Le Medef veut une Union européenne au service de la compétitivité

A un peu plus d'un mois des élections européennes, le Medef a tenu son conseil exécutif à Bruxelles pour signifier son engagement en faveur de la construction européenne. Une chantier qu'il faut orienter pour améliorer la compétitivité des entreprises du continent à l'heure de la mondialisation.

 

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Le Medef veut une Union européenne au service de la compétitivité

Il y a à peine un an, en pleine campagne pour la succession de Laurence Parisot, Pierre Gattaz avait fait entendre sa petite musique sur l'Europe qui devait être "ouverte, pas offerte". Devenu président du Medef, Pierre Gattaz a repris la ligne de sa prédécesseuse, s'engageant pour la construction européenne. "Pour nous, entrepreneurs français, il est important d'avoir une Europe forte", a ainsi souligné le président du Medef lors d'une rencontre avec la presse, lundi 14 avril en fin de matinée.

Pour le symbole, le Conseil exécutif mensuel a été délocalisé. Ce dernier s'est tenu exceptionnellement non pas avenue Bosquet, au siège du Medef, mais à Bruxelles dans les locaux de Business Europe, la fédération des patronats nationaux. C'était, insiste le Medef, une première dans toute l'histoire de l'organisation patronale.

Critiques sur la politique de la concurrence

Engagement et soutien à l'Union européenne n'interdisent pas quelques critiques sur la façon dont se fait la construction européenne. Obsédé par la compétitivité des entreprises françaises et européennes, le Medef a regretté la philosophie qui prévaut en matière de politique de la concurrence. Notamment lors des opérations de fusions-acquisitions entre entreprises européennes où il souhaiterait que le marché pertinent pour juger d'une éventuelle position dominante soit le marché mondial et non pas le marché européen.

Pierre Gattaz a cité l'éternel exemple de la fusion empêchée entre Legrand et Schneider il y a…10 ans. Pour le Medef, la direction de la concurrence ne doit pas s'opposer au nom de sa doctrine à la constitution de géants européens, à même de devenir ensuite des acteurs de premier plan dans la mondialisation.

Ce changement de méthode dans l'appréciation des abus de position dominante doit être inscrit dans les textes, car sinon, explique Loïc Armand, le monsieur Europe du Medef : "la direction de la concurrence a beau jeu de dire que la liste des opérations qu'elle a interdite est courte. Car elle ne tient pas compte de toutes les opérations que les entreprises n'ont pas osé lui soumettre pour examen." Avant de préciser qu'évidemment, "le Medef est favorable à la concurrence. Mais il ne faut pas tomber dans l'idéologie de la concurrence."

Crise de sens en Europe

La réflexion européenne du Medef s'inscrivant dans le cadre de la mondialisation, Pierre Gattaz a affirmé son soutien au projet d’accord de libre échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis, projet dont la négociation a déjà commencé. C'est pour le Medef un élément important pour assurer le développement des échanges entre les deux continents. Pierre Gattaz espère que les négociateurs européens réussiront à obtenir davantage de réciprocité dans l'accès au marché public, des normes harmonisées et un progrès en matière de "convergence sur la réglementation des services financiers".

Au-delà de cet accord, et toujours pour soutenir la compétitivité, le Medef et ses partenaires européens souhaiteraient que l'Union européenne développe une "politique ambitieuse pour l'énergie" et une "politique forte en faveur de la recherche-développement et l'innovation", a rappelé Pierre Gattaz. Sans donner davantage de précision sur les mesures à prendre.

Toutes ces politiques créeront de l'adhésion, si le cap est précisé, a-t-il indiqué en réponse à une question sur la montée des mouvements anti-européens actuellement à l'oeuvre. "Ne pas savoir où l'on va est extrêmement anxiogène, stressant", a-t-il indiqué. Ce qu'a confirmé Bernard Spitz, le président du pôle International du Medef, "Il y a un manque de sens, d'explications et nous allons devoir faire avec le parlement qui pourrait être le moins européen de l'histoire."

Un exécutif stable et permanent de la zone euro

Sur les critiques contre l'euro surévalué, Pierre Gattaz s'est contenté du service minimum, indiquant qu'il était "sensible à cette question". Le Medef réclame cependant un "exécutif stable et permanent de la zone euro". Il a précisé sa vision : ce serait un "super ministre des finances" à plein temps et non un conseil des ministres des différents pays de la zone. En outre, cet exécutif devrait rendre des comptes non pas devant le Parlement européen, mais devant les Parlements nationaux. Parmi ses missions figurerait la gouvernance de la zone euro en faveur de la compétitivité et la représentation de la zone dans les instances internationales.

Pierre Gattaz a pû parler de ces propositions au président de la Commission José Manuel Barroso et à Bernadette Ségol, la secrétaire générale de la confédération européenne des syndicats, qu'il a rencontrés, lundi 14 avril, dans l'après-midi.

Pour montrer sa pleine implication,le Medef va organiser des rencontres sur l'Europe dans les Medef territoriaux. Cela débouchera sur un colloque qui se tiendra avenue Bosquet, le 24 avril prochain. En outre, son université d'été qui se tiendra comme chaque année à la fin du mois d'août à Jouy-en-Josas aura pour thème "La France en 2020". L'Europe sera un des cinq leviers mis en lumière par le Medef.

Christophe Bys

La simplification : une méthode à décliner
A Bruxelles, pourtant venu pour parler d'Europe, Pierre Gattaz a commenté la situation de l'économie française. Il souhaite que l'objectif de ramener à 3 % le déficit budgétaire en 2015 soit maintenu. "Je suis pour le respect es engagements", a-t-il indiqué. En outre, alors que les conclusions du conseil de la simplification de Mandon et Poitrinal étaient en cours de présentation à Paris, Pierre Gattaz a indiqué que la méthode pourrait servir pour réduire les dépenses publiques en France, en associant un chef d'entreprise et un responsable de la fonction publique pour trouver les dépenses à geler. Pierre Gattaz a indiqué qu'il souhaitait que les dépenses de l'Etat soit gelées pour les trois ans à venir, ce qui débouche sur 90 milliards d'économie en trois ans. D'après ses calculs, la hausse tendancielle des dépenses publiques, si rien n'est fait, est de 30 milliards chaque année.

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