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L'Usine Maroc

"Le Maroc est une des priorités d'investissement en Afrique du fonds Meridiam", selon Julien Touati

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Entretien Après avoir fourbi ses armes en Europe et en Amérique du Nord, le fonds d'investissement Meridiam, créé en 2005 et basé à Paris s'intéresse à l'Afrique. Parmi ses projets, celui de la production électrique au Maroc. L'Usine Nouvelle a demandé à Julien Touati, directeur du développement et responsable du pôle africain de Meridiam de présenter l'action de ce fonds ciblé sur le développement des infrastructures à long terme.  

Le Maroc est une des priorités d'investissement en Afrique du fonds Meridiam, selon Julien Touati
Julien Touati est directeur du développement et responsable du pôle africain de Meridiam
© meridiam

L'Usine Nouvelle : Quel est le métier de Meridiam ?

Julien Touati : Investir à très long terme dans des infrastructures dès la phase de construction "en greenfield". Le risque est donc géré. Comprendre techniquement le projet dans lequel l'investissement est réalisé fait partie de la culture de l'entreprise. Meridiam investit dans des projets à horizon de 25 ans et a déjà participé à 32 projets en Europe et en Amérique du Nord. En termes d'effectifs, le fonds emploie 110 personnes.

Profil express
Agé de 32 ans, Julien Touati est directeur du développement et responsable du pôle africain chez Meridiam. Ingénieur diplômé de l'Ecole des ponts, il a été en charge au ministère français de l'Economie du suivi de la BEI au Trésor puis de la stratégie d'EDF du point de vue de l'état actionnaire au sein de l'Agence des participations de l'Etat (APE). Au sein de  Meridiam depuis 2011, il s'est investi dans des projets européens et ceux relatifs à la stratégie de l’entreprise. Depuis un an, il gère un focus sur l'Afrique en particulier dans le secteur de l'énergie.
Comment sont organisés vos différents fonds ?

Meridiam est une société de gestion qui gère des véhicules d'investissement. Chaque véhicule répond à une stratégie d'investissement donnée et rattaché le plus souvent à une région géographique. Le premier fonds, "Meridiam Infrastructure", représente environ 550 millions d'euros totalement investis. En 2012, deux fonds d'investissements dont un dédié à l'Amérique du nord d'un peu moins d'un milliard de dollars et un deuxième dédié à l'Europe de 935 millions d'euros ont été levés en parallèle. L'Afrique en tant que telle sera couverte dans un véhicule additionnel permettant de réunir les investisseurs intéressés.

Quelle est l'origine des fonds de Meridiam ?

Majoritairement privés. Schématiquement, 20% des fonds de Meridiam viennent des banques de développement comme la Banque européenne d’investissement (BEI) ou la Banque européenne de reconstruction et de développement (Berd), 30% sont des assureurs vie d'Europe et d'Amérique du Nord principalement et 50% des caisses de retraite d'Europe, d’Asie, d’Australie et d’Amérique du Nord qui souhaitent investir afin d’obtenir des rendements stables et prévisibles sur de très longues durées. Sur le fonds dédié à l’Afrique, nous pensons que la part des banques de développement pourra être doublée à terme pour atteindre 40%.

Pourquoi l'Afrique ?

Le continent figurait dès le départ dans la vision stratégique de Meridiam. Au moment de sa création en 2005, il a été fait le choix de se concentrer sur les pays développés. Depuis maintenant deux ans, Meridiam a acquis la reconnaissance des investisseurs. L'Afrique de son côté connait une croissance forte. Les facteurs qui favorisent la croissance y sont réunis. L'infrastructure est un des éléments de réponse aux questions posées par les enjeux démographiques, la croissance économique et la réduction des inégalités en Afrique. Le marché nous semble mûr pour absorber des investissements d'une part et nous avons les outils, pour pouvoir s'y déployer d'autre part.

Quels secteurs d'activité privilégiez-vous ?

Particulièrement, l'énergie et les transports et dans une moindre mesure les services environnementaux et quelques projets d'infrastructures relatifs aux télécoms comme des câbles sous-marins ou des réseaux de fibre optique.

A quel niveau d'investissement intervenez-vous ?

Dans les projets allant de 100 à 700 millions d'euros de besoins d'investissement par projet. Nous avons la particularité d’être des investisseurs actifs et détenir une part significative du capital pour peser sur la gouvernance de ces projets. A moins de 100 millions d'euros, ceux-ci ne sont pas pour autant délaissés. Quant à ceux qui dépassent le milliard d’euros ils sont souvent difficiles à financer en Afrique.

Qu'est-ce qui a été fait à ce jour en Afrique par Meridiam ?

Nous nous préparons à financer des projets en Afrique. Nous avons recruté une demi-douzaine d'experts dédiés dont certains ont travaillé au sein d’institutions de développement actives sur ce continent comme la Banque africaine de développement (BAD) et Proparco, filiale de l'Agence française de développement (AFD). Nous suivons en Afrique une quarantaine de projets dont 4 prioritaires. Il y a quelques jours, nous étions en Ethiopie, un pays qui s’ouvre à l’investissement privé dans l’énergie et dans l’eau. Nous travaillons avec un constructeur actif sur place à transposer ce qui se fait dans ce secteur en Europe et ailleurs en Afrique en termes de montage juridique.

Avez-vous des projets identifiés au niveau du Maroc ?

Sur les 4 premiers projets identifiés en Afrique, un se trouve au Maroc. Il s'agit d'un projet important de production d'électricité renouvelable qui vise à renforcer l'indépendance énergétique du Maroc et sur lequel nous ne sommes pas en mesure de donner plus de détails à ce stade.

Avez-vous défini une enveloppe financière pour le Maroc ?

Meridiam gèrera un fonds à vocation panafricaine et non spécialisé sur un pays. Il n'y aura donc pas d'enveloppe pré-allouée à un pays en particulier. Nous serons cependant capables, si les projets existent, d'en faire plus que le poids du Maroc dans le PIB africain. Le Maroc est un des endroits en Afrique qui offre la stabilité la plus forte.

Avez-vous des contacts avec les autorités marocaines ?

Nous avons identifié les différents interlocuteurs avec qui nous allons discuter. L’agence en charge du programme solaire, Masen, fera partie des interlocuteurs naturels tout comme l'Office national de l’eau et l'électricité (ONEE) d'ailleurs.

A quel moment se fera la promotion concrète d'un projet au Maroc ?

Nous sommes sur le terrain au Maroc. Nous nous appuyons pour cela sur les relations privilégiées que nous avons avec certains grands groupes industriels actifs au Maroc depuis longtemps. Ces industriels ne sont pas toujours à même de mobiliser des capitaux à très long terme sur les projets qu'ils souhaiteraient développer. Avec Meridiam, ils peuvent avoir un partenaire qui peut les accompagner et co-développer avec eux des opportunités d'investissements. En Afrique, le temps de maturation d'un projet est long. D'ici la rentrée, Meridiam communiquera plus de détails.

Propos recueillis par Nasser Djama

Un fonds pour le financement à long terme des infrastructures 
Thierry Déau, un ingénieur des Ponts passé par la Caisse des dépôts a créé Meridiam à l’âge de 35 ans en 2005 et en a fait "un fonds pour le financement des infrastructures à long terme". Parmi les projets déjà menés
- le tunnel du port de Miami (USA)
- la LGV Tours-Bordeaux et le contournement de Nîmes Montpellier
- l'autoroute A2 en Pologne (axe Berlin-Varsovie)
- le tribunal de Long Beach en Californie

 

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