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Le Maroc fait sa promo économique à l’Institut du monde arabe à Paris

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Défilé de dirigeants économiques et politiques à Paris pour un colloque le 25 novembre à l'Institut du monde arabe. Résumé sur le vif.

Le Maroc fait sa promo économique à l’Institut du monde arabe à Paris
Chakib Benmoussa, ambassadeur du Maroc et Jack Lang, président de l'Institut du monde arabe, le 24 novembre lors du colloque économique France-Maroc
© dr

Les patrons de Royal Air Maroc, Attijariwafa, Renault Maroc, Sofiproteol  ou Managem… une belle brochette de dirigeants du monde chérifien des affaires s'est réunie toute la  journée du 25 novembre à l’Institut du monde arabe (IMA) à Paris. Sans compter la présence d’Aziz Akhannouch, le ministre marocain de l’Agriculture ou de son homologue français Stéphane Le Foll. Objet : un colloque sur "les enjeux clés du développement économique marocain" qui a fait salle comble au 9ème étage de l'IMA. La journée a été ouverte  par Jack Lang, président de l’Institut puis Chakib Benmoussa, ambassadeur du Maroc en France.

Ce dernier a souligné en préambule que "la dimension économique de la relation franco-marocaine n’a pas été affectée" par les difficultés de cette année, faisant ainsi référence à quelques tensions diplomatiques entre les deux pays au premier semestre.

La France a-t-il rappelé est, de loin, le premier investisseur au Maroc avec 37% du stock d’Investissements directs étrangers (IDE). Elle est aussi le premier client du Maroc et son second fournisseur (dépassée depuis deux ans par l’Espagne).

Cette relation reste donc très forte dans les deux sens. Toutefois, les besoins et les attentes du royaume en matière économique sont en phase d’évolution rapide. C'est ce que montre la recherche par le royaume de nouveaux partenaires comme le Japon, le Canada, les pays du Golfe ou plus récemment la Chine. Aux entreprises françaises de s'activer donc.

A l'IMA, les responsables du monde des affaires ont pointé les nouveaux paradigmes économiques du royaume, dans le cadre notamment du "Plan d'accélération industrielle" lancé début avril. Ceux-ci passent notamment par une "compensation" industrielle locale dans le cadre des grands contrats publics, la co-localisation d’activités Europe-Maroc à l'image des opérations du groupe Safran ou encore une meilleure intégration des PME dans les chaînes de valeur.

Pour Jacques Prost, patron de Renault Maroc, c'est là désormais un des axes forts de l’usine Renault Nissan de Tanger qui veut accroître de 10 points son taux d’intégration actuel (42%) en "misant sur le développement d'un tissu d'équipementiers et sous-traitants de rang 2 et 3 dans le royaume".

Mohamed El Kettani, Président d’Attijariwafa Bank et co-président du groupe des chefs d’entreprises France Maroc rappelle pour sa part que les patronats des deux pays (CGEM et Medef) ont "décortiqué" dans six secteurs (automobile, électronique, etc…) les possibilités de création commune de valeur via de JV (coentreprises) ou partenariats. Et pu montrer donc que de nombreuses opportunités d’affaires restaient encore à explorer pour des PME françaises et marocaines. Y compris pour redonner un élan de compétitivité aux entreprises  françaises.

Les exemples de ce type se trouvent aussi en matière agricole et agro-alimentaire, a rappelé Xavier Beulin, président de Sofiproteol, groupe coopératif agricole français qui a pris le contrôle du leader marocain de l'huile Lesieur Cristal il y a deux ans. Selon Xavier Beulin, son groupe œuvre ainsi activement pour structurer les filières agricoles en amont et développer des cultures comme le tournesol alors que le Maroc est fortement importateur d'oléagineux.

Autre thématique abordée lors de cette journée, le tropisme africain croissant du royaume, deuxième investisseur interne du continent après l'Afrique du sud, qui trouve ses déclinaisons dans de nombreux domaines : agro-alimentaire, finance, secteur aérien... Et qui va s'approfondir avec les accords commerciaux en discussion par le Maroc avec les deux entités économiques UEMOA et CEMAC.

compagnie panafricaine

Driss Benhima, le PDG de Royal Air Maroc a rappelé qu’en quelques années, sa compagnie était devenue un des leaders sur les liaisons Europe – Afrique... même si beaucoup de passagers africains regrettent que cela passe par des vols de nuit, a-t-il concédé.

Selon le patron de la RAM, la compagnie chérifienne a "désormais une position unique sur l'ensemble Afrique de l'ouest et Afrique centrale ». Il a même indiqué avoir proposé aux Etats de la région la création d'une sorte de compagnie panafricaine virtuelle en se disant prêt à engager jusqu'à 30 avions de manière permanente pour des liaisons de pays à pays en Afrique sub-saharienne. Un effet de masse nécessaire à la réussite de ce projet... mais qui n'a pas encore trouvé écho auprès des gouvernements africains, a-t-il regretté.

A l'IMA, le secteur financier était aussi de la partie. Saïd Ibrahimi, directeur de Casablanca Finance City s'est félicité qu'à fin 2014 le cumul des sociétés marocaines et internationales bénéficiant du régime fiscal CFC serait proche de 60. Couvrant désormais toutes les types d’activités financières et de services associés.

En matière de financement, alors que la conjoncture économique de 2014 était celle d'un ralentissement à environ 2,4% de croissance contre 4% en 2013, les banquiers présents (AWB, BMCE, BMCI, Crédit du Maroc) ont tous assuré faire correctement leur travail, estimant que l'économie était correctement financée, et que donc le ralentissement économique de cette année n'était pas de leur fait.

Quant à savoir si la récente baisse du taux directeur de la banque centrale Bank al-Maghrib aurait un impact perceptible pour les entreprises et les ménages, Brahim Benjelloun-Touimi, administrateur directeur général du groupe BMCE Bank a estimé que celle-ci "ne se traduira pas une baisse générale du coût du crédit. Tout dépend de l’appréciation du risque". Une maitrise des risques qui fait partie de la "marque de fabrique" du système financier marocain ont noté tous ces grands argentiers. Et qui permet au royaume de figurer au tout premier rang du continent pour une économie qui pèse seulement 100 milliards de dollars de PIB.

La journée, au cours de laquelle ont aussi été abordé les sujets du développement durable et du tourisme s'est achevée par une table ronde (très suivie) dédiée à l'action philanthropique des grandes entreprises. Un domaine en phase de professionnalisation accélérée. Il n'y a pas que dans l'industrie ou la finance que le Maroc se transforme.


Pierre-Olivier Rouaud
 

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