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Le mariage Capgemini-Altran salué par les investisseurs

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Publié le , mis à jour le 26/06/2019 À 07H14

Annoncé le soir du 24 juin, le mariage entre Capgemini et Altran a été salué par les investisseurs. L'opération à 5 milliards d'euros est observée comme une consolidation du secteur des services informatiques.

Le mariage Capgemini-Altran salué par les investisseurs
Dominique Cerutti, PDG du groupe Altran, et Paul Hermelin, PDG de Capgemini. /Photo prise le 25 juin 2019/REUTERS/Charles Platiau
© Charles Platiau

Les investisseurs applaudissent mardi 25 juin l'annonce du rachat d'Altran par Capgemini pour environ 5 milliards d'euros, dette comprise, une nouvelle étape dans la consolidation du secteur des services informatiques et du conseil en technologies.

Investisseurs et analystes jugent pertinente cette opération visant à créer un acteur mondial, d'autant plus qu'Altran apporte une exposition accrue aux États-Unis à Capgemini, qui a pour ambition de réduire l'écart avec l'américain Accenture.

Mardi 25 juin, Altran a pris 21,9268% à 13,985 euros en Bourse de Paris à 13h21, signant la plus forte hausse du Stoxx 600, qui cède 0,08% au même moment. L'action se cale ainsi sur le prix de l'offre, à 14 euros par action.

Le titre Capgemini gagne pour sa part 7,33% à 111,30 euros, ce qui suggère que le marché considère comme justifié le prix de la transaction.

Un nouveau groupe de 17 milliards d'euros de chiffre d'affaires

L'opération, qui devrait être bouclée à la fin de l'exercice 2019, va donner naissance à un groupe de 17 milliards d'euros de chiffre d'affaires employant plus de 250 000 personnes.

L'accord en vue de l'ouverture de négociations exclusives entre les deux groupes a été approuvé à l'unanimité de leurs conseils d'administration respectifs et Capgemini a déjà signé un accord pour l'acquisition d'un bloc de 11% du capital d'Altran auprès d'actionnaires autour d'Apax Partners.

Pour financer cette acquisition, le groupe dirigé par Paul Hermelin dit avoir sécurisé un financement relais de 5,4 milliards d'euros, couvrant à la fois l'achat des titres Altran ainsi que le montant de la dette.

Une "aubaine" pour Altran

Les analystes d'Invest Securities, qui relèvent leur recommandation à "neutre" contre "vente" sur les deux titres, estiment que le rapprochement est une bonne chose pour les deux acteurs, à commencer par Altran.

"Au regard des risques pesant sur Altran en 'stand-alone', en particulier les difficultés liées à l'intégration d'Aricent et le lourd endettement qui limite les marges de manoeuvre du groupe, nous estimons qu'il s'agit d'une aubaine pour les actionnaires sur un titre qui aura parcouru des montagnes russes ces derniers mois", écrivent-ils dans une note.

Altran a été victime en janvier d'une attaque informatique rapidement résolue mais qui avait pesé sur son titre, avant un rebond en février à l'annonce d'une marge opérationnelle annuelle supérieure aux attentes et d'une accélération du désendettement.

Berenberg juge également l'opération d'un oeil favorable mais voit des possibilités limitées pour que l'action Altran monte au-delà du prix de l'offre, ce qui le conduit à dégrader la valeur à "conserver".

"Cette offre confirme notre opinion d'Altran et fait sens d'un point de vue stratégique au regard de la forte complémentarité entre les deux entités", écrivent pour leur part les analystes de Portzamparc, qui restent à l'achat sur Altran.

Pour Capgemini, les analystes d'Invest Securities estiment que l'acquisition d'Altran "permet au groupe de se renforcer massivement dans l'ingénierie, où il était marginalement présent avec sa filiale Sogeti, afin de capter la croissance de ce marché dynamique".

Paul Hermelin vise le top 10 aux États-Unis

Paul Hermelin, le PDG de Capgemini, qui dirigera le nouvel ensemble, a souligné qu'Altran lui amènerait 800 millions d'euros de chiffre d'affaires aux États-Unis, permettant au groupe de dépasser les cinq milliards sur ce marché crucial par sa taille et sa croissance.

"On va peut-être entrer dans le top 10. On est loin du top 5, la route est longue. Avec ça, on a du travail pour trois ans", a-t-il dit. "N'attendez pas de gros mouvements complémentaires aux États-Unis mais on n'est pas encore au bout de la route aux États-Unis." Le nouvel ensemble réaliserait 31% de son chiffre d'affaires en Amérique du Nord, 24% en France et 39% dans le reste de l'Europe.

Les analystes d'Invest soulignent que le recours par Capgemini à l’endettement pour racheter Altran est "créateur de valeur pour un groupe qui était pratiquement désendetté". L'endettement net de Capgemini fin 2018 était de 1,184 milliard d’euros, stable sur un an.

"Il est probable que sur deux, trois ans, on fera peu ou pas de rachats d'actions [...]. On va se concentrer sur l'allègement du bilan", a dit Paul Hermelin.

Interrogé si cela se ferait avec maintien de la politique de dividende, il a répondu: "Avec un maintien de la politique de dividende, ça c'est sûr". Capgemini a décidé de verser un dividende de 1,70 euro par action à ses actionnaires pour 2018, soit un taux de distribution de résultat part du groupe à 36%, en ligne avec sa politique de distribution.

Avec Reuters (Avec Patrick Vignal et Cyril Altmeyer, édité par Bertrand Boucey)

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