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L'Usine Maroc

Le Maroc veut faire les yeux doux aux investisseurs chinois encore peu familiers du royaume

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Le Maroc a organisé le Sino-African Entrepreneurs Summit, les 26 et 27 novembre 2015, pour se positionner face au processus de délocalisation de l’industrie manufacturière chinoise. Pour l’heure, le Maroc ne compte qu’un nombre très réduit d’entreprises chinoises. Et le grand projet sidérurgique à Tanger de l'opérateur Shandong semble tombé aux oubliettes.

Le Maroc veut faire les yeux doux aux investisseurs chinois encore peu familiers du royaume © dr

 « Ici, au Maroc, j’ai vu partir des activités vers la Chine. On a vécu cela avec difficulté mais avec le sourire, parce que ce sont les règles du jeu : le plus compétitif récupère les emplois du moins compétitif. Les opérateurs chinois sont aujourd’hui à la recherche de source de compétitivité et certains viennent au Maroc », a avancé le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moulay Hafid El Alamy, devant une délégation d’une petite centaine d’entreprises chinoises, à l’occasion du premier ‘Sino-African Entrepreneurs Summit’ qui s’est tenu à Marrakech, les 25 et 27 novembre 2015, soit cinq jours avant le Sommet Chine-Afrique de Johannesburg.

« Nous avons décidé dans le Plan d’accélération industriel d’axer notre stratégie sur deux grands axes fondamentaux : l’Afrique avec la volonté de parvenir à une co-émergence et en avril 2014 on a annoncé une véritable stratégie avec la Chine qui à ce moment-là était considérée comme un peu farfelue », indique Moulay Hafid El Alamy, en référence au premier forum d’investissement Maroc-Chine organisé à Rabat le 1er avril 2014.

« Le Made in China est déjà ancré dans notre économie. En revanche, nous voulons aussi découvrir le Made by China in Morocco », avait plaidé la présidente de la CGEM, Miryem Bensalah-Chaqroun, lors du Forum économique maroco-chinois de Pékin, le 28 novembre 2014, il y a exactement un an. 85 millions d’emplois, combien au Maroc ?

"La Chine compte actuellement 85 millions de travailleurs dans des emplois peu qualifiés dans la fabrication qui devront être délocalisés ailleurs en raison de la hausse des salaires et des niveaux de productivité", analysait dès mai 2011, le vice-président de la Banque mondiale et économiste en chef Justin Yifu Lin.

Quatre ans plus tard, les industriels chinois opèrent des investissements dans le secteur de l’industrie manufacturière sur le continent mais le Maroc reste absent de cette tendance. "Sur les 75 milliards d'investissements chinois réalisés durant les neuf premiers mois de 2014 à l'étranger, dont 11 milliards de dollars en Afrique, seulement 160 millions de dollars ont été captés par le Royaume", révélait l’an dernier la présidente de la CGEM, à Pékin. Cela s'explique sans doute par l'abence d'importantes ressources de matières premières qui ont dans un premier temps au moins motivé les entreprises chinoises à s'implanter en Afriqaue.

Mauvais signal, le grand investissement de Shandong Iron & Steel Group  de 1,3 milliard de dirhams annoncé en juillet dernier suite à la signature d’un memorandum d’entente avec Moulay Hafid El Alamy, pour l’installation d’une usine de production de structures et de pipelines en acier dans la zone franche Tanger Automotive City semble tombé aux oubliettes sous l’effet de la surcapacité du secteur en Chine.

Dongfeng, Sinotruk, Zong Tong Bus, Baw

En fait, seules deux implantations industrielles au Maroc sont liées à des produits chinois : Riad Holding Motors et Auto Hall. La société marocaine Riad Holding Motors assemble depuis 2007 des camions chinois de marques BAW, Sinotruk et des bus Zhong Tong Bus, dans son usine de 20 000 m² à Ouled Hriz Sahel dans la province de Settat, pour les vendre ensuite au Maroc et en Afrique.

Autohall, distributeur des marques automobiles Nissan, Mitsubishi Motors et Fuso, a annoncé le 6 décembre 2013 avoir signé avec le constructeur automobile chinois Dongfeng, du groupe ZNA, pour l’assemblage et la distribution au Maroc et en Afrique de l’Ouest.

La société marocaine assemble déjà les camions de marque Fuso produits par Mitsubishi depuis 1974 dans son usine d’Aïn Sebaa.  Dongfeng va également accompagner l’implantation de PSA à travers la nouvelle plate-forme CMP (« Common Modular Platform »), qui sera déployée dans la future usine du constructeur, à Kenitra.  BTP et Télécommunication

Les autres entreprises chinoises présentes au Maroc ont intégré le marché du BTP "par la construction des autoroutes de Rabat et de Khouribga et la LGV", a énuméré Redouane Belarbi, secrétaire général du ministère de l’Equipement et des Transports, lors du sommet. Le pont à hauban de l’autoroute de contournement de Rabat achevé cet été a été réalisé par le groupement d’entreprises chinoises China Overseas Engineering Corporation (Covec) et Major Bridge Engeneering Compagny (Mbec) pour un contrat de 700 millions de dirhams.

La Covec est également l’une des sept entreprises à participer à la construction de la ligne à grande vitesse entre Tanger et Kenitra ; elle réalise aussi "son système de communication, très complexe", précise Rédouane Belarbi.

L’autoroute entre Casablanca et Khouribga, inaugurée cet été, a aussi été construite, en son tronçon Berrechid-Ben Ahmed,  par une autre entreprise chinoise : la China International Water and Electric Corporation (CWE). ZTE et Huawei, géant des technologies de la communication, sont également installés au Maroc.

Huawei vend ses smartphones aux particuliers mais travaille également avec Maroc Telecom sur les infrastructures que l’opérateur historique a en charge.

En juillet dernier, Maroc Telecom annonçait avoir fait appel à Nokia Ericsson et Huawei pour la modernisation de ses équipements mobile et le déploiement de son réseau 4G+.

Julie Chaudier, à Marrakech

 

 

 

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