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L'Usine Aéro

Le mince espoir de sauver les satellites Galileo 

Hassan Meddah , ,

Publié le

Les experts de l’agence spatiale européenne cherchent un moyen de ramener les satellites sur leur bonne trajectoire notamment en puisant dans leurs réserves de carburant.

Le mince espoir de sauver les satellites Galileo © ESA

Les satellites Galileo placés sur une mauvaise orbite sont-ils définitivement perdus ? Les deux satellites, lancés vendredi 22 août par une fusée Soyouz, sont en effet sur une mauvaise orbite, environ 4000 km plus bas que l’orbite visée. La mission de les repositionner paraît impossible mais les ingénieurs européens veulent toujours y croire. Au centre de contrôle des opérations spatiales de l’agence spatiale européenne (ESA), située à Darmstadt en Allemagne, plusieurs dizaines d’ingénieurs renforcés par des experts du Cnes et d’OHB, le fabricant allemand des satellites, y travaillent. Cependant les chances d’aboutir restent minces. Rapidement après l’échec du lancement, Jean Yves Legall, le patron du Cnes et coordinateur interministériel pour la France du programme Galileo, n’avait pas caché que ce serait "compliqué" de rattraper la situation.

Le mince espoir réside dans le carburant emporté par chaque satellite. "Les satellites embarquent 70 Kg de carburant (de l’hydrazine, ndlr). Une partie de ce carburant pourrait être consommé pour ramener le satellite sur sa bonne trajectoire", explique-t-on du côté de l’ESA. Toutefois ce carburant est nécessaire pour assurer les 12 années de fonctionnement de la mission durant lesquelles le satellite doit opérer des mouvements pour se replacer et s’orienter correctement. Toute ponction dans les réserves de carburant réduira la durée de vie du satellite. "Reste donc à savoir si le jeu en vaut la chandelle", explique-t-on à l’ESA. Autre scénario possible pour tenter de reduire la casse: reconvertir la mission des satellites en mission scientifique notamment du fait de la charge utile dont une horloge atomique.

Une perte sèche de 135 millions d'euros

Par ailleurs, l’agence spatiale européenne a confirmé que ses satellites n’étaient pas assurés. Plutôt que de verser une prime d’assurance, l’agence a préféré faire fabriquer des satellites de secours. Ainsi, la constellation Galileo prévoit dès l’origine 24 satellites pour être opérationnelle et 6 satellites supplémentaires de secours, d’où une forme d’auto assurance, précise-t-on à l’ESA.

Si l’échec était confirmé, ce serait donc une perte sèche de l’ordre de 135 millions d’euros pour l’agence spatiale. Fabriqués en série par la société allemande OHB, les satellites coûtent à l’unité environ 35 millions d’euros. Il faut ajouter à cela la facturation du lancement, soit environ 70 millions d’euros pour une fusée Soyouz. Malgré cet échec, l’agence européenne envisage toutefois de s’appuyer d’une constellation de 30 satellites pour offrir ses services de radionavigation. Elle espère conserver son calendrier et de disposer de 24 satellites opérationnels en 2017, et 30 en 2020.

Hassan Meddah

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2 commentaires

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28/08/2014 - 00h33 -

Il a été dit que les satellites n'étaient pas assurés... les satellites "en trop" constituent en quelque sorte cette assurance...
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Nom profil

27/08/2014 - 05h34 -

Qu'en est-il des assurances éventuelles que prennent les agences pour de tels risque? 135 000 000 euros ce n'est pas une broutille. A moins que l'assurance en question c'est simplement l'Union européenne ? Dans ce cas là pas besoin d'assurance privée. Je me trompe ou non?
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