Le marché de la bière se restructure en profondeur

Le petit monde de la bière est en ébullition. L’annonce d'Asahi le 18 août portant sur le rachat d’Independent Liquor vient s’ajouter à la longue liste des opérations de consolidation du secteur.

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Le marché de la bière se restructure en profondeur

Depuis début août, les tractations des principaux groupes mondiaux se multiplient. Leur objectif ? Se renforcer sur les marchés jusque là dominés par des acteurs locaux. Tout a commencé début août avec l’annonce de Kirin. Le japonais a mis la main sur 50,45% du capital du brésilien Schincariol pour 1,8 milliard d’euros.

Le 18 août, son homologue Asahi, réputé pour sa boisson « Super Dry », annonce le rachat de la société Independent Liquor située en Nouvelle-Zélande. Le tout pour plus de 890 millions d’euros. A ces acquisitions vient s’ajouter le lancement d’une OPA hostile de SABMiller sur Foster’s. Et ce, alors même que l’australien avait déjà rejeté fin juin son offre amicale de 7 milliards d’euros.

Mais le fabricant britannique a tout intérêt à s’accrocher. En effet, Foster’s contrôle près de 50% du marché local. Quant à sa marge opérationnelle, elle est deux fois plus importante que celle de ses concurrents, selon le cabinet Euromonitor. Cette transaction permettrait donc au brasseur britannique de s’insérer sur un marché mature à fort rendement sur lequel il n’est pas présent.

La stratégie est identique pour Kirin, neuvième brasseur mondial, avec le rachat de Schincariol. Il met ainsi un pied en terre brésilienne, l’un des marchés en pleine expansion (à 30 milliards d’euros). "Les marchés de la bière et des boissons non-alcoolisées sont importants et prometteurs au Brésil, représentant environ 27,1 milliards d'euros, estime le groupe japonais. Ils devraient croître à mesure que l'économie et la population brésiliennes vont poursuivre leur expansion".

Car ce sont principalement dans les pays émergents qu’il faut aller chercher la croissance désormais, selon Euromonitor. Certes, dans son étude Global Performance and Prospects for Beer publiée le 26 juillet, le cabinet démontre que le marché mondial de la bière est en expansion en 2010 par rapport à 2009, année de crise. Il s’est vendu l’année dernière 187 milliards de litres de bière.

Pour autant, les disparités sont importantes entre pays émergents et développés. Dans les premiers, la consommation est en progression. La Chine est le premier marché mondial avec 45 milliards de litres en 2010, devant les Etats-Unis. Au Brésil, par exemple, les ventes devraient progresser de 4% par an entre 2010 et 2015, selon les données d’Euromonitor.

Les marchés historiques à la traîne

Dans les pays les plus développés à l’inverse, l’attrait pour la bière est moins important. Aux Etats-Unis qui détiennent encore la deuxième place du classement, la progression des ventes en volumes est limitée à 1,3% entre 2005 et 2010. En Europe occidentale, elles ont carrément reculé. Les ventes sur le marché français, en 2010, étaient de 19,7 millions d’hectolitres de bières selon les chiffres des Brasseurs de France. Soit une baisse de 1,7% par rapport à 2009.

Même sur le marché japonais, la tendance est morose. Ce qui est un argument de plus pour les industriels locaux de regarder vers d’autres horizons. En effet, le marché nippon a enregistré un recul de 3% de la consommation d’alcool. Une conséquence du vieillissement de la population notamment et de la crise économique, selon les experts.

La situation est la même en Russie. Le danois Carlsberg, numéro quatre du secteur, était fortement dépendant de ce marché. Mais face aux taxes et une nouvelle loi restrictive sur la vente d’alcool, le prix de la bière dans le pays a progressé. Et les ventes ont suivi le chemin inverse (-9% au deuxième trimestre). En juillet par exemple, le marché a reculé de 2% selon le groupe danois.

Mais les experts tempèrent le recul en volume sur ces marchés par des chiffres plus positifs en valeur. En effet, selon Euromonitor, sur les marchés matures, les bières de qualité premium et de spécialité. Sur le seul marché français, cette catégorie représente 34% du marché en valeur, d’après les chiffres des Brasseurs de France.

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