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Le marché chinois de la bière en pleine transformation

Franck Stassi , , , ,

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Le ralentissement économique affecte le marché chinois de la bière, sur lequel se positionnent les leaders mondiaux du secteur.

Le marché chinois de la bière en pleine transformation © Flickr/cc Chris

Le ralentissement de l’économie chinoise, qui peinerait à atteindre l’objectif de croissance de 7% de son PIB cette année, pénalise les industriels de l’aluminium, du cuivre ou du zinc… mais aussi ceux de la bière. Les dépenses de consommation alimentaire souffrent, boissons comprises. De fait, en 2014, les ventes de bière en Chine ont reculé de 1% en volume, à 12,6 milliards de litres, pour la première fois depuis 24 ans. En outre, au premier trimestre 2015, le volume produit a reculé de 2,2% par rapport au premier trimestre 2014, confirmant une tendance initiée il y a deux ans.

"L'économie du pays ralentit, et le palais des consommateurs chinois tend à se mondialiser. L'industrie chinoise de la bière est entrée dans une nouvelle ère, et doit satisfaire un nouvel ensemble d’envies gustatives", explique Katharine Song, analyste boissons chez Rabobank, depuis Shanghai. Avec 38,1 litres de bière par habitant en 2013, la Chine se hisse bien au-dessus du niveau moyen de consommation à l’échelle mondiale (27,6 litres), mais se rapproche de la Corée du Sud (40,4 litres) et du Japon (48,3 litres), offrant peu de marge pour une croissance significative du marché. Le marché chinois de la bière avait en revanche progressé de 120 millions d’hectolitres entre 2009 et 2014, surclassant les autres pays sur la période.

Même si les ventes de bière importée ne représentent que 1% du marché en volume, les acteurs locaux doivent se remettre en question face à l’explosion des importations de bière, qui ont augmenté en moyenne de 51,3% par an entre 2008 et 2014. La hausse du revenu disponible et l’essor des classes moyennes, qui bousculent depuis plusieurs années les acteurs des matières premières agricoles et de l’agroalimentaire, modifient également les désirs des consommateurs dans l’univers de la bière. Réputés pour être plus qualitatifs et offrant de nouvelles saveurs, les produits importés bénéficient de l’essor des pubs et de l’e-commerce. L’Allemagne est le premier exportateur de bière dans le pays, avec respectivement 51,3% en volume et 48,3% en valeur, devant les Pays-Bas (soutenus par Heineken) et la Belgique.

Un marché en voie de concentration

Le marché chinois de la bière souffre également de l’essor de la consommation d’autres types de boissons alcoolisées, tels que les spiritueux et le vin. Le marché des boissons alcoolisées aromatisées émerge pour sa part. Le leader mondial de la bière AB InBev a notamment lancé un mojito en 2014. Il se hisse par ailleurs au troisième rang des brasseurs en Chine, derrière China Resources Enterprise et Tsingtao, et devant Yanjing. La part de marché de ces quatre acteurs est passée de 54,1% en 2007 à 70,7% en 2014.

"Par rapport aux marchés développés, la part de marché totale du top 3 des acteurs chinois est encore relativement faible, ce qui peut facilement entraîner des guerres de prix", commente Rabobank, qui s’attend à une poursuite du mouvement de fusions-acquisitions dans le pays. Compte tenu de leur poids et de leur rentabilité, les géants mondiaux de la bière (AB InBev, Heineken, SABMiller et Carlsberg) apparaissent comme les mieux placés pour le mener.

Franck Stassi

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