier les méthodes pour redresser le Modern Express. Pour Frédéric Moncany de Saint-Aignan, le meilleur scénario serait le ballastage. "Avec un ballastage suffisant, la porte arrière du bateau pourrait être ouverte pour décharger la cargaison". Mais Frédéric Moncany de Saint-Aignan reste prudent : "il se peut que le ballastage ne suffise pas". Dans ce cas, la coque serait percée et la cargaison débarquée par des grues.

  • Le navire pourra-t-il naviguer de nouveau ?

Bien qu’il soit en situation de détresse, le Modern Express ne semble pas avoir subi de dommages. Mais ce fait ne pourra être confirmé qu’une fois l’intérieur du cargo examiné. "A l’évidence, le bateau s’est couché à la suite d’une chute de sa cargaison", indique le président du cluster maritime français. Les experts détermineront donc les dégâts une fois le déchargement effectué.

  • Qui payera la facture du sauvetage au bord des côtes françaises ?

De nombreux moyens ont été mobilisés dans le sauvetage du Modern Express. Dès le mardi 26 janvier, l’ensemble de l’équipage du navire a été hélitreuillé au large de La Corogne. La préfecture maritime de l’Atlantique a ensuite mis en demeure l’armateur du bateau de faire cesser le danger, le forçant a contracté la société "SMIT Salvage" pour remorquer le bateau.

Au total, ce sont quatre navires qui ont été requis lors de l'opération.

"C’est l’assureur de l’armateur qui indemnisera l’ensemble des acteurs", assure Frédéric Moncany de Saint-Aignan. Même son de cloche pour le directeur de l’Institut supérieur d’économie maritime, Paul Tourret. "C’est comme un automobiliste qui tomberait en panne sur l’autoroute", image-t-il. "L’ensemble des moyens mis en place seront ensuite à la charge de l’assurance de l’automobiliste."

  • Quelle polémique la cargaison du cargo a-t-elle soulevée ?

Le Modern Express effectuait un transport de marchandises, du bois et des engins de travaux publics entre le Gabon et Le Havre. La presse française a affirmé que les 3 600 tonnes de bois étaient des grumes, rappelle RFI. Les grumes sont les arbres délestés de leurs branches mais qui conservent leur écorce.

C’est ce point qui fait monter la polémique puisque le Gabon interdit depuis 2010 d’exporter les grumes sans une première transformation. Là encore, ce sont les experts qui trancheront lorsque la marchandise sera déchargée. La douane gabonaise a saisi le ministre de l’Intérieur afin qu’Interpol suive le débarquement pour connaître l’origine de ce bois.

Regardez l'arrivée du Modern Express dans le port de Bilbao :

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