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L'Usine Santé

Le marché de l’optique ne se laisse pas "ubériser"

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le , mis à jour le 20/06/2016 À 12H38

Dans les ventes de lunettes, le bouleversement promis par les sites de e-commerce n’a pas – encore - eu lieu. La raison ? La mobilisation des acteurs historiques : industriels et distributeurs. Mais les enseignes low-cost changent la donne…

Le marché de l’optique ne se laisse pas ubériser
Atol assemblage de lunettes
© Guittet Pascal

"Les cow-boys qui ne regardent pas l’intérêt du consommateur", comme les décrivait le leader mondial des verres Essilor, n’ont pas encore gagné. Il y a cinq ans, l’arrivée en fanfare du site internet Sensee, fondé par le serial-entrepreneur Marc Simoncini, annonçait une révolution sur le marché de l’optique. 49 euros la monture, soit cinq fois moins que chez un opticien classique… Les acteurs traditionnels – opticiens, fabricants de verres, de montures et de lentilles – avaient beau crier au loup, chacun avait regardé comment se positionner. Le français Essilor, en tête, en s’emparant de sites internet de ventes en ligne.

Toujours pas de chiffres officiels

Cinq ans après, le bouleversement tant redouté… n’a pas encore eu lieu, s’accordent les dirigeants du secteur interrogés par l’Usine Nouvelle. Ils étaient réunis par leur Club Inter-Optiques ce 17 juin pour faire le point sur les chiffres du marché. Les informations manquent encore cruellement sur l’impact du e-commerce, toujours pas pris en compte dans les chiffres présentés par le cabinet d’expertise GFK et le magazine BienVu.

En 2015, le marché français de l’optique vendu en magasins (hors Corse et territoires d’Outre-Mer) a cru de 3,3% à 6,5 milliards d’euros. Une progression, certes, mais inférieure à celle de nos voisins européens. Les ventes sont constituées à 60,9% des verres de correction, 25,3% des montures optiques, 7,5% des montures solaires, 5,3% des lentilles de contact et 1% des solutions d’entretien. Problème, le chiffre d’affaires moyen des 12 460 boutiques d’optique diminue : les ouvertures de nouveaux magasins se faisant plus nombreuses que la croissance du secteur.

Les lentilles mieux vendues en ligne que les lunettes

Et cette dernière ne bénéficie encore que peu aux pure-players du numérique. "Les retailers physiques adaptent leur prix au bout d’un moment pour ne pas laisser échapper le marché", observe Jean-Pierre Champion, le directeur général du groupe Krys, numéro deux des ventes de l’optique derrière Optic 2000. Tandis que leurs partenaires industriels rechignaient à livrer les acteurs de la vente en ligne, dénonçait il y a deux ans le fondateur de Sensee. Les consommateurs, quant à eux, restent toujours attachés à récupérer et faire régler leur matériel chez les opticiens. L’achat de lunettes – un dispositif médical loin d’être anodin – s’est donc peu digitalisé.

« Dix ans pour que le concept s’installe ! »

Chez les sites Happyview et Malentille, on évalue à 1% du marché les ventes d’équipements complets - monture et verres correcteurs – réalisées sur Internet. Moins, assurent les concurrents. "C’est beaucoup plus dur et plus long que tout ce que tout le monde avait pu prévoir, estime Alain Colin, le directeur général de Sensee. Il est très compliqué de faire comprendre aux gens qu’ils vont payer moins cher un produit qu’ils ne payent pas (grâce à la prise en charge des complémentaires santé, ndlr). Il faudra encore dix ans pour que le concept d’Internet s’installe."

La sauce a mieux pris du côté des lentilles de contact, plus faciles à renouveler en ligne, avec 20% de part de marché en volume sur internet. "Nous allons arriver un jour à celle de l’Allemagne, qui est de 40%", promet Alain Colin. "Mais elle ne se situe qu’à 20% lorsqu’on raisonne en valeur, et s’est stabilisée depuis !", relativise un fabricant de lentilles.

Le bouleversement du marché de l’optique vient finalement d’ailleurs : des enseignes low cost. Optical Discount, Hans Anders… Ce sont elles qui ouvrent le plus de boutiques, observe Patrick Janas, le fondateur de BienVu. Pas forcément une bonne nouvelle pour les fournisseurs industriels… D’autant que, 71% du marché de l’optique étant concentré entre les mains de 13 enseignes, la concurrence et la pression sur les prix rendent de plus en plus difficile de garantir la fabrication en France, estiment leurs fabricants (Zeiss, Hoya, BBGR : filiale d’Essilor…). Qui tentent malgré tout d’expliquer la complexité des technologies derrière les verres, et de défendre leur industrie, via notamment le label "Origine France Garantie".

Gaelle Fleitour

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1 commentaire

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20/06/2016 - 10h24 -

Il faut arrêter de se mettre la tête dans le sable : le scandale des opticiens traditionnels, c'est que la plupart entourloupent les mutuelles. Soit pour leur intérêt propre ("je pique l'ordonnance pour ne pas que le client aille voir chez un concurrent / j'adapte le prix à l'euro près sur ce que rembourse la mutuelle"), soit avec la complicité du client ("on se met au taquet du remboursement de la mutuelle, et vous pouvez prendre des RayBan pour cet été") ... Quant aux mutuelles, pas simplement de pauvres victimes : tant qu'elles rembourseront mieux des branches de lunettes Prada, qu'un soin de carie comme un inlay-onlay, qu'elles arrêtent de pleurnicher sur l'escroquerie dont elles sont victime.
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