Le Made in France au salon Milan 2012

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Made in France Les pavillons de pays sont chaque année plus nombreux, faisant du salon une sorte d’exposition mondiale en miniature. Pologne, Serbie, Autriche, Allemagne, Hollande et cette année La France qui est pour la première fois dans un unique pavillon sous l’égide du VIA "Design France". Cette association financée par les industries du Meuble est un modèle innovant de proposition et un découvreur de talent.

À partir de cette légitimité, cela a permis des actions combinées avec la chambre de commerce de Paris, les écoles d’art et de design des régions françaises, les aides à projet du VIA et une quinzaine d’entreprises et entreprise de communication. Cette première est encourageante, même si de nombreux acteurs français, dont des tout petits, restaient éparpillés dans tout le salon.

France Design offre quelques belles découvertes ou confirmation, à l’exemple de la start-up industriel FibandCo qui a mis au point un procédé de valorisation du bois de bananiers et propose un revêtement en fibre végétale innovante aux applications dans le monde du mobilier et de la maison, mais aussi dans le secteur automobile (Tesla). Ces ingénieurs de l’ESIEE d’Amiens ont logiquement installé leur usine en Martinique. Ils ont la fois un produit prometteur et un esprit d’entreprendre stimulant.

Autre rencontre, La société Saint Luc, fondée par Frédéric Morand, un ancien de l’industrie du composite a décidé de s’intéresser au 20 % de projet jamais traité par son ancien employeur: ceux proposés par les architectes designers et autres demandes spéciales. Saint-Luc a mis au point un composite à base de Lin, dont les produits dessinés par F.Azambourg, JM. Massaud et N. Duchauffour tranchent avec l’ensemble de la production des petites structures française ou par nature il n’y a pas beaucoup d’innovation technologique et de maitrise de procédé spécifique.

Une autre aventure remarquable est celle du designer François Xavier Ballery qui est devenu entrepreneur avec deux sociétés: la première "Y’a pas le feu au lac" édité et produit des objets en bois dans le Jura en s’appuyant sur un outil industriel. Créer une offre a permis à l’entreprise de Gregory Bodel, son président de changer l’assise de l’entreprise familiale et faire ainsi évoluer son ancien statut de sous-traitant en celui de producteur. Cette démarche est un exemple, un défi et une obligation au regard de la nature des PME française.

FX Ballery, a également lancé une entreprise de production de lampe à base de Led "Good Bye Edison". Plus  technologique, celle-ci propose des objets épurés avec une belle qualité de fabrication. FX passionné par le monde industriel, n’est cependant pas très optimiste pour la valeur du Made in France qui ne rencontre pas forcément un écho aussi fort chez les consommateurs que chez les industriels et les politiques.

Autre rencontre, Made in Design, le très beau succès de distribution sur internet était isolé dans un entrepôt branché de Lambrate. Aujourd’hui éditeur, le pure player internet a su parfaitement utiliser sa maitrise de la distribution contemporaine pour inventer un nouveau métier et dynamiser le marché en France, mais aussi à l’international.

Derrière les champions Roset et Cinna, beaucoup de nouveaux petits "éditeurs de design" étaient également présents à Milan. Proposant un design d’auteurs pointus, élitiste entre galerie d’art, décoration, expression plastique et culture. Ils sont au design ce que le cinéma français d’auteur est au cinéma, une singularité. Ils proposent tous la même sorte de nostalgie contemporaine ou l’expression plastique et les états âme des auteurs signent les objets.

Les démarches de ces entrepreneurs sont intéressantes, stimulantes et démontrent une envie de proposer du nouveau. Mais elles auront peut-être du mal à se développer à l’instar de leur prédécesseur sans investissement dans des procédés de mise en œuvre ambitieux, une ouverture vers des usages réels et accepter les déterminismes du XXI du siècle.

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