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L'Usine Maroc

"Le Maroc pour Alstom, c’est 650 millions d’euros de contrats dans le ferroviaire"

Olivier Cognasse , , , ,

Publié le

Entretien Eolien, tramway, TGV, le groupe Alstom est sur tous les fronts dans le Royaume marocain. Explications et précisions sur sa stratégie avec Thierry de Margerie. Le président d’Alstom Maroc a accordé un entretien à L’Usine Nouvelle dans le cadre d’un dossier spécial consacré à l’économie marocaine.

Le Maroc pour Alstom, c’est 650 millions d’euros de contrats dans le ferroviaire © D.R. - Alstom

L’Usine Nouvelle - Depuis quand Alstom est implanté au Maroc ? Quel est votre poids dans ce pays ?
Thierry de Margerie - Depuis très longtemps, même si la création de la filiale a une quinzaine d’années. Aujourd’hui, les effectifs sont de 160 à 170 personnes en période d’activité normale. Mais ils sont régulièrement augmentés de 100  à 200 personnes quand nous procédons aux révisions de centrales thermiques. Alstom a installé la moitié des équipements ferroviaires et électriques de ce pays.

Quels sont les projets en cours dans les énergies renouvelables et les transports ?
Le Maroc souhaite  développer les énergies renouvelables. Elles devraient dépasser 40 % de la production électrique en 2020. Il existe des perspectives très importantes sur les éoliennes. Pour la transmission de l’énergie, le réseau doit être renforcé afin d’avoir des connexions à très haute tension avec l’Europe et l’Algérie.

En matière de transport, le tramway de Rabat a été livré. Celui de Casablanca est en cours de livraison. Nous avons le contrat pour la livraison du matériel roulant du futur train à grande vitesse. Il y aura aussi des opportunités en matière de maintenance sur ces différents réseaux. L’Office national des chemins de fer (ONCF) a également engagé un programme de modernisation du réseau ferré. Les locomotives, les rames de TGV et les tramways représentent tout de même pour nous une somme de 650 millions d’euros.

Dans l’énergie, un contrat est en cours sur les éoliennes (100 MW) pour 95 millions d’euros.  D’autres affaires se dessinent ; comme le projet de champs éolien à Taza, sur lequel nous sommes  très bien positionnés avec notre partenaire EDF Energies Nouvelles et dont la réalisation devrait commencer en 2013.

Sur quels appels d’offres êtes-vous actuellement ?
Il y a un grand projet de  centrale thermique  gagné par GDF Suez à Safi. Nous sommes mis en concurrence avec des Coréens Daewoo, Doosan, GS pour la réaliser. La décision sera connue en fin d’année. Nous remettrons une offre avec EDF EN cette année pour un grand appel d’offre sur l’éolien. Une décision devrait tomber mi-2013. Le potentiel est considérable et est de l’ordre de 1 000 MW accordé en une fois.

Quelle production est réalisée au Maroc ?
Nous avons surtout une présence en matière de service sur la maintenance et la réhabilitation des centrales thermiques comme à Mohammedia. Nous disposons d’équipes d’excellence qui interviennent également en Algérie et en Afrique de l’Ouest. Au niveau industriel, notre nouvelle usine de Fès s’inscrit dans le cadre d’une convention de partenariat stratégique signé avec l’état marocain ; elle est réalisée  en JV avec Nexans pour le câblage ferroviaire et débute sa production. En 2015, elle emploiera 300 personnes.

Quelle est la part de la sous-traitance marocaine ? Trouvez-vous toutes les compétences localement ?
Nous essayons de développer la sous-traitance marocaine, mais le tissu industriel dans nos métiers est encore jeune Aujourd’hui, il est plus facile de travailler avec des sociétés européennes basées au Maroc.

Quelle est la part du personnel marocain dans votre filiale ? Est-ce facile de recruter à tous les postes ?
Le personnel est essentiellement marocain. Il existe un vivier important de techniciens de d’ingénieurs identifiés par nos soins.  Nous avons passé trois conventions avec des écoles d’ingénieurs. Nous trouvons les qualifications que nous développons pour atteindre les niveaux de  performance, de sécurité et de qualité dont nous avons besoin. Nous sommes considérés comme un employeur attractif  dans la fourchette haute des salaires pratiqués.

Pour importer le matériel  fabriqué en France, rencontrez-vous des problèmes ?
Nous rencontrons beaucoup de bonne volonté de la part de la direction des douanes. Nous échangeons beaucoup d’informations et nous travaillons beaucoup en amont avec nos transitaires.

Comment se passe le financement ?
Jusqu’ici, nous apportions assez rarement le financement. Ce sont plutôt les institutions internationales. Aujourd’hui, il y a des projets, où il faut davantage s’investir. Nous travaillons avec les banques françaises et marocaines.

Croyez-vous dans le développement futur du Maroc ?
C’est un pays stable avec une politique de développement industriel et d’infrastructures cohérente. Et les projets sont réalisés.

Justement, le TGV marocain semble rencontrer une certaine opposition ? Où en est-on ?
Je comprends qu’un tel projet soit débattu, comme en France. Cela reste un projet du Maroc qui a emprunté dans de bonnes conditions. Sur 25 ans, il ne coûte que 50 millions d’euros par an. Et il va permettre l’embauche de 3 000 personnes pendant la phase de réalisation du chantier. La mise en service du TGV est prévue pour décembre 2015.

Propos recueillis par Olivier Cognasse

Dossier spécial Maroc dans L'Usine Nouvelle
A l’occasion de la publication d’un dossier spécial consacré au Maroc, L’usine Nouvelle revient cette semaine sur le développement de l’industrie dans ce pays. La politique d’ouverture aux investissements internationaux avec des moteurs comme Renault, Safran, Sumitomo et bientôt Bombardier conduit à une modernisation accélérée de l’économie du royaume. Attirant aussi de nombreuses PME. A cela s’ajoute la poursuite des grands programmes d’infrastructures comme le futur TGV attribué à Alstom ou le doublement du port à conteneurs TangerMed. A côté d’un discours social très fort, le gouvernement arrivé en novembre et mené par le PJD, un parti islamiste modéré entend poursuivre l’ouverture économique du Maroc. Mais dans ce pays qui reste encore pauvre, le ralentissement économique devient comme ailleurs un motif d’inquiétude.

 

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