Le microlanceur du californien Astra n'ira pas au bout du "Darpa Launch Challenge"

Le microlanceur d'Astra devait effectuer son premier vol d’essai orbital entre le 17 février et le 2 mars. Après de multiples reports dus aux conditions météo, la dernière tentative a été annulée le 2 mars. L'entreprise californienne échoue ainsi au concours lancé par l’Agence américaine pour les projets de recherche avancée de défense (Darpa). Il visait à développer un lanceur capable de mettre en orbite des charges utiles de petite taille dans des délais record.

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Le microlanceur du californien Astra n'ira pas au bout du
Le microlanceur d'Astra devait mettre en orbite des nano-satellites de type cubesats.

Cela faisait des jours qu'il attendait sur le pas de tir Pacific Spaceport Complex de l’île Kodiak, au sud de l’Alaska (Etats-Unis). Le microlanceur d'Astra devait effectuer son premier vol d'essai orbital. Après plusieurs reports dus aux conditions météo défavorables, les équipes ont annulé la dernière tentative le 2 mars, à 53 secondes du lancement. « Un capteur a transmis des données inattendues qui auraient pu impacter le succès du vol », rapporte l’entreprise californienne dans un communiqué.

« Astra n'a pas été capable de lancer dans les délais imposés par le Launch Challenge », a commenté l'Agence américaine pour les projets de recherche avancée de défense (Darpa). Le microlanceur était développé dans le cadre du « Darpa Launch Challenge » : un concours visant à mettre au point un moyen de lancer des charges utiles de petite taille en quelques semaines. Après ce premier vol orbital, un second devait avoir lieu en mars.

« Un nouvel essai dès que possible »

« Nous restons déterminés à effectuer une mise en orbite et prévoyons un nouvel essai dès que possible », a ajouté Astra dans son communiqué. Mais à ce jour, aucune date précise n'est avancée. Et si ce tir devait avoir lieu, la charge utile serait différente de celle prévue pour le concours. Celle-ci a été retirée par la Darpa, indique le site The Verge.

Créée en 2005 sous le nom de Ventions et devenue Astra en 2016, l'entreprise californienne est l'une des nombreuses engagées dans le développement de microlanceurs. Ceux-ci sont dédiés aux lancements de nano-satellites. Le plus avancé est aux Etats-Unis : avec son microlanceur Electron, Rocket Lab a déjà effectué plusieurs lancements commerciaux depuis 2018 . Le premier vol d'Alpha de l'entreprise texane Firefly Aerospace est attendu pour cette année. Idem pour Launcher One de Virgin Orbit, filiale du groupe Virgin. Côté français, Venture Orbital Systems s'est récemment lancé dans la course avec son Zephyr.

Une charge utile connue un mois à l’avance

Avec son « Darpa Launch Challenge », l’agence américaine souhaitait se doter d’un microlanceur ultra-réactif. « Contrairement aux lancements traditionnels pour lesquels les informations sur la charge utile sont données des mois à l’avance, les détails de la charge utile pour ce premier lancement ont été partagés avec l’équipe d’Astra le 22 janvier 2020 », précise la Darpa sur le site internet du concours. Soit cinq semaines avant le lancement.

La charge utile a été intégrée dans la coiffe du microlanceur directement sur le pas de tir. Elle était constituée de trois cubesats (unité de base des nanosats, mesurant 10 cm x 10 cm x 10 cm), qui devaient être déployés en orbite, et d’un système qui devait rester attaché au deuxième étage du lanceur. Ce dernier était fourni par l’entreprise Tiger Innovations tandis que les cubesats venaient de l’université de Floride du Sud et du laboratoire national de Los Alamos.

Transport par conteneur

Le microlanceur a été fabriqué dans l’usine d’Astra à Alameda, à côté de San Francisco (Californie, Etats-Unis). Entièrement assemblé, il a été transporté dans un conteneur par avion et en camion jusqu’en Alaska. L’entreprise affiche l’ambition d’en construire une centaine par an grâce à des méthodes de fabrication inspirées de l’industrie automobile.

Haut de 11,6 mètres pour 1,32 mètre de diamètre, le microlanceur est composé de deux étages. Le premier est doté de cinq moteurs oxygène-kérosène, baptisés « Delphin » et capables de fournir une poussée de 26,7 kilonewtons (6 000 pounds) chacun, indique le site Arstechnica. Selon Nasaspaceflight, les pompes qui les alimentent fonctionnent grâce à des moteurs électriques, comme les moteurs Rutherford de Rocket Lab. Le deuxième étage du lanceur est lui aussi doté d’un moteur baptisé Aether.

Deux tests suborbitaux

Astra a déjà effectué deux vols tests suborbitaux depuis le pas de tir de l’île Kodiak, respectivement le 20 juillet et le 29 novembre 2018. Peu d’informations sont disponibles sur ces deux essais. Si l’entreprise californienne parle de succès, mis à part le fait que le deuxième vol était « plus court que prévu », le site SpaceNews parle d’échecs ou d’incidents, rapportant les propos de l’administration fédérale américaine de l’aviation (FAA).

Sélectionnée en mars 2019 parmi les finalistes du « Darpa Launch Challenge », Astra ne recevra pas la récompense prévue. Elle devait recevoir 2 millions de dollars (M$) en cas de succès pour ce premier vol et le droit de tenter un deuxième lancement, courant mars. En cas de succès pour ce second vol, elle aurait reçu 10 M$. En 2020 et 2021, elle envisage de proposer des lancements commerciaux de satellites de 50 kg à 150 kg sur des orbites héliosynchrones à 500 km d’altitude. Les réservations sont déjà ouvertes sur son site web.

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