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Quotidien des Usines

Le Maghreb veut monter en gamme

Publié le

Pour résister au raz-de-marée asiatique, l'industrie nord-africaine veut sortir des secteurs à faible valeur ajoutée. L'Union pour la Méditerranée pourrait l'y aider.

Les entreprises citées

La visite d'Etat de Nicolas Sarkozy en Tunisie, du 28 au 30 avril - la troisième dans la région depuis son élection, après l'Algérie et le Maroc -, devrait être l'occasion pour le président de la République de défendre une nouvelle fois « son » projet d'Union pour la Méditerranée. Et de prôner à nouveau la co-compétitivité et l'intégration économique des deux rives de la Méditerranée. Acceptée par les 27 Etats membres le mois dernier, l'Union doit être officiellement créée le 13 juillet à Paris. Un projet qui sonne doux aux oreilles des pays du Maghreb, Tunisie et Maroc en tête. Car les deux économies ont profité à plein, depuis 1995, de leurs accords d'association avec l'Union européenne. En douze ans, l'investissement direct étranger a doublé en Tunisie, pour atteindre 750 millions de dollars en 2007.

L'embellie économique reste fragile. Confrontée à la concurrence directe de la Chine dans les secteurs low cost, l'industrie maghrébine cherche à se repositionner. « Tout ce qui est facile a été fait. Désormais, on veut attirer de la haute valeur ajoutée », affirme Hedi Djilani, le président de l'Utica, le patronat tunisien. Le Maghreb mise ainsi aujourd'hui sur le développement de secteurs comme l'aéronautique ou l'automobile.

Pour cela, Tunisie et Maroc ont opté pour la même stratégie. Zones franches à la fiscalité ultra-avantageuse et travaux d'infrastructures pharaoniques - le port de Tanger Med II devrait ouvrir en 2012, tandis que Tunis veut construire un port en eau profonde à Enfidha pour plus de 1,2 milliard de dollars d'investissement -, les deux pays ne lésinent pas sur les moyens pour attirer les industriels.

Le Maghreb entend surtout passer la vitesse supérieure en ce qui concerne son système de formation, alors que la moitié de sa population a moins de 30 ans. « Près de 50 % des jeunes ont désormais un diplôme supérieur, contre moins de 13 % en 1980. Le rattrapage et la progression des qualifications sont rapides mais les efforts doivent continuer », note Mohamed Jouini, le ministre tunisien du Développement et de la Coopération internationale. Quatre nouvelles écoles d'ingénieurs ont été créées en Tunisie, et le Maroc table sur la formation de 10 000 ingénieurs supplémentaires dans le cadre de son plan Emergence. « Le centre de formation marocain a créé une formation sur mesure pour répondre à nos besoins spécifiques en main-d'oeuvre qualifiée. Ils nous ont aussi assistés pour nos premiers recrutements. C'est une aide opérationnelle non négligeable », affirme Philippe Fleury, le responsable des projets industriels de l'activité siège automobile de Faurecia. L'équipementier, qui possède déjà une usine de coiffes de sièges en Tunisie, doit inaugurer à la fin de l'année un site de 650 salariés à Kénitra, au sud de Tanger. Alors que l'Europe de l'Est voit ses coûts salariaux flamber, le Maghreb a fait de sa main-d'oeuvre qualifiée son principal atout. « Les salaires sont dix fois plus bas qu'aux Etats-Unis mais notre taux de rebut est inférieur, voisin de 6 % », confirme Tom Wendt, le directeur d'Eurocast, une fonderie installée dans la banlieue de Tunis, qui fournit des turbines pour GE ou Snecma. Pour s'implanter, Eurocast a bénéficié de 3,8 millions d'euros d'aides sur dix ans. Pratiquement le montant de son investissement initial. L'effort commence à porter ses fruits, même si certains secteurs technologiques restent balbutiants. Dans l'aéronautique, Latécoère a annoncé l'ouverture d'une usine de 1 000 salariés dans l'un des deux pays. Renault va implanter une plate-forme d'assemblage de Logan à Tanger. Les PME s'engouffrent dans le sillage des grands : le nombre d'entreprises françaises implantées en Tunisie a bondi de 500 à 1 300 en dix ans.

Même dans les secteurs plus traditionnels comme le textile, la montée en gamme s'organise, avec le développement de plates-formes de co-traitance qui organisent la production industrielle. Ce qui a permis de surmonter la fin des accords multifibres en 2005. En Tunisie, les exportations dans l'habillement ont bondi de 16,3 % en 2007. .

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