"Le marché des LED est bizarre !"

Spécialisé dans les lampes à basse consommation depuis sa création en 1992, le hongkongais Neonlite Electronic & Lighting, compte sur les LED pour relancer la vente de ses lampes Megaman. Eric Lorin, à la tête de Cidelec, distributeur exclusif en France de Megaman, revient sur les bouleversements actuels de l’industrie de l’éclairage.

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L'Usine Nouvelle - Entre les halogènes, les fluo compactes et les LED, voire les lumens et les candelas, les consommateurs risquent d’être un peu perdus… Les industriels eux-mêmes s’y retrouvent-ils ?
Eric Lorin - Le marché est un peu chaotique depuis la fin des ampoules à incandescence. Les LED débarquent dans les linéaires plus tôt que prévu mais, surtout, la filière est traumatisée par les difficultés des lampes fluo compactes. Alors qu’elles progressaient avec vigueur, ces lampes qui permettent de faire jusqu’à 80% d’économie d’énergie sont coulées par les halogènes dites à haute efficacité, trois fois moins chères. Mais ces halogènes ne permettent de réaliser que 30% d’économie d’énergie et durent sept fois moins longtemps.

Spécialiste à l’origine des lampes fluo compactes, Megaman a été touché par le recul de ces produits. Comment réagissez-vous ?
Chez Megaman, nous sommes des puristes de l’économie d’énergie. Megaman a toujours misé sur l’innovation technologique pour proposer des fluo compactes, puis des LED, capables de remplacer toutes les sortes de lampes classiques. Avec succès : nous avons ainsi eu jusqu’à 40% de parts de marché sur le segment des fluo compactes dans les grandes surfaces de bricolage en France. Ce marché a chuté mais on est en train de reconstruire nos positions avec les LED, que nous commercialisons depuis 2009. On détient aujourd’hui près de 10% de parts de marché en France dans les LED et les fluo compactes et on prévoit une croissance des ventes de 14-15% en 2012.

Prévoyez-vous une bascule rapide vers les LED ?
Oui, c’est certain. D’ici dix à quinze ans il n’y aura pratiquement plus que des LED dans l’éclairage, notamment avec des luminaires auxquels les sources LED seront intégrées. Aux Etats-Unis, par exemple, où nous venons de signer un accord avec le leader de l’éclairage professionnel Acuity, les professionnels passent directement de l’incandescence aux LED. En 2012, Megaman devrait réaliser près d’un quart de son chiffre d’affaires dans les LED. Une part qui passera largement les 50% en 2016.

Comment percevez-vous le marché actuel des LED ?
C’est un marché bizarre. L’introduction de cette nouvelle technologie devrait être rémunératrice pour les industriels de l’éclairage. On se retrouve au contraire dans un marché extrêmement compétitif, avec des prix qui diminuent de 20 à 25% par an. Tout le monde souffre. En outre, le monde de l’éclairage doit apprendre à vivre au rythme de l’électronique, avec des produits renouvelés tous les six mois. C’est une révolution !

Les groupes d’électronique grand public se lancent dans les lampes LED, les éclairagistes pourront-ils résister ?
Une lampe LED ne se réduit pas à la puce et il y a tout un savoir-faire des éclairagistes. Mais une lampe LED est un objet complexe dont il faut maîtriser tous les éléments pour en garantir la qualité. C’est le pari de Megaman. Circuits imprimés, dissipateurs thermiques, culots… Nous faisons pratiquement tout nous même dans nos trois usines chinoises de Xiamen. Pour la puce LED, nous misons aussi sur la qualité et l’innovation en nous fournissant chez Sharp, numéro un mondial. Tout ça nous permet par exemple d’avoir obtenu le label européen Eco Label, que n’ont pas les géants de l’éclairage, qui ont plus recours à la sous-traitance.

Comment le secteur va-t-il évoluer ?
Il y a 2000 usines en Chine qui fabriquent des LED. Ça ne va pas durer. Le secteur va se nettoyer dans les trois-quatre ans à venir. Ceux qui seront en dehors des brevets disparaîtront, tout comme ceux qui ne seront pas proches des fournisseurs de puces et n’auront donc pas les premiers les meilleures puces. Enfin, il sera indispensable d’avoir une marque reconnue. Megaman possède tous ces atouts et compte bien tirer son épingle du jeu. Certes notre chiffre d’affaires mondial ne dépasse pas les quelques centaines de millions d’euros mais, après tout, Philips avait un jour cette taille !

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