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Le Maire officialise la nationalisation temporaire de STX France mais ne tourne pas le dos à l'Italie

Marion Garreau

Publié le , mis à jour le 27/07/2017 À 16H59

Le ministre de l'Economie a annoncé jeudi 27 juillet que l'Etat français faisait valoir son droit de préemption et nationalisait temporairement les chantiers navals de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Il sera mardi en Italie pour continuer à négocier le rachat de STX France.

Le Maire officialise la nationalisation temporaire de STX France mais ne tourne pas le dos à l'Italie
Le ministre français de l'Économie Bruno Le Maire a annoncé jeudi 27 juillet une nationalisation temporaire des chantiers navals de STX France.
© Marion Garreau

Ce n’est pas un clap de fin mais un coup de force dans le bras de fer qui l’oppose à l’Italie. L’Etat français a annoncé jeudi 27 juillet qu’il fait valoir son droit de préemption des chantiers navals de Saint-Nazaire, un droit dont il disposait jusqu’à vendredi. Il s’agit d’une "décision temporaire" prise "en accord avec le Président de la République et le Premier ministre", a annoncé devant la presse le ministre de l’Economie Bruno Le Maire.

"Les chantiers navals de Saint-Nazaire n’ont pas vocation à rester dans les mains de l’Etat, a précisé le ministre. C’est une décision temporaire qui doit nous donner le temps de bien négocier avec l’Italie." Bruno Le Maire, qui n’a prononcé le mot nationalisation à aucun moment de son intervention, a indiqué qu’il se rendra à Rome mardi pour rencontrer le gouvernement italien. Et de se montrer confiant sur les négociations à venir : "Je pense que nous arriverons dans les semaines qui viennent à un accord satisfaisant", a-t-il déclaré, soulignant que la France veut "bâtir un projet industriel européen solide et ambitieux".

Une prise de contrôle de 80 millions d’euros

"Les chantiers de Saint-Nazaire sont un outil industriel unique en France. Nous voulions donc garantir aux salariés, mais aussi à la Région, aux clients, aux sous-traitants, à tous les Français, que les compétences exceptionnelles des chantiers en terme de construction resteront en France", a-t-il souligné pour expliquer cette décision. Précisément, l’Etat français veut obtenir deux garanties de Rome : le maintien des emplois sur le site de Saint-Nazaire même en cas de ralentissement de l’activité et le maintien en Europe des savoir-faire. Selon Bercy, la prise de contrôle de STX France décidée ce jour "coûtera environ 80 millions d'euros à l'Etat".

Cela fait déjà quelque temps que le nouveau gouvernement essaie de renégocier l’accord signé en avril par la précédente majorité et qui prévoyait le rachat de 55% STX France de Saint-Nazaire par le groupe public italien Fincantieri (pour 48%) associé à une fondation transalpine (7%). "L'accord négocié par le précédent gouvernement ne nous satisfait pas", avait déjà souligné Bruno Le Maire, se faisant l'écho des propos tenus fin mai par Emmanuel Macron. La France avait donc lancé mercredi un ultimatum à l'Italie, menaçant de nationaliser les chantiers navals de Saint-Nazaire si Rome n'acceptait pas un partage à 50-50 de son capital avec des intérêts publics hexagonaux.

La CFDT regrette l'ouverture d'une "nouvelle période d'incertitude"

Cet ultimatum avait été accueilli à Rome par une fin de non recevoir. "Il n'y a aucune raison pour Fincantieri de renoncer à une participation majoritaire et au contrôle de l'entreprise française", avait déclar dans un communiqué le ministre italien de l'Economie Pier Carlo Padoan. Une position ferme également défendue par l'administrateur délégué du groupe Fincantieri, qui a réagi en déclarant qu'il n'avait pas un "besoin à tout prix" des chantiers de Saint-Nazaire.

Contacté par l’Usine Nouvelle, Christophe Morel, délégué syndical de la CFDT, tire "un constat d’échec" de la situation. "Un accord à 50-50 nous paraissait un bon équilibre", souligne-t-il, rappelant qu’au moment de la signature de l’accord sous la précédente majorité, la CFDT ne s’était pas opposé à une reprise par l’italien mais n’était pas satisfaite par le fait de lui laisser la majorité. Et de regretter qu’une "nouvelle période d’incertitude" s’ouvre aujourd’hui.

 

Avec Reuters

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