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"Le Medef doit porter l’initiative des réformes sur l'emploi !" d'après Hervé Lambel

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Tribune

Le Medef doit porter l’initiative des réformes sur l'emploi ! d'après Hervé Lambel © Cerf

Les partenaires sociaux viennent de signer un accord sur la sécurisation de l’emploi à la demande du gouvernement, au terme de plusieurs mois de négociation.

Qualifié comme étant le plus important depuis 30 ans, il permettra au mieux, pour reprendre les mots de Jacques Freyssinet, "de favoriser la création d’emplois en cas de reprise économique".

Le rôle du Medef est de s’assurer de cette reprise et des conditions qui la rendront possible.

La première organisation représentative du patronat français doit donc engager les réflexions et mener les débats qui permettront de dégager la vision que nous voulons défendre de l’économie et des entreprises auprès des pouvoirs publics. Ce doit être la priorité à quelques mois du renouvellement de son président. Trop nombreux sont les mois déjà perdus.

Trois constats doivent être dressés suite à l’accord signé ce vendredi 11 janvier :

- Les partenaires sociaux n’ont pas su avoir l’initiative sur une question majeure qui relève de leur champ de compétence ;
- La question de la légitimité de ces partenaires est posée, tant par les parcours individuels des négociateurs (majoritairement issus de la fonction publique ou des instances syndicales), que par la représentativité relative des signataires (30% de la représentation syndicale), sans oublier celle des syndicats patronaux et salariés (représentant 8% de leurs "mandants") ;
- L’accord qui devait être historique est de portée limitée et ne répond pas aux enjeux de la situation économique et sociale en France.

Alors qu’un signe positif avait été envoyé par le gouvernement avec l’adoption du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), après les errements des hausses de prélèvements intervenus ces derniers mois, ce sont les partenaires sociaux qui se fourvoient dans une hausse du coût du travail, sans apporter les garanties nécessaires au développement de l’activité économique.

La taxation des contrats courts en cas de hausse temporaire d’activité représente une hausse du coût du travail de 0,5 à 3%, au moment où les entreprises tentent de s’ajuster au mieux aux variations de l’activité économique, et donc d’accrocher la croissance. Les entreprises françaises sont si performantes que nous décidons de leur mettre des poids supplémentaires au moment de courir un sprint…

Cette disposition voulue pour lutter contre la précarité ignore un fait, les entreprises françaises sont les plus précaires de l’OCDE avec un taux de défaillance supérieur à celui de nos principaux partenaires et concurrents économiques, et une réalité économique, les emplois sont financés par l’activité.

Il est ainsi regrettable que les partenaires sociaux se soient refusés à admettre que le recours croissant à ce type de contrats était la conséquence d’un manque d’activité et des biais existants sur le marché du travail. Cette absence de diagnostic partagé conduit nécessairement à l’absence du traitement des causes d’une situation déplorée par tous.

Le recours obligatoire aux mutuelles pour tous coûtera également près de 1 milliard d’euros aux entreprises. Soit une augmentation au niveau du smic de 1,5% dont il était rappelé récemment les impacts négatifs sur l’emploi. Il ne s’agit pas ici de nier l’intérêt de la mise en place d’une meilleure couverture des frais de santé des salariés, mais d’en mesurer les effets secondaires, notamment en matière d’emploi, au moment où la lutte contre le chômage est annoncé comme étant la priorité du gouvernement. Du côté salarié, les nouveaux bénéficiaires commenceront par supporter une baisse du salaire net perçu, alors qu’ils ont déjà dû subir la re-fiscalisation des heures supplémentaires.

Enfin, sur les questions de la préservation de l’activité économique et donc des entreprises, l’accord sur la sécurité juridiques des relations de travail, tant attendu, est reporté sans garantie d’aboutir.

Si cet accord porte malgré tout en lui un certain nombre d’avancées, force est de constater qu’il n’atteint pas l’objectif fixé et ne répond pas à l’urgence de la situation.

Il appartient donc au Medef, à ses instances dirigeantes et donc aux futurs candidats de porter leur diagnostic et les solutions à mettre en œuvre pour remplir la mission qui leur est confiée.

Il revient donc au Medef, à défaut des autres organisations, de porter des propositions ambitieuses et reprendre la voie des négociations, tant avec les autres partenaires patronaux que salariés.

Je crois pour ma part à la nécessité d’une réforme fiscale, tant sur le plan de la TVA interentreprises ou de l’investissement pour répondre aux besoins de financement de l’économie par exemple.

Je crois à la nécessité d’une réforme du financement de la protection sociale, qui représente des défis majeurs sur lesquels la France est encore attendue.

Je crois à la nécessité de poser les questions d’autonomie, d’indépendance, de sécurité, dans un monde en pleine redistribution des cartes politiques, économiques, alimentaires et productives. De celles-ci découleront les orientations stratégiques, industrielles, innovantes et commerciales qui permettront le développement des entreprises, des TPE aux grands groupes en passant par les ETI.

Je crois que le retour à l’initiative et à l’ambition ne peut en fait venir que du patronat qui doit montrer l’exemple en acceptant de se réformer. Tant sur le plan des organisations patronales, dont l’organisation et la gouvernance doit évoluer, que des patrons qui doivent se mobiliser pour redonner la légitimité du nombre aux organisations qui les représentent.

C’est de la responsabilité d’un président du Medef.

Hervé Lambel,
Candidat à la présidence du Medef

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