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Le logiciel dévore-t-il vraiment le monde ?

Aurélie Barbaux , , ,

Publié le

Le logiciel dévore le monde... depuis les États-Unis (http://tinyurl.com/ct5mzg7). C’est le titre d’un passionnant - mais très (trop ?) long - billet de Nicolas Colin, l’un des rares théoriciens français de la révolution numérique.

C’est lui qui a co-écrit, avec Henri Verdier, président de cap Digital, "l’âge de la multitude", indispensable ouvrage pour comprendre les mécanismes de la révolution numérique en marche.

Mais le livre ne dit pas tout. Notamment sur le logiciel. Ce billet complète le propos. Et que dit-il ? Il annonce que "le fabricant du hardware va devenir un sous-traitant d’un opérateur logiciel. Sa marge sera celle d’un sous-traitant, contraint de sans cesse baisser ses prix et de réaliser des gains de productivité." Pourquoi ? "C’est le maillon logiciel qui permet à une chaîne de valeur de faire levier de la multitude et de parvenir aux rendements d’échelle considérables qui font la ‘scalabilité’ des modèles économiques d’aujourd’hui." Renault, tributaire de Google ?

De cet avenir inéluctable pour Nicolas Colin, découlent selon lui deux conséquences. La première est d’ordre industriel. "Sur ces nouveaux marchés du logiciel forcément globaux - car c’est à l’échelle globale qu’on peut parvenir aux rendements d’échelle qui font l’essentiel de la valeur… les entreprises françaises, qui comprennent ce qui se passent" vont-elles affronter le danger ou continuer à nouer des partenariats… avec des sociétés américaines ! Comme Voyages-SNCF qui a créé une joint-venture avec la société américaine Expedia, ou Veolia qui a préféré pour cela conclure un partenariat avec IBM, ou la FNAC avec le Canadien Kobo…

Avec ces accords, nos sociétés abandonnent la valeur future à leurs partenaires étrangers, prévient Nicolas Colin. Mais il y a pire. Cela démontre qu’elles "n’ont pas réalisé qu’elles avaient affaire à une concurrence bien plus intense, féroce et imprévisible. Qu’elles n’aient pas compris que les géants du logiciel, ceux-là même qui dévorent les secteurs de l’économie les uns après les autres, jouent plusieurs coups à l’avance, mobilisent des quantités considérables de capital, ne versent pas de dividendes car ils réinvestissent tout (ou presque) en R&D, et surtout font levier de la multitude pour atteindre des rendements d’échelle sans précédent dans l’histoire de l’industrie."

Et jouer la carte du système propriétaire comme "Renault qui travaille à mettre au point une plateforme logicielle, R-link, une option payante proposée sur certains nouveaux modèles seulement", apparaît comme dérisoire pour concurrencer Google et Apple sur le marché des voitures connectées ! "Pour se préparer à la disruption logicielle, Renault devrait frapper beaucoup plus vite et plus fort, équiper gratuitement tous les modèles dans toutes les gammes, et même rappeler les modèles anciens pour les connecter en même temps que l’on fait la vidange."

Mais tout n’est pas perdu. Pour l’économiste, la France, comme la Corée du Sud, a les moyens de forcer ses grands groupes à se faire violence et à relever les défis d’après la révolution numérique. Comment ? En plaçant l’innovation de rupture au cœur des stratégies des grands groupes. Et en arrêtant de faire entrave à l’essor de l’innovation logicielle, en lui appliquant les mêmes règles (fiscale, administrative, économique...) que celle de l’ancienne économie. Pas si facile.

La deuxième conséquence, est donc d’ordre fiscal. Comme on ne peut pas forcer les géants de l’internet à payer leur impôt dans les pays où elles captent la valeur, autant favoriser l’émergence de champions nationaux. Mais là, Nicolas Colin ne dit pas comment.

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