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L'Usine Santé

Le meilleur de la conférence façon TED des Français de la pharma

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Le19 novembre, à la Gaîté Lyrique, l’industrie pharmaceutique s’est inspirée des conférences TED, ces mini interventions vulgarisatrices qui cartonnent aux Etats-Unis. Sur scène, neuf "explorateurs de la santé". Récit.

Le meilleur de la conférence façon TED des Français de la pharma © Dominique Noel

De l’émotion, une pointe d’humour, de la transmission de savoirs et un message délivré. Le mardi 19 novembre au soir, le syndicat de l’industrie pharmaceutique (Leem) s’inspirait des conférences TED (Technology, Entertainment and Design), ces courtes interventions qui cartonnent aux Etats-Unis pour vulgariser des "idées qui valent la peine d'être diffusées". Dans le public de la Gaîté Lyrique, à Paris, 400 personnes, principalement des étudiants en école de commerce ou pharmacie. Le thème ? "Biotech, les nouveaux explorateurs de la santé". Défilent donc sur scène "neuf pionniers de la médecine de demain", dont les "nouveaux traitements suscitent curiosité, questions voire inquiétude", annonce le Leem. Habits noir, micro discret, antisèches parfois à la main, ils ont dix minutes chrono pour convaincre.

"Vecteurs lentiviraux", pas facile a placer dans un diner mondain !

Le résultat ? Pas mal pour une première fois. 19h30. Pas facile d’ouvrir le bal pour Annick Schwebig, la présidente du comité biotech du Leem, qui se lance dans un tour d’horizon des innovations qui s’apprêtent à révolutionner la santé : les puces à ADN pour détecter les anomalies génétiques, le cœur artificiel, les dispositifs de suivi à distance de la prise de médicaments… Une petite touche d’humour n’aurait pas été de trop, mais la vulgarisation est là. Mention spéciale à Renaud Vaillant, de la biotech de Theravectys, capable de raconter avec simplicité et dynamisme le développement d’un vaccin thérapeutique contre le virus du Sida. "Vecteurs lentiviraux", "cellules dendritiques" : des "mots clés que je vous propose d’utiliser dans vos diners mondains", s’amuse le jeune ingénieur.

Quand la vulgarisation coince... le public décroche

Martine Clozel, pédiatre devenue entrepreneur pour cofonder la biotech Actelion, n’hésite pas à mettre sur l’écran géant des photos d’elle, jeune chercheuse avec son mari Jean-Paul, pour illustrer son parcours. Puis Marc Peschanski, fondateur de l’Institut des cellules souches (I-Stem), dévoile avec passion les promesses de la médecine régénératrice en utilisant les cellules souches embryonnaires. Et secoue les industriels. "Nous avons absolument besoin que de grands laboratoires pharmaceutiques prennent des risques", pour que ces traitements ne s’adressent pas qu’à quelques dizaines de personnes alors que des millions sont concernés dans le monde. 

21 heures. La vulgarisation reste un exercice difficile. Serge Picaud, cofondateur de l’Institut de la Vision, nous perd lorsqu’il évoque le public concerné par la prothèse rétinienne. "Ce sont les patients atteints de dégénérescence des photorécepteurs, comme les patients atteints de rétinopathie pigmentaire ou ceux atteints de dégénérescence maculaire liée à l’âge "… Mais la projection d’une vidéo bluffante d’un patient aveugle opéré, désormais capable de lire des mots, ranime le public.

Pathos et message final

En jean, Laurent Lévy, patron de Nanobiotix, entreprend de démontrer le champ des possibles des nanoparticules pour traiter le cancer, quitte à citer l’expression favorite d’un autre "explorateur", Buzz L’Eclair : "vers l’infini et au-delà" ! S’ensuit une séquence émotions avec le récit de Florence Loubeyré, directrice d’une agence de design. Le jour où elle a appris qu’elle était atteinte d’un cancer du pancréas. Le contraste entre l’innovation des traitements et la façon dont la société considère ses malades, qui ne l’est toujours pas. Rafraichissante, l’intervention du sociologue Gérald Bronner sur les croyances, frein à l’acceptation sociale des innovations technologiques. Sur-représentées sur Internet, elles nous transformeraient en "hypocondriaques permanents ", à tel point que " face à une assiette, on a plutôt envie de se souhaiter bonne chance que bon appétit !", ironise-t-il. "Notre esprit est ainsi fait que nous nous orientons d’abord vers les risques, plutôt que les bénéfices ", estime-t-il. Avant d’appeler à plus de neutralité pour laisser sa chance à l’innovation. 

Une parfaite transition pour permettre au président du Leem, Patrick Errard, de conclure. Sobrement, mais le message est clair. "Tout ce que nous venons d’entendre est le symbole de cette chance que nous attendons pour nos enfants." (…) "Compétitivité et attractivité. Quel sens donner à ces mots quand l’industrie du médicament et les biotechs sont considérées comme une variable d’ajustement économique, un problème, alors que ce soir, elles apparaissent comme une solution ?"  Un message qui valait manifestement la peine d’être diffusé, pour l’industrie pharmaceutique.

Gaëlle Fleitour

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