Le mariage Lafarge Holcim séduit les agences de notation

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La perspective du mariage avec Holcim donne la possibilité au cimentier français de sortir de la catégorie des "junk bond". Un coup d’accélération aux efforts mis sur le désendettement ces dernières années.

Le mariage Lafarge Holcim séduit les agences de notation © DR

La dette de Lafarge est le premier bénéficiaire, avec son cours de Bourse, de la fusion annoncée avec Holcim. Les agences de notation financière Standard & Poor’s et Moody’s ont toutes deux annoncé mardi 8 avril qu’elles envisageaient de relever la note de crédit de Lafarge. Standard & Poor’s a relevé la perspective de Lafarge de "stable" à "positive" et Moody’s a placé le cimentier en "review for upgrade". "Selon nous, l’entité LafargeHolcim aura un profil de risque crédit comparable à celui d’Holcim seul. Une fois la fusion achevée et les cessions réalisées, la note de LafargeHolcim devrait être BBB avec une perspective stable", précise Bertrand Jabouley, analyste crédit chez Standard & Poor’s.

Refinancement de la dette à court terme

Pour Lafarge c’est un vrai bond qui se dessine, avec, surtout, sa sortie de la catégorie "junk bond". Le rachat d’Orascom en 2007 pour 8,8 milliards d’euros avait doublé la dette du cimentier, à près de 17 milliards, juste avant la crise financière de 2008 et l’effondrement des marchés américain et européen. Depuis, Lafarge remonte laborieusement la pente à coups de programmes de réduction des coûts et de cession d’actifs (environ 5 milliards d’euros de puis 2009). La dette nette a été ramenée à 10,3 milliards d’euros fin 2013. Pour Bertrand Jabouley, "Lafarge a tenu les engagements forts qu’il avait pris en termes de désendettement", mais le chemin restait long avant d’effacer l’étiquette "junk bond". La fusion va lui permettre d’accélérer le mouvement. D’ores et déjà, "les conditions de refinancement de l’importante dette à court terme de Lafarge pourraient bénéficier de cette perspective positive", estime Bertrand Jabouley.

Des actifs à céder en France et au Royaume-Uni

Reste aux deux géants du ciment à concrétiser leur fusion, qui présente "d’immenses défis d’exécution", relève Moody’s. En premier lieu, bien sûr, la cession des quelque 5 milliards d’euros d’activités que Holcim et Lafarge estiment devoir réaliser pour satisfaire les exigences des autorités de la concurrence. Avec les deux tiers de ces actifs situés dans une Europe guère attractive pour les industriels des matériaux de construction, "l’opération s’annonce complexe, prévient Bertrand Jabouley, même si un certain nombre d’acteurs pourraient y voir une opportunité historique pour s’implanter ou se renforcer de manière significative en Europe". Selon l’analyste crédit, la France et le Royaume-Uni seront les pays où les cessions seront les plus importantes. Avec une difficulté supplémentaire pour la France : Holcim et Lafarge y font tous deux essentiellement la même chose - du ciment. De quoi nourrir les craintes des salariés du cimentier français et aiguiser la vigilance du ministre de l’Economie, Arnaud Montebourg.

Manuel Moragues

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