Le Midest, une opportunité pour les PME mécaniciennes d'Ile-de-France

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L'Ile-de-France tient salon au Midest cette semaine. C'est la quatrième fois qu'une action commune est menée en faveur de PME mécaniciennes de la région lors de ce rendez-vous de la sous-traitance industrielle. A cette occasion, L'Usine Nouvelle a rencontré Jean-Paul Planchou. Le vice-président de la région Ile-de-France revient sur la politique industrielle du Conseil régional.

Le Midest, une opportunité pour les PME mécaniciennes d'Ile-de-France © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

L'Usine Nouvelle - Le Midest se tient du 15 au 18 novembre à Paris-Nord Villepinte. Comment se traduit la présence de la région Ile-de-France sur ce salon de la sous-traitance industrielle ?
Jean-Paul Planchou - Le stand Ile-de-France a pour objectif d'accompagner cette année 55 entreprises franciliennes sur ce salon, et toujours de renforcer la visibilité de la filière mécanique régionale. Cette opération, d'un montant de 184 000 euros, s'inscrit dans le cadre du renouvellement du soutien de la région au plan filière Mécanique pour la quatrième année.

Pourquoi cet investissement est-il nécessaire ?
Il s'agit du plus grand salon mondial exclusivement consacré à la sous-traitance industrielle et retenu comme prioritaire par les industriels franciliens du secteur mécanique. En 2010, 64 PME ont participé au stand Ile-de-France, 45 en 2009 et 40 en 2008. Cette présence s'est révélée constituer une opportunité d'affaires et de communication indispensable à ces PME, qui bénéficient ainsi d'un accompagnement personnalisé et du bénéfice du ticket modérateur dans le cadre de ce plan.

Pouvez-vous nous en dire plus sur ce "plan filière Mécanique" ?
Ce dispositif a été le premier adopté dans le cadre du dispositif régional des "plans filières" issu du Schéma régional de développement économique (SRDE), qui couvre la période 2007-2012 et représente un budget d'environ 7,6 millions d'euros. Il vise à proposer une réponse d'ensemble cohérente aux problématiques soulevées, en agissant principalement sur deux leviers, que sont l'image et la valorisation de la filière et l'accompagnement du développement des entreprises.

Le soutien particulier à la filière mécanique d'Ile-de-France a ainsi été lancé en 2008. Cette année-là, la région a apporté un premier financement de 500 000 euros pour la mise en œuvre du "plan Méca" (dont 91 580 euros en soutien supplémentaire à la participation des 40 entreprises de la filière au Midest), renouvelé à la même hauteur pour l'année 2009 (dont 102 285 euros pour le Midest, avec 45 PME). En 2010, le soutien régional a encore été abondé à hauteur de 722 332 euros.

Outre cet objectif de renforcer la présence de la filière sur ce salon, il vise aussi à augmenter les moyens d'ingénierie et d'animation de projets du Comité mécanique Ile-de-France.

Au-delà de ce salon, quel soutien la région apporte-t-elle aux PME ? Ciblez-vous des secteurs en particulier ?
Nous avons choisi de donner la priorité aux PME de l'industrie et des services à l'industrie, en confirmant notre soutien à des secteurs comme l'automobile, l'aéronautique, la mécanique, les biotechnologies, les éco-activités... avec l'idée d'accroître la capacité de production francilienne et de préparer l'avenir.

Nous avons établi un double constat. Une faiblesse en nombre et en volume des PME-PMI et, en particulier, un manque patent d'ETI, les entreprises de taille intermédiaire, y compris dans les services à l'industrie. Aussi, toute notre politique est orientée pour contribuer à faire croître le nombre et la taille de ces entreprises. En 2011, il y a 4 500 sociétés industrielles et de services dans la région, de 50 à 250 salariés. D'ici à 2014, nous souhaiterions en compter 5 000. Pour ce qui concerne les ETI, qui sont une petite soixantaine seulement, nous voulons en doubler le nombre.

Comment comptez-vous y parvenir ?
A trois-quatre ans, je ne vois pas l'Europe revenir à des taux de croissance dynamiques. Les PME-PMI doivent donc se tourner vers le marché mondial. Pour cela, elles ont besoin de financements. C'est pourquoi nous avons triplé la puissance de tir de nos fonds d'investissements.

D'ici à 2014, 250 millions d'euros seront mobilisés auprès de quatre fonds au total, dont les fonds de développement Ile-de-France Capital et de capital-risque Cap Décisif. D'ici au début 2012, nous allons créer un nouveau fonds d'amorçage avec les Business Angel franciliens, pour un montant de 12 millions d'euros co-investis, et courant 2012, nous y ajouterons un fonds de consolidation de trésorerie.

Enfin, pour les PME-PMI qui ne peuvent pas s'adresser à ces fonds, nous mettons aussi en place avec Oséo un dispositif d'avances remboursables et de prêts participatifs au-delà du système de garantie actuel (qu'il est d'ailleurs prévu de porter jusqu'à 80 millions d'euros d'ici 2014, permettant ainsi de garantir au moins 1 milliard d'euros d'emprunts des PME-PMI d'Ile-de-France.

Plus globalement, quels sont les enjeux majeurs de l'industrie francilienne pour les années à venir ? PSA Peugeot-Citroën vient d'annoncer de lourds ajustements. Le constructeur est très présent dans la région, cela vous inquiète-t-il pour la filière ?
L'internationalisation des productions est liée à une évolution historique irréversible. Certains estiment que dans ce cadre l'Europe est naïve. Il faut regarder la réalité de plus près! Notre devoir, c'est d'adopter une attitude vraiment offensive, et dans cette perspective, créer et développer bien plus de PME-PMI créatrices d'emplois.

PSA Peugeot-Citroën réagit en fonction de ses marchés. Face à ce groupe, la Région ne pèse pas, avec un budget économique de quelques centaines de millions d'euros par an... Notre public, ce sont les PME-PMI. Dans le cas de PSA, c'est à l'Etat d'initier la démarche à laquelle la Région peut éventuellement collaborer, bien entendu.

Mais il y a quand même un problème, non ?
Oui, il y a notamment un vrai décalage entre la formation des hommes et les besoins économiques et sociaux à long terme. Mais notre industrie se doit d'évoluer. Nous n'avons pas eu la volonté politique d'anticiper comment on pouvait programmer, accompagner la mutation de notre industrie. Aujourd'hui, il y a une réelle prise de conscience... Regardez ce qui est engagé à partir des pôles de compétitivité. C'est un point de départ très encourageant.

Estimez-vous les PME suffisamment actives dans les pôles de compétitivité ?
Des progrès commencent à être enregistrés. C'est normal qu'il ait fallu près de cinq ans d'existence. On est sur la bonne voie collaborative entre grands groupes et PME. Et dans ce contexte, les régions sont devenues l'interface incontestable de l'Etat pour animer les écosystèmes régionaux, et ce même si la loi de 2004 ne leur donne pas suffisamment le leadership en matière de développement économique, ni les moyens d'ailleurs.

Propos recueillis par Catherine Moal

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