Le modèle gagnant de BASF

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Pétrochimie
BASF POURSUIT SES GRANDS TRAVAUX CHINOIS
Le chimiste allemand vient de contracter un emprunt de 1,4 milliard de dollars pour financer le vapocraqueur de Nankin, un projet géant.

La première colonne du vapocraqueur vient à peine d'être montée le 17 mars dernier que l'allemand BASF envisage déjà des extensions à son futur complexe pétrochimique chinois. Ce projet, basé à Nankin, à 300 kilomètres au nord-ouest de Shanghai sur le fleuve Yangzi Jiang, est, avec une enveloppe globale de 2,9 milliards de dollars, le plus important investissement allemand en Chine. Pour le mener à bien et obtenir du gouvernement les autorisations nécessaires à sa construction, le géant de Ludwigshafen a constitué en décembre 2000 un joint-venture avec le deuxième pétrolier national, Sinopec. Depuis, l'entreprise BASF-YPC, détenue à 50-50 par les deux partenaires, mène le projet.
Un complexe chimique unique en Chine
La clé de voûte du site repose sur un immense vapocraqueur capable d'alimenter, dès son démarrage en 2005, en matières premières neuf usines de polyoléfines et d'intermédiaires chimiques. D'une capacité initiale annuelle prévue de 600 000 tonnes, le vapocraqueur devrait finalement passer à 700 000. Quant aux capacités des unités aval, elles devraient, elles aussi, être revues à la hausse. En effet, l'allemand est optimiste pour ce qui concerne la Chine : la demande locale pour les produits chimiques et pétrochimiques est aujourd'hui en croissance de 7 à 8 % par an et ne devrait pas baisser avant cinq ans. Pour financer ses ambitions, BASF vient donc de contracter un prêt de 1,4 milliard de dollars auprès de neuf banques, dont la Citybank et l'Industrial and Commercial Bank of China. Ces projets interviennent pourtant dans un contexte défavorable. " Etant donné la situation de la demande et du marché, le moment n'est pas approprié pour réaliser des investissements majeurs ", a admis le 18 mars dernier, lors de la présentation des résultats annuels, Jürgen Strube, président du directoire de BASF. De fait, une nouvelle réduction des investissements globaux du groupe (de l'ordre de 300 millions d'euros) est encore prévue pour 2003, après une baisse de 14 % entre 2001 et 2002, à 2,4 milliards d'euros. Mais l'Asie et la pétrochimie restent des priorités pour BASF. La pétrochimie est, avec une hausse du chiffre d'affaires en 2002 de 39,6 %, à 2,9 millions d'euros, l'un de ses secteurs les plus dynamiques. Surtout grâce au démarrage du vapocraqueur de Port Arthur (Texas), le plus grand du monde. Quant à l'Asie, elle demeure l'un de ses marchés prioritaires : le groupe vient de dépasser les 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2002 sur cette zone et y emploie déjà près de 10 000 personnes, dont 2 800 en Chine.
Un marché équivalent à celui de l'Europe
" En 2010, le marché asiatique sera équivalent pour nous à celui de l'Europe ", qui représente 55 % du total des ventes, soit 17,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires 2002, estime Jürgen Strube. Et les projets foisonnent : outre l'immense complexe pétrochimique de Nankin, BASF planche sur de nouvelles unités de MDI/TDI (précurseurs des polyuréthanes) et de THF, un autre intermédiaire, sur le complexe chimique de Caojing à Shanghai. La première, d'un coût total d'1 milliard d'euros, vient d'être approuvée par les autorités chinoises et devrait être opérationnelle en 2006 ; la seconde sera mise en service pour 2004. Une unité d'isocyanates est également en construction en Corée du Sud. En ce qui concerne Nankin, BASF reste fidèle à sa méthode allemande. Le complexe est bâti sur le modèle du " Verbund ", l'intégration verticale, appliquée sur le site historique de Ludwigshafen, qui permet d'optimiser les flux de matières et maximise les économies d'échelle. Virginie Lepetit

CHIFFRES CLÉS
LE MONTANT
2,9 milliards de dollars entre 2001 et 2005.
BASF
Chiffre d'affaires 2002 : 32,2 milliards d'euros, dont 5,1 milliards en Asie.
Effectif : 89 400 salariés.
Capacités du complexe pétrochimique : 700 000 tonnes par an pour le vapocraqueur, 400 000 pour le polyéthilène basse densité...
L'Usine Nouvelle N°2867 du 17/04/2003

Rainer Seele
UN CHERCHEUR POUR MENER " LA BATAILLE DU GAZ "
BASF nomme l'un de ses anciens directeurs de la recherche à la tête de Wingas

BASF maintient la tradition de la chimie allemande. C'est un " docteur " qui vient de prendre la tête du distributeur de gaz Wingas, le joint-venture créé en 1993 par le russe Gazprom, qui en détient 35 %, et l'allemand BASF, qui possède le reste des parts via sa juteuse filiale énergie Wintershall. Rainer Seele, docteur en chimie diplômé de l'université de Göttingen, depuis deux ans à la tête du marketing de Wingas, succède ainsi à Genge Burkhard, et prend également sa place dans le conseil d'administration de Wintershall. Ce stratège de 42 ans, pur produit BASF - il est entré dans l'entreprise en 1987, juste après l'obtention de son diplôme, et a fait ses premières armes dans la chimie fine à Ludwigshafen -, n'hérite pas d'une tâche facile en reprenant les rênes de l'opérateur. Il se retrouve en effet confronté au nouveau rouleau compresseur formé par l'union d'E.On et de Ruhrgas, qui noyaute le marché de la distribution allemande. De fait, la place de Wingas (121 milliards de kWh vendus l'année dernière en Europe) est aujourd'hui remise en cause par le mariage E.On-Ruhrgas.
Pour préserver la position de Wingas, Rainer Seele devra voir loin, et juste : peut-être faudra-t-il passer à l'offensive en négociant le rachat des parts du distributeur de gaz est-allemand VNG Gas - qui détient 13,5 % du marché allemand - que devront céder E.On et Ruhrgas. Tout en défendant bec et ongles les positions déjà acquises depuis l'ouverture du marché du gaz. Un exercice dans lequel Seele, fine lame de la stratégie de recherche pour BASF à Ludwigshafen jusqu'en 1996, puis directeur de la stratégie de Wintershall jusqu'en 2000, devrait pouvoir marquer des points. Virginie Lepetit
L'Usine Nouvelle N°2837 du 05/09/2002

Chimie
BASF CONCENTRE SES PLASTIFIANTS

Le chimiste allemand réorganise sa production européenne de plastifiants pour PVC et d'anhydride phtalique, un intermédiaire des précédents. Le but : concentrer ces matières sur l'Allemagne, à Ludwigshafen (siège du groupe), et la Belgique, sur la plate-forme chimique de Feluy. Une opération effectuée aux dépens du site espagnol de Tarragone, qui abandonne cette activité. La production de plastifiants a ainsi cessé depuis le 31 août. Et celle de PA (17 000 tonnes annuelles, soit 8 % de la production européenne du groupe) devrait s'arrêter le 31 décembre. Ces mesures, selon BASF, " sont une première étape vers la restructuration urgente du marché européen des plastifiants, caractérisé par des surcapacités et une intense guerre des prix ". De fait, ces restructurations ont surtout été accélérées par l'achat, il y a un an, de l'usine Sisas à Feluy. C'est là qu'est fabriqué, depuis juillet dernier, le nouveau plastifiant phare de BASF, l'Hexamoll, utilisé dans les jouets pour enfant, les produits médicaux et l'emballage alimentaire, en remplacement des phtalates, soupçonnés de migrer dans le plastique. Dès lors, le glas a sonné pour cet atelier de Tarragone, peu armé face aux autres usines européennes, plus grandes et plus compétitives. Sur ce site, quarante salariés sont touchés par ces restructurations ; ils devraient bénéficier d'un plan social mis au point par BASF Española. Virginie Lepetit
L'Usine Nouvelle N°2837 du 05/09/2002

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