Le meilleur ennemi des constructeurs français en Chine

En plein salon de l'automobile de Pékin, Renault a annoncé qu'il allait travailler avec DongFeng pour produire ses voitures en Chine. Ce groupe, partenaire de Nissan, Honda et Kia, travaille aussi avec PSA, depuis 1992. Mais est-il un partenaire loyal ?

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Le meilleur ennemi des constructeurs français en Chine

DongFeng, c’est un peu le meilleur ami des constructeurs français en Chine. C’est lui, le troisième constructeur du pays, qui doit les aider à se faire une place de choix sur le premier marché mondial de l’automobile. Renault vient d’annoncer officiellement ses fiançailles avec ce groupe créé par Mao en 1969 et PSA Peugeot-Citroën convole en juste noce avec lui depuis 1992.

Cette amitié -aujourd’hui au beau fixe- est tout sauf gratuite. Pour que le fil se noue et ne se rompe pas, elle se révèle même très intéressée. Ainsi, PSA, qui avait un temps espéré pouvoir donner une seconde vie en Chine à des modèles jugés désuets en Europe (comme la ZX), a dû accepter d’industrialiser ses meilleurs modèles (comme la 508) dans l’ex-Empire du milieu. Quant à la marque au losange, elle devra offrir sa technologie de voiture électrique pour que son ami chinois accepte de l’héberger…

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On a beau dire mais ces cadeaux ne manquent pas d’étonner l’observateur. Bien sûr, certains affirmeront que nul ne peut faire l’impasse sur ce marché. Que la place que prennent les Français, d’autres l’auraient prise s’ils l’avaient refusée. Bref qu’ils n’avaient guère d’autres choix que d’accepter ce deal s’ils voulaient demeurer présents sur la planète automobile. Mais quand même…

Nos constructeurs devaient-ils donner le meilleur de leur savoir-faire et de leur portfolio pour se faire une place au soleil ? La question mérite d’être posée. On ne peut s’empêcher de penser que ces technologies vont servir de ferments pour faire émerger demain un nouveau concurrent puissant.

Ô bien sûr à court terme, il n’y a pas grand-chose à craindre de Dongfeng. Sa marque Fengshen (dieu invincible) ne compte "que" quelques modèles, il ne vend "que" 2,1 millions de voitures, il ne réalise "que" 15,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires et il ne produit aucune technologie en propre… Mais, demain, fort de sa rentabilité à deux chiffres, il pourrait devenir un redoutable partenaire. L’ami chinois des constructeurs français deviendrait alors leur meilleur ennemi…

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