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L'Usine Maroc

Le Maroc veut mobiliser 7 milliards d'euros pour le développement des provinces du Sud

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Publié le , mis à jour le 10/11/2015 À 18H30

Industrie, infrastructures, social... le Maroc a mis les petits plats dans les grands pour annoncer un plan de développement des provinces du sud, le Sahara occidental pour la communauté internationale,  à l'occasion du 40 ème anniversaire de la "marche verte" et de la visite du roi Mohammed VI à Laâyoune. En perspectives : environ 7 milliards d'euros d'investissements publics et privés sur une décennie.

Le Maroc veut mobiliser 7 milliards d'euros pour le développement des provinces du Sud
Une cérémonie présidée par le roi du Maroc, en présence du chef du gouvernement, les ministres concernés, les autorités locales et même le patronat a eu lieu Place du Méchouar, à Lâayoune au sud du pays.
© map

Les « provinces du Sud » du Maroc ont été l'objet de toutes les attentions à l’occasion d’un déplacement spectaculaire les 6 et 7 novembre du roi Mohammed VI à Laâyoune, le premier depuis près de 10 ans. Un voyage destiné à marquer le 40ème anniversaire de la « marche verte », cette entrée en masse en novembre 1975 de milliers de marocains dans l’ex-Sahara espagnol à l’initiative du roi Hassan II.

Cet évènement, on le rappelle, conduisit à l’annexion de facto par le Maroc de la plus grande part de cette région de 260 000 km2 intégrée depuis comme un territoire du royaume, même si elle demeure, aux yeux de la communauté internationale dénommée le Sahara occidental, au statut pendant, et reste revendiquée par les nationalistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par l'Algérie.

Pour réaffirmer avec force (c'est une priorité absolue de l'agenda politique du pays) la « marocanité » de ces provinces, et à l’heure du projet conduit à l’échelon national de régionalisation avancée (décentralisation), les autorités marocaines et Mohammed VI ont donc multiplié les engagements et lancé de très nombreux projets économiques et sociaux le week-end dernier à Laâyoune.

Outre les aspects politiques dans son discours radiotélévisé (encadré), le roi a lancé "nous voulons opérer une véritable rupture avec les méthodes adoptées jusque-là dans la prise en charge des affaires du Sahara : rupture avec l’économie de rente et des privilèges et la défaillance de l’initiative privée, et rupture avec la mentalité de la concentration administrative".

Le lendemain, une cérémonie sur les projet de développement de la région présidée par le roi du Maroc, en présence du chef du gouvernement, les ministres concernés, les autorités locales et le patronat a eu lieu Place du Méchouar, à Lâayoune, samedi 7 novembre.

Le ministre de l’Économie et des finances, Mohamed Boussaïd a ainsi présenté devant le roi les grandes lignes du « nouveau modèle de développement des provinces du Sud » visant la création de pôles économiques dans ces régions semi-désertiques et tablant notamment sur la promotion du secteur agricole, celui de la pêche maritime ou de l’éco-tourisme. Sans compter les infrastructures et l'industrie.

Montant prévu de ces programmes qui doivent s’étaler sur une dizaine d’années : 77 milliards de dirhams, soit environ 7 milliards d'euros (1 000 dirhams = 92 euros). Ceux-ci devant générer la création de 120 000 emplois.

Au niveau industriel, un nouveau développement du secteur phare des phosphates est prévu. Ainsi, le géant des phosphates marocains OCP, serait paré pour la réalisation d’un nouveau complexe industriel pour la production d’engrais (16,8 milliards de dirhams) à travers sa filiale Phosboucraa (photo) qui exploite déjà des gisements de phosphates autour de Laâyoune.

Sur le plan de l'infrastructure sociale, via la Fondation Phosboucraa, il est prévu notamment la construction d'un Centre hospitalier universitaire à Laâyoune et une technopole à Foum El Oued pour un montant de deux milliards de dirhams. Cette dernière abritera l’Université multidisciplinaire Mohammed VI de Laâyoune, un lycée d’Excellence et un Centre de qualification des compétences.

El Houssaine El Ouardi, ministre de la Santé a précisé que le CHU d'un coût de 1,2 milliard de dirhams d’une capacité de 500 lits offrira des prestations de troisième génération.

Plus général, le volet ''Durabilité et connectivité'', se fixe pour sa part notamment les objectifs de la protection des richesses hydriques et halieutiques, le développement des énergies renouvelables et la préservation des systèmes naturels et de la diversité.

A cette occasion, la présidente de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Miriem Bensalah Chaqroun, a appelé à la mobilisation d’investissements et à la création d’emplois.

Représentant un montant de 5,4 milliards de dirhams, les projets identifiés par la CGEM sont au nombre de 59 pouvant à terme créer de 10 300 emplois.

Ces projets multisectoriels sont répartis entre l'industrie (13 projets de 983 millions dirhams pour 3 011 emplois), l'immobilier (5 projets pouvant générer 6 005 emplois) et le commerce et les services (montant de 181 millions de dirhams pouvant créer 150 emplois).

 grand port Atlantique de Dakhla

Au niveau des infrastructures, Aziz Rebbah, ministre de l’Équipement a présenté un projet de réaménagement de la RN1 sur près de 1055 km entre Tiznit et Dakhla d'un montant de 8,5 milliards de dirhams dans un délai de six ans.

Le Maroc compte aussi construire le « grand port Atlantique de Dakhla », réaliser d’importants projets d’énergie solaire et éolienne et connecter la ville de Dakhla au réseau électrique national.

Le roi a aussi "invité le gouvernement à réfléchir à la mise en place dans les provinces du Sud d’un hub de transport aérien desservant l’Afrique, [et] (,,,) une ligne ferroviaire de Tanger à Lagouira, pour relier le Maroc au reste de l’Afrique".

Il a aussi évoqué un projet d'usine de dessalement à Dakhla.

Sur le plan agricole, Aziz Akhannouch, ministre de l'agriculture a lui présenté deux projets portant sur la mise en valeur de 1 000 hectares à Boujdour pour un montant de 465 millions de dirhams pour le premier et le développement d'un programme de l’agriculture solidaire pour 1,1 milliard de dirhams.

Le roi du Maroc a présidé le 7 novembre la cérémonie de signature de cinq conventions relatives à la mise en œuvre de « ce modèle de développement des provinces du Sud ».

Au final, la stratégie du Maroc est de faire de cette région une sorte de « hub » entre le royaume et l’Afrique subsaharienne, région dans laquelle le royaume conduit depuis plusieurs années une importante offensive à la fois diplomatique et économique.

N.D.

Actualisation : le roi malade

Mohammed VI souffrant d'un "syndrome grippal aigu" a interrompu sa visite dans le sud ce début de semaine. Le médecin du roi "a prescrit la suspension des activités du Souverain pour une période allant de 10 à 15 jours", selon un communiqué du palais publié le mardi 10 novembre dans l'après-midi.

 

 

L'imbroglio saharien
Dans son discours du 6 novembre à Laâyoune, le roi a réaffirmé avec force la « marocanité » du Sahara. Il s’en est pris nommément à l’Algérie, notamment sur les conditions d’accueil des réfugiés et populations sahraouis dans le camp de Tindouf, en territoire algérien. Sur la question du statut du Sahara, le roi campe sur la ligne « d’Initiative d’autonomie [en 2007 NDR] pour les provinces du Sud, dont la communauté internationale a reconnu le sérieux et la crédibilité ». En indiquant, « cette Initiative est le maximum que le Maroc peut offrir. Son application reste tributaire de l’impératif de parvenir à une solution politique définitive dans le cadre des Nations Unies ». Pour rappel, selon l’ONU, le statut du Sahara occidental est celui d’un « territoire non autonome », en attente d’un règlement définitif alors qu’il est revendiqué par ailleurs par la République arabe sahraouie démocratique (RASD conduite par le Front Polisario) soutenue par l’Algérie et reconnue par l'Union africaine. Selon l’ONU, alors que le cesser le feu entre le Maroc et la Polisario remonte à 1991, le règlement doit passer par un référendum dont est en principe chargée la Minurso (Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental). Ce 6 novembre au soir, à Laâyoune plusieurs milliers de personnes ont manifesté devant le siège de la Minurso pour réclamer son départ.  De son coté dans un communiqué du 5 novembre, Ban Ki Moon, secrétaire général des Nations Unies avait "exhorté le Maroc et le Front Polisario à entamer un processus de négociation pour parvenir à une solution politique mutuellement satisfaisante qui permette l'autodétermination du peuple du Sahara occidental". Pour rappel, ce sujet du Sahara a eu ces dernières semaines des implications dans le monde des affaires au Maroc, touchant la Suède. L’ouverture du premier magasin Ikea du Maroc qui était fin prêt a ainsi été reportée sine die fin septembre après une vive polémique. Selon les autorités marocaines, certains parlementaires suédois de la majorité voulaient initier un vote au sein du parlement sur la reconnaissance de la RASD, bien que le gouvernement suédois s’en soit défendu. Le magasin Ikea de Casablanca qui a nécessité des millions d’euros d’investissement avait été simultanément interdit d'ouverture la veille de son inauguration. Il reste fermé depuis. P-O. Rouaud

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