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Le logiciel libre comme arme anti-crise

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Le salon annuel Solutions Linux vient d'ouvrir ses portes à Paris (Porte de Versailles). Le ralentissement s'est fait sentir l'an dernier sur le marché de l'open source, nous disent plusieurs spécialistes. Mais 2010 s'annonce sous de meilleurs auspices.

Le logiciel libre comme arme anti-crise © DR

Crise ou pas crise ? Selon Pierre Audoin Consultants (PAC), il n'y a pas lieu de s'inquiéter : le « logiciel libre ne s'est quasiment jamais aussi bien porté » en France où il a généré un chiffre d'affaires de 1,47 milliard d'euros en 2009. Un chiffre en croissance de 33% par rapport à l'année précédente. Mieux, ce segment de marché devrait encore croître de 30% cette année, le « logiciel libre étant souvent une alternative peu onéreuse pour réaliser certains projets durant les périodes de vaches maigres ».

Optimiste ? « Tout dépend de ce que vous mettez derrière l'expression logiciel libre », explique Mathieu Poujol, directeur des technologies chez PAC. « Nos chiffres portent sur les technologies, mais aussi sur les développements en langage PHP ou en Flex d'Adobe (c'est aussi de l'open source) ». Par ailleurs, l'open source, qui « bénéficie d'un important soutien des pouvoirs publics » offre plusieurs avantages clés en période de crise, rappelle l'analyste : « les logiciels libres permettent de réduire les coûts » et ils offrent aujourd'hui « une alternative valable aux logiciels propriétaires sur des éléments banalisés, comme les bases de données les plus simples et les logiciels de bureautique ou de messagerie ».

L'industrie capitalise sur l'open source


Et l'open source - qui ne pèse malgré tout que 4% du marché français des logiciels et des services informatiques - s'est désormais imposé dans des domaines industriels comme l'aéronautique, où Boeing et Airbus, par exemple, appuient leurs développements sur l'environnement de programmation open source Eclipse (lancé et soutenu par IBM). Dans ces secteurs, la « mutualisation des efforts sur de tels projets permet de réduire les coûts des développements plus spécifiques et critiques », estime Mathieu Poujol. Autre exemple : Eurocontrol, l'organisation européenne pour la sécurité de la navigation, « utilise une proportion importante de logiciels en open source », selon l'analyste, qui précise que « les instances en charge du projet ont souhaité ainsi préserver une maîtrise partagée des technologies entre les différents intervenants ».

Sur le terrain, les spécialistes sont un peu plus mitigés. Pour Alexandre Zapolsky, PDG de la société de services en logiciel libre Linagora, « aucune société de services n'a atteint des niveaux de croissance de 30% en 2009 » (Linagora anticipe une hausse de 5% de son chiffre d'affaires sur l'année). « Mais le marché s'est très bien comporté en 2009 et il n'a pas explosé en plein vol, contrairement aux phénomènes que l'on a pu constater sur d'autres segments. » Même son de cloche du côté d'Alixen, une autre SSLL hexagonale. Gilles Polart-Donat, son PDG, nous confie avoir « constaté un ralentissement très net en 2009 même si l'activité commence à repartir aujourd'hui », notamment pour des projets de supervision de réseau (avec le logiciel Zabbix) ou de virtualisation (principalement avec la solution KVM, le logiciel Xen étant d'après lui « en perte de vitesse »).

Les logiciels libres se professionnalisent

Mais tous semblent enthousiastes pour l'avenir, notamment parce que les logiciels en open source, partis des couches basses (système d'exploitation...), se professionnalisent et montent en gamme. « Il y a un signe qui ne trompe pas », insiste Alexandre Zapolsky : « OpenERP [ex-TinyERP, l'un des principaux progiciels de gestion en open source] a récemment collecté trois millions d'euros auprès d'investisseurs privés ». Dans le décisionnel, l'open source a aussi marqué des points, souvent au détriment d'outils « traditionnels » tels que ceux de Business Objects (SAP), renchérit Marc Sallières, PDG de la société de services Altic (9 collaborateurs). Sur ce créneau de la « business intelligence », son entreprise propose, entre autres, les solutions Talend, Jaspersoft, SpagoBI et Palo (société Jedox).

Enfin, Solutions Linux a vu débarquer en 2010 Bonitasoft, un nouvel éditeur français spécialisé dans les solutions en open source de gestion des processus métiers (BPM, « Business Process Management »). « L'open source est monté d'un cran. D'abord avec les progiciels de gestion de la relation client (SugarCRM...), la gestion de contenus (Alfresco, Nuxeo, Exo Platform...), le décisionnel... Et maintenant avec le BPM », se félicite Miguel Valdés Faura, PDG de cette jeune pousse, sortie du giron du groupe Bull en juin 2009. « Il y a de nombreuses entreprises qui ne peuvent pas se payer les logiciels de workflow des grands éditeurs », conclut-il. « Et d'autres, plus grandes, qui viennent vers Bonitasoft pour réduire les coûts ».

Christophe Dutheil

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