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Le Maroc terre de mission pour l'économie allemande

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La visite de Sigmar Gabriel, vice-chancelier allemand, cette semaine à Rabat est un signal fort. L'objectif est d'encourager les investissements allemands au Maroc dans les énergies vertes, l'industrie ou la formation professionnelle, alors que le groupe Siemens va investir 100 millions d'euros à Tanger dans l'éolien. Mais au Maroc, Berlin reste de loin distancé par Paris et Madrid.

Le Maroc terre de mission pour l'économie allemande
Sigmar Gabriel vice-chancelier allemand et Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement marocain
© pm.gov.ma

Dynamiser les relations économiques entre Rabat et Berlin. Tel est le sens de la visite qu'effectue au Maroc le vice-chancelier de la république fédérale d'Allemagne Sigmar Gabriel à la tête d’une délégation imposante de responsables et d’hommes d’affaires.

La réunion entre les deux pays présidée par Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement le 18 avril à Rabat a été l’occasion de souligner la qualité de leurs relations, selon les termes officiels consacrés dans un contexte d'une dynamique particulière des échanges depuis la signature en 2013 de la déclaration de Rabat sur le partenariat maroco-allemand.

Cette dynamique a été marquée par la signature le 19 avril à Rabat d'une déclaration d'intention dans le secteur de l'énergie. Objectif : développer une vision commune de partenariat énergétique, à l’horizon 2050, prenant en compte les Stations de transfert d'énergie par pompage (STEP) marines et l’éolien offshore.

Autre exemple, une convention de partenariat a été signée ce même 19 avril à Rabat entre le Centre national pour la recherche scientifique et technique (CNRST) et la Chambre allemande de commerce et d’industrie au Maroc (AHK), cette fois dans le domaine du transfert du savoir-faire en matière de recherche scientifique.

Ces signatures cachent cependant une autre réalité : "Les investissements allemands ne représentent que 5% des investissements directs étrangers (IDE) au Maroc." comme l'avait fait remarqué à juste titre le 22 janvier 2015 à Marrakech, Miriem Bensalah Chaqroun, présidente de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). La patronne du patronat marocain avait alors précisé que près de 180 entreprises allemandes opéraient dans le Royaume.

En 2013, les échanges commerciaux entre le Maroc et l'Allemagne avaient atteints quelques deux milliards d'euros en 2013, soit 4,11% du total des échanges du royaume avec l'étranger avait souligné en 2014, le 2 octobre, à Casablanca, la commission économique mixte Maroc-Allemagne en présence de Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie et Uwe Beckmeyer, secrétaire d’État parlementaire allemand du ministère fédéral de l’Économie et de la technologie.

En termes d'IDE, les investissements directs allemands dans le Royaume se sont élevés alors à 118 millions d'euros en 2013. Cela représente seulement 3% des investissements directs étrangers drainés par le Maroc et 6 % du flux des investissements allemands en Afrique du Nord.

Pourtant, le terrain pour développer les échanges entre les deux pays semble s'y prêter. En matière d'investissement, le 3 mars de cette année, l'Allemagne a accordé au Maroc à travers sa banque de développement KFW, un principe de financement  de 400 millions d'euros pour la réalisation de la centrale solaire Noor Midelt de 400 MW. Un projet en PPP géré par l'agence publique Masen qui avait lancé un appel d'offres début janvier.

Côté entreprises, le groupe Siemens a officialisé le 10 mars 2016 la construction prochaine d’une usine de pales d’éoliennes à Tanger avec 700 emplois à la clé avec un investissement de 100 millions d'euros

Dans le câblage automobile, la filiale au Maroc du câbleur allemand Leoni Wiring System exploite quatre usines dans le royaume. Premier groupe allemand à s'installer dans la zone franche de Kénitra, là où PSA va construire sa future usine, l'allemand Kromberg & Schubert a fait état d'un investissement de 24 millions d'euros avec un objectif de création de 2 200 emplois pour livrer Volkswagen.

A cela s'ajoute, les promesses du groupe Volkswagen, basé à Wolfsbourg en Basse-Saxe et qui cherche à accroître son sourcing dans le royaume, selon les responsables de la filière au Maroc.

Historiquement, le Maroc qui réalise l'essentiel de ses échanges avec l'union européenne et notamment avec l'Espagne et la France voit ainsi une opportunité pour diversifier ses échanges en donnant plus de place aux échanges avec l'Allemagne, première puissance économique européenne.

Nasser Djama

 

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