Le marché du crédit est le danger numéro un, dit Natixis Investment Managers

par Patrick Vignal
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Le marché du crédit est le danger numéro un, dit Natixis Investment Managers
Si toutes les classes d'actifs souffrent de la crise provoquée par la pandémie de Covid-19, c'est sur le marché de la dette d'entreprise que le danger est le plus grand, dit-on chez Natixis Investment Managers. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

PARIS (Reuters) - Si toutes les classes d'actifs souffrent de la crise provoquée par la pandémie de Covid-19, c'est sur le marché de la dette d'entreprise que le danger est le plus grand, dit-on chez Natixis Investment Managers.

Si les risques systémiques restent faibles, en raison notamment de l'action la Réserve fédérale américaine pour éviter une crise, des signes de stress qu'il convient de surveiller avec la plus grande attention ont commencé à se manifester sur les marchés du crédit et du financement, a dit à Reuters Esty Dwek, responsable des stratégies de marché chez Natixis IM Solutions.

"C'est l'endroit où il y a le plus de risques", dit-elle avant de faire remarquer que l'agence de notation Standard & Poor's vient de faire passer sa prévision de taux de défaut sur l'année de 3% à 10%.

Il faut donc s'attendre à de nombreuses dégradations par les agences de notation de la note de crédit des entreprises ainsi qu'à une vague de défauts, ajoute-t-elle.

"Il faut surveiller le lien entre le crédit et la liquidité, avec un impact à prévoir si des gros fonds ont des soucis de liquidité", dit-elle.

"Cela pourrait créer un effet boule de neige encore plus important, comme ce qui s'était produit en 2008. C'est clairement le risque le plus dangereux et celui que les banques centrales essayent d'éviter."

Les instituts d'émission ont eu raison d'agir massivement et leurs mesures ont eu des effets positifs, notamment celles de la Banque centrale européenne, qui ont apaisé les tensions sur les rendements de la dette souveraine de la zone euro, dit-elle.

Le large éventail déployé par la Réserve fédérale aidera quant à lui le gouvernement américain à financer les dépenses massives qu'il mettra en oeuvre, ajoute-t-elle.

"TROP TARD POUR VENDRE, TROP TÔT POUR RACHETER"

"Les mesures prises par les grandes banques centrales étaient nécessaires", juge Esty Dwek. "Il fallait essayer de calmer le marché, même si cela n'est pas suffisant et que l'on a surtout besoin d'un soutien budgétaire."

Si elle mise toujours prudemment sur un rebond économique sur la deuxième partie de l'année, la stratège de Natixis IM prévient toutefois que de nombreuses inconnues demeurent et que la reprise sera sans doute plus graduelle que la chute.

"Il y a une interrogation sur la vitesse de la reprise, avec une baisse énorme de l'activité attendue au deuxième trimestre en raison de l'effet des mesures de confinement", dit-elle. "Il faut également surveiller le risque d'une deuxième vague de l'épidémie plus tard dans l'année qui pourrait contrarier le scénario d'une reprise."

Une stabilisation durable des marchés, voire une reprise, ne seront possibles que lorsque des signes tangibles attesteront d'un recul de l'épidémie, insiste-t-elle.

"Pour que l'on ait une vraie reprise, il faut attendre de voir l'impact des mesures sanitaires qui ont été mises en place, et cela peut prendre plusieurs semaines, voire plus", dit-elle.

"La première étape serait un ralentissement du nombre de contaminations, et nous n'y sommes pas encore."

Les marchés dans leur ensemble, et les indices boursiers en particulier, risquent en outre de repartir à la baisse avec l'accumulation à prévoir d'indicateurs macroéconomiques attestant de l'ampleur du ralentissement de l'activité, ajoute-t-elle.

"Notre vue du marché actions, c'est qu'il est trop tard pour vendre et trop tôt pour racheter, même si l'on peut avoir quelques semaines un peu plus calmes", dit-elle.

(édité par Marc Angrand)

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