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L'Usine Maroc

"Le Maroc traverse une phase de décélération du crédit", selon Laurent Dupuch, président du directoire de la BMCI

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Entretien L'Usine Nouvelle a demandé à Laurent Dupuch, président du directoire de la Banque marocaine pour le commerce et l'industrie (BMCI), cinquième banque du royaume derrière le leader Attijariwafa son avis sur la situation du crédit au Maroc. Selon lui, une conjoncture peu favorable mais aussi le moindre besoin de financement du fait de la baisse du prix du pétrole, expliquent le recul d'activité.

Le Maroc traverse une phase de décélération du crédit, selon Laurent Dupuch, président du directoire de la BMCI
Laurent Dupuch, président du directoire de la Banque marocaine pour le commerce et l'industrie (BMCI)
© bmci

Vous êtes président du directoire de la BMCI. Comment la présenter ?

BMCI est la cinquième banque privée au Maroc. Nous occupons 3200 personnes et possédons un réseau de 375 agences. Nous sommes présents à la bourse de Casablanca où 17% de notre capital est flottant. L'enjeu majeur pour notre croissance est basé sur le développement du crédit.

Justement, diriez-vous qu'il existe un problème d'accès au crédit au Maroc ?

Les entrepreneurs disent qu'ils ont parfois des difficultés à avoir des crédits... et les banquiers répondent qu'ils ont des difficultés à trouver de bons projets. En réalité, il n y a pas de difficulté pour accéder au crédit à partir du moment où vous avez des projets "bancables" (rentables NDR). Les fonds sont disponibles. De plus, que ce soit de la part des banques ou de la part des entreprises, il existe une réelle volonté au Maroc de développer le crédit.

Qu'est-ce qu'un projet "bancable" selon vos critères?

C'est d'abord un projet de développement qui correspond a un marché solvable pour une entreprise. Il faut aussi des ratios pertinents entre fonds propres et dettes. Il ne faut pas oublier que la banque est un intermédiaire financier qui prête l'argent qu'elle collecte auprès de ses clients. L'activité d'intermédiation financière représente d'ailleurs 75% du chiffre d'affaires des banques. Si une banque fait de la collecte sans redistribution non seulement elle ne joue pas son rôle mais se prive également de chiffre d'affaires.

Est-ce que cela résume l'attente du client ?

Bio express

Ingénieur en Télécommunications, diplômé d’un Master Entrepreneurs HEC. Laurent Dupuch débute sa carrière chez BNP Paribas en 1993 au siège de Bank BNP Lippo Indonesia / Jakarta en Indonésie de 1993 à1997. Au sein de l’entité International Retail Banking, il est Responsable Moyen Orient (2004-2005) et Responsable Europe de l’Est (2006-2007). En 2007, il est nommé administrateur directeur général de BNP Paribas Algérie. Depuis le 4 octobre 2013, il est président du directoire de la BMCI, filiale marocaine du Groupe BNP Paribas qui détient les deux-tiers du capital. En parallèle, Laurent Dupuch est notamment président de la Section Maroc des CCE et administrateur à la CFCIM.

 

Le client veut surtout une réponse rapide de sa banque soit positive soit négative mais argumentée et une structuration du crédit transparente. Contrairement à ce que l'on croit, le taux du crédit par exemple n'est pas le facteur le plus important.

Quelle est la situation du marché du crédit au Maroc ?

Nous observons une décélération des crédits depuis environ trois ans.

Comment l'expliquez-vous ?

La première explication est le lien qui existe avec la décélération de la croissance globale du PIB du Maroc. La stagnation des crédits bancaires peut aussi s'expliquer par la décompensation [fin progressive des subventions aux produits de base NDR] qui allège les finances publiques. Les banquiers ont ainsi enregistré des remboursements plus importants des crédits de la Caisse de compensation suite à la baisse des prix du pétrole.

A cela s'ajoute le cas d'un certain nombre de projets d'investissements arrivés à maturité qui font dégonfler la masse globale des crédits. Et ceux-ci ne peuvent repartir que dans le cadre de lancement de nouveaux projets.

Enfin, il existe d'autres causes qui sont davantage mécaniques. Ainsi, en 2015, la baisse des prix du baril de pétrole a provoqué de facto la baisse des encours en valeur des crédits qui finançaient le secteur des hydrocarbures et de la distribution des carburants, tout simplement car pour la même quantité de pétrole ou d'essence, il y a besoin de moins d'argent.

Le marché de l'immobilier est l'un des principaux consommateurs de crédit. Pourquoi est-il en crise ?

Dans le passé, au Maroc, il y a eu beaucoup de lancement de nouveaux chantiers avant même que les précédents ne soient écoulés. Les grands opérateurs immobiliers se trouvent donc dans l'obligation d'écouler leurs stocks. Donc quand on ne lance pas de nouveaux chantiers, ça ne remplit pas le carnet de commandes. Vous le savez, certains promoteurs se sont même retrouvés ainsi en difficulté et du coup ont lancé moins de chantiers. Aujourd'hui, nous sommes rentrés dans une phase de régulation et de renforcement de la trésorerie des opérateurs, ceci explique cela.

Comment voyez-vous l'année 2016 ?

Je n'ai pas de boule de cristal, mais je reste optimiste. Certes, nous savons que l'année 2015 n'a pas été une forte année de croissance de crédit et 2016 ne le sera pas non plus. Mais cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas étudier les dossiers et ne pas accorder de prêts.

Propos recueillis par Nasser Djama

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