Le low cost, lorsque l’offre alléchante se transforme en addition salée

Publié le , mis à jour le 11/07/2013 À 09H37

Tribune Low cost : concept économique en vogue pour assoir la consommation des ménages. Cette définition, on aimerait y croire, relève pourtant du mirage. Sous l’apparence d’offres avantageuses à bas coût, se cache en réalité un bénéfice bien éphémère.

Le low cost, lorsque l’offre alléchante se transforme en addition salée © DR

Les analystes s’attendaient à une baisse de 0,4 % du pouvoir d’achat des ménages, pourtant les chiffres publiés par l’Insee à la mi-mai démontrent que celui-ci a chuté de 0,9 % en 2012, alors même que la frénésie du low cost ne se cantonne plus seulement aux produits mais aussi aux services. Pas certain donc que le bas de gamme constitue une solution miracle.

En France, on pourrait qualifier cette offre d’épidémie, phénomène caractérisé par sa vélocité à se répandre et par ses conséquences difficilement maîtrisables. Cette comparaison, loin de vouloir agiter le chiffon rouge, semble tout à fait significatrice de l’emprise du low cost sur l’ensemble du processus de consommation et de production. Là où la contagion est l’apanage de l’épidémie, le mimétisme qui touche l’ensemble de nos secteurs est révélateur de l’illusion d’un profit à court terme qui conduit à la mort lente de notre industrie.

Le "pas cher, c’est cher !"

Le consommateur qui pensait faire des économies en achetant moins cher et ainsi investir dans d’autres biens s’est fait tromper. D’ailleurs, l’une des principales conséquences est que le consommateur final doit non seulement payer le produit élaboré hors de nos frontières, mais également le chômeur privé de son emploi.

Une répercussion qui conduit à l’augmentation des charges qui pèsent sur les entreprises et sur les salariés. A y regarder de plus près une petite ardoise suffira pour quelques opérations simples. Si 1 chômeur coûte à la société environ 50 000 euros par an ; 1 million de chômeurs à soutenir représente un effort de 50 000 millions d’euros par an. Une somme qui est elle-même répartie sur 65 millions de personnes (dont 29 millions d’actifs seulement).

Ce qui signifie, ramené à un habitant, que celui-ci doit financer 800 euros. Allons plus loin et reprenons cet effrayant calcul avec nos 3 millions de chômeurs pour lesquels nos 65 millions d’habitants contribuent chaque jour. On arrive donc à un système de redistribution très performant puisque pour subventionner les 150 000 millions d’euros d’allocations chômages, un habitant paie 2 308 euros !

Des processus de fabrication avec une forte empreinte carbone

Le résultat ? Une société vouée à soutenir une part importante de chômeurs, à l’obligation d’augmenter les recettes de l’Etat qui sont bien évidemment réparties sur la population... Il faut donc être riche pour acheter "low cost", car il faut également accepter de financer le chômeur en bas de chez soi !

Au-delà de ce cadeau empoisonné que nous offrent les effets à long terme du concept, il faut également ajouter l’impact environnemental : une pollution suscitée à chaque échelon du circuit de production du produit low cost avec une empreinte carbone qui trouve son origine dans l’intensivité du processus de fabrication en passant par le transport dû à l’importation jusqu’à la gestion des déchets émis.

Au final, le consommateur qui croyait faire une très bonne affaire ressortira son portefeuille à plusieurs reprises, après son achat.

Pierre Millet, PDG de la Société d’Innovation et de Technologie de Lyon (SITL)

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5 commentaires

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11/07/2013 - 14h05 -

bon article et bonne analyse, cependant les cabinets dentaires low-cost font le plein si l'on en croit les medias tv,
http://dentistelowcost.fr/reportage_tv_044.htm#.Ud6etX_nZjo
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11/07/2013 - 09h54 -

Merci pour vos commentaires, que nous avons soumis à Pierre Millet. Des erreurs de calcul ont en effet été constatées dans la tribune, les chiffres ont donc été modifiés après vérification.
La rédaction de L'Usine Nouvelle
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10/07/2013 - 15h51 -

Bonjour, Il n'y aurait pas une erreur d'un facteur 1000 dans votre calcul ? 50000M/65M = 800 et non 800000 !!! Chiffre beaucoup moins effrayant et évidemment plus plausible ! Comment Pôle Emploi pourrait tenir un mois avec vos chiffres ???
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10/07/2013 - 14h36 -

La grosse erreur ! 150 000 millions divisé par 65 millions = 2308 € par an et par personne... Mais je suis d'accord que délocaliser nos emplois et la pollution (ce qui entraine de plus une sur-pollution due au transport) n'est pas une bonne affaire.
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10/07/2013 - 14h00 -

Je ne comprends pas : 50 000/65 = 768 euros par an et par Français. Vous supposez dans votre démonstration qu'un chômeur est à la charge de la société pendant 1000 ans. De plus, j'ai un peu de mal à comprendre ce chiffre de 50 000 euros : coût complet d'un chômeur (source, svp ?) ou montant des allocations (de mémoire, c'est plutôt 800 ou 900 euros pas mois en moyenne). Votre tribune peut faire du sens. Mais avec des chiffres qui tiennent la route, svp.
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