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L'Usine de l'Energie

"Le marché de l'électricité va se remettre à croître" croit Jean-Bernard Levy, PDG d'EDF

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Publié le

Entretien PDG d’EDF depuis la fin 2014, Jean Bernard Lévy se veut le catalyseur de la transformation du numéro deux mondial de la production d’électricité.

Le marché de l'électricité va se remettre à croître croit Jean-Bernard Levy, PDG d'EDF
Jean?Bernard Lévy

Vous dites vouloir rompre avec un management pyramidal. Où en êtes-vous de la transformation d’EDF ?

Je souhaite rompre avec un management uniquement pyramidal. EDF doit conserver une très grande rigueur dans l’application des procédures et des règles de fonctionnement, notamment en matière de sûreté compte tenu de ses activités. En revanche, l’entreprise a beaucoup à gagner à compléter ce management centralisé par un management beaucoup plus participatif, décentralisé et ouvert sur les partenariats et les échanges. Nous avons déjà beaucoup progressé en utilisant les technologies numériques et grâce à la jeune génération, qui est née avec internet et qui applique dans le monde de l’entreprise ce avec quoi elle a toujours vécu. Nous avons aussi mis en place le forfait jour pour les cadres, qui a été adopté par 93 % d’entre eux. C’est un facteur d’autonomisation et de responsabilisation. Et nous avons signé un accord sur le télétravail.

Pourquoi faut-il une consultation interne pour expliquer la stratégie Cap 2030 ?

L’opération Parlons énergies n’est pas la phase 2 de Cap 2030. C’est un dialogue, en France, concomitant avec l’élaboration de la PPE [programmation pluriannuelle de l’énergie, ndlr]. La France se pose la question de sa trajectoire énergétique au cours des dix prochaines années et peut-être même au-delà. Nous pensons qu’il est important que tous les salariés du groupe puissent eux-mêmes être informés, donner leur point de vue et compléter le débat public organisé par l’État.

Le plan solaire d’EDF a été lancé avant le retour de cette consultation. Est-il votre seule réponse à la demande du gouvernement d’accompagner la transition énergétique de la France ?

Le gouvernement élabore la politique énergétique de la France. EDF accompagne la transition énergétique telle qu’elle est définie par l’exécutif. Dès lors que celui-ci a affiché, par la communication en Conseil des ministres le 7 novembre 2017, ses objectifs de transition énergétique, il était important qu’EDF se positionne. Nous y voyons plus clair. Les nouvelles modalités pour parvenir à 50 % d’électricité d’origine nucléaire seront décidées dans le cadre de la PPE, qui fait actuellement l’objet d’une concertation intense, et il n’y aura plus de création de nouvelles centrales au gaz. Comme le prix des cellules photovoltaïques a chuté d’un facteur cinq au cours des dix dernières années, c’est le moment de lancer une grande ambition sur le solaire en France. EDF vise la première place sur ce marché qui va vivre un essor spectaculaire.

Que vous inspire la stratégie de Total ?

Les producteurs d’hydrocarbures sont nombreux à s’intéresser au marché de l’électricité. Cela confirme que c’est l’une des solutions essentielles au problème des émissions de gaz à effet de serre. Cela me laisse aussi penser qu’ils anticipent la croissance du marché de l’électricité dans les pays occidentaux, comme c’était le cas avant la crise financière de 2008. C’est à espérer, car de plus en plus d’acteurs sont présents sur ce marché.

Comment EDF accompagne-t-il le mouvement de décentralisation de la production d’énergie en cours ?

Il faut bien distinguer la production et les réseaux. Les réseaux sont par définition mutualisés. Pour l’acheminement de l’électricité, partout dans le monde, il y a unicité du réseau, qui a donc un monopole naturel. Ce qui est décentralisé, c’est la production, avec la baisse des coûts et l’absence de barrières à l’entrée, qui favorisent aussi le développement de l’autoconsommation, que nous apprenons à intégrer dans le réseau. Pour les autres formes d’énergies, comme la chaleur, les réseaux ont toujours été décentralisés. Nous avons ­racheté Dalkia afin de mettre en place des ­solutions énergétiques décentralisées pour nos clients. Mais ce n’est pas nouveau.

Les services énergétiques sont-ils le fer de lance de votre stratégie à l’international ?

Nous allons sur les marchés internationaux, soit en tant que prestataire d’ingénierie, soit en tant que prestataire d’ingénierie et investisseur. Ce que nous ne faisons pas, ou plus, c’est investir dans des unités charbon ni dans des réseaux de transport et de distribution car c’est extrêmement cher. Mais nous pouvons être ingénieriste et investisseur dans l’éolien et le solaire et dans des projets hydroélectriques et gaz. Dans le nucléaire, nous sommes ingénieriste et investisseur à Taishan, en Chine, et à Hinkley Point, en Grande-Bretagne. En Inde, nous n’interviendrons qu’en prestations, pour le compte d’un électricien indien. Je n’ai pas l’intention de présenter à mon conseil d’administration de nouveaux investissements dans des centrales nucléaires en dehors des pays où nous sommes déjà présents, à savoir la France, la Chine et le Royaume-Uni.

Pourquoi avoir redonné le nom de Framatome aux activités d’Areva que vous venez de racheter ?

Framatome est une référence majeure dans le monde du nucléaire. Il incarne le succès du programme français pendant trente ans. C’est une image formidable à l’étranger. Les salariés du nouveau Framatome sont fiers de pouvoir se référer à l’ancien.

Quelle ambition nourrissez-vous pour Framatome sur un marché du nucléaire qui devient un marché de niche ?

Nous souhaitons que Framatome soit la société mondiale de référence pour l’exploitation des centrales existantes et pour la construction de nouvelles centrales. Celle qui apporte les technologies, le savoir-faire et la sûreté les meilleurs. De la même manière que le Framatome des années 1980 et 1990 était la référence mondiale. Cette ambition passe bien sûr par le lancement réussi des EPR en construction, mais aussi par la satisfaction des dizaines d’exploitants de réacteurs nucléaires qui font confiance à Framatome. C’est avant tout une société de services.

Allez-vous profiter de la fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) pour en faire la vitrine du démantèlement d’EDF ?

La tête de série, c’est Chooz A, dans la centrale de Chooz (Ardennes). Compte tenu des procédures administratives, il faut environ cinq ans avant de pouvoir lancer la déconstruction effective d’une centrale nucléaire. La loi française impose que nous démantelions au plus tôt. Et, contrairement aux idées reçues, nous allons plus vite que dans la plupart des autres pays. C’est le cas à Chooz A. La filière du démantèlement est un axe stratégique du groupe EDF. J’ai mis en place une direction chargée de la déconstruction. Et nous avons acquis une petite société spécialisée pour accompagner notre développement. Nous le faisons en coopération étroite entre EDF Energy [en Grande-Bretagne, ndlr] et EDF France.

La recapitalisation de 4 milliards d’euros est-elle suffisante pour qu’EDF tienne ses engagements ?

La recapitalisation a été bouclée le 31 mars 2017. En parallèle, l’État et la moitié de nos actionnaires non étatiques ayant accepté de toucher leurs dividendes en titres plutôt qu’en cash, nous aurons renforcé nos fonds propres de 8 milliards d’euros entre 2015 et début 2018. C’est le plan que j’avais présenté au gouvernement début 2016. Il nous permet de traverser la période où les prix de l’électricité sont bas. Nous avons aussi mis en place un programme de cessions et un programme d’économies, qui se déroulent un peu plus vite que prévu.

Le métier de dirigeant d’EDF est-il si difficile qu’on le dit ?

Je trouve ma mission à la tête d’EDF passionnante. Et je m’attache à être le catalyseur d’une transformation indispensable pour que le premier énergéticien français continue sa mission au service de tous ses clients. 

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