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L'Usine Santé

Le marché pharmaceutique retrouve la santé dans les pays développés… sauf en France

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Analyse Alors qu’il continue de s’éroder en France, entre baisse des prix et des volumes, le marché des médicaments connaît une belle progression dans le monde entier. Mais les grands laboratoires occidentaux perdent du terrain.

Le marché pharmaceutique retrouve la santé dans les pays développés… sauf en France © Gatis Gribusts - Flickr - C.C

On peut voir le verre à moitié plein. L’an dernier, le marché pharmaceutique mondial a progressé de 8,8%, dépassant les 1 000 milliards de dollars. Il devrait encore connaître une belle progression d’ici à 2018, comprise entre 4 et 7% par an selon le cabinet d’études IMS Health. Le marché est évidemment tiré par les pays émergents - la Chine, le Brésil ou l’Inde dépassant les 10%  de croissance annuelle selon les prévisions, mais aussi par le grand retour des pays dits "matures". 

Alors que les ventes de médicaments avaient chuté en Europe et aux Etats-Unis ces dernières années, entre pression sur les prix de la part des gouvernements et crise économique, la tendance s’est inversée en 2014, observe Vincent Bildstein, le président de IMS Health France. En Allemagne, au Royaume-Uni et surtout aux Etats-Unis, qui représentent toujours le premier marché pharmaceutique mondial avec une spectaculaire croissance de 12% l’an dernier.

Les raisons ? Peu d’expiration de brevets de médicaments, des prix à nouveau en hausse, de nombreux lancements de produits ciblés innovants– comme le Solvadi dans l’hépatite C - ou des traitements onéreux de maladies orphelines… D’ici à 2018, le marché américain représentera toujours 32% du marché total, avec une croissance plus régulière à 4%, selon IMS.

Un plan ministériel pour relancer les génériques en France

Le verre est plutôt à moitié vide… si l’on s’intéresse à la France. Certes, les coûteux traitements de l’hépatite C ont fait gonfler le marché hospitalier de 5,5% l’an dernier. Mais avec -1,8% en valeur et -0,8% en volume enregistrés dans les officines en 2014, "le marché pharmaceutique est en baisse pour la troisième année consécutive, précise Claude Le Pen, professeur d'économie à l’université Paris Dauphine. Les Français consomment de moins en moins de médicaments, contrairement à ce que croit l’opinion publique !".

Ce marché devrait stagner à -0,3% d’ici à 2018. Ce n’est pas la faute aux génériques, dont le taux de pénétration a diminué, passant sous la barre des 70% des médicaments potentiellement copiables. Un recul qui a incité la ministre de la Santé, Marisol Touraine, à concevoir un plan de relance de ces traitements moins douloureux pour le budget de l’Assurance Maladie, en jouant notamment sur la prescription dans les hôpitaux. Il sera dévoilé ce mardi 24 mars.

Les groupes occidentaux en difficulté dans les pays émergents

Enfin, si le classement des vingt premiers groupes pharmaceutiques mondiaux a peu changé ces dernières années (avec le français Sanofi en troisième position selon IMS), les laboratoires de spécialité - comme Novo Nordisk dans le diabète ou Gilead dans l’infectiologie - et les fabricants de génériques (Teva, Mylan, Actavis) tirent leur épingle du jeu. Ils provoquent une fragmentation du marché, obligeant les "big pharmas" à réaliser des acquisitions ciblées pour ne pas se laisser détrôner. Numéro deux mondial, l’américain Pfizer s’est ainsi emparé pour 15 milliards de dollars, en février dernier, d’Hospira, un spécialiste des biosimilaires, les copies des médicaments biologiques. 

Mais les grands laboratoires occidentaux semblent perdre la partie dans les pays émergents, où "ils sous-performent systématiquement" face aux acteurs locaux, selon IMS. D’autant que les réformes de la santé en cours en Russie ou en Chine tendent à faire émerger des champions nationaux, en obligeant notamment à produire sur place les médicaments. Si l’on excepte les fabricants de génériques chinois ou indiens, ces champions ne sont pas encore apparus sur l’échiquier mondial. Mais ce n’est sans doute qu’une question de temps.

Gaëlle Fleitour

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